Pourquoi le service d'hémodialyse de l'hôpital de Brive a-t-il débrayé pendant une heure ?
« La direction veut remplacer les trois aides-soignantes du service par trois infirmières », précise une des vingt infirmières du service d’hémodialyse du centre hospitalier de Brive, le seul en Corrèze.
La revendication paraît étonnante et pourtant… « Elle parle de montée en compétences mais ce ne sera pas le cas. D’une part, parce qu’une infirmière qui arrive dans le service n’est pas autonome immédiatement et doit être formée, d’autre part parce qu’avec les aides-soignantes nous formons un binôme complémentaire. »
Un projet retardé d'une annéeLe projet devait être mis en œuvre au premier semestre 2020, il a finalement été repoussé d’une année. Cependant, les trois aides-soignantes concernées ont déjà dû formuler des vœux pour être affectées à d’autres services.« Les infirmières ont la technique. Elles s’occupent des machines de dialyse auxquelles nous n’avons pas le droit de toucher. Nous, on s’occupe de l’accueil des patients que l’on connaît depuis longtemps, qui nous confient parfois des choses personnelles… »
Une bonne partie du service a débrayé pendant une heure cet après-midi, lundi 7 octobre.
Des aides-soignantes très expérimentéesLes trois aides-soignantes sont en effet des « piliers » de ce service. Elles y travaillent respectivement depuis 8 et 11 ans. « Je suis une nouvelle arrivante dans le service, lance une infirmière. J’y travaille depuis juillet. J’ai été très bien accueillie et je me tourne volontiers vers elles quand j’ai un besoin. Elles sont un maillon essentiel. »Des embauches ont été réalisées dans le service en juillet dernier après le cri d’alarme du chef de service, le docteur Rémi Boudet.
« Nous avons fonctionné pendant deux ans sans que l’effectif soit complet. Et il y a eu le recrutement de six nouvelles infirmières », rappelle un personnel du service qui soigne près de 80 patients en ce moment qui viennent tous les deux jours pour leur dialyse.
Emilie Auffret
