Combien la crise du Covid-19 a-t-elle déjà coûté aux villes de Tulle, Brive et Ussel ?
Dans les mairies, depuis le début du confinement, les factures de masques, gels s’accumulent… Tandis que les recettes du stationnement ou des cantines fondent à vue d’œil. À combien se monte la note du Covid pour les trois principales villes corréziennes ? Même si les comptes ne sont pas arrêtés, les mairies ont déjà une estimation. Et c'est colossal.
Environ 300.000 euros à UsselÀ Ussel, le maire Christophe Arfeuillère estime la facture à « presque 300.000 euros ». « Il faut compter environ 70.000 euros pour les protections achetées, les masques, le gel… Et la plus grosse somme se situe dans les recettes de la vie quotidienne que nous n’avons plus et cela représente plus de 200.000 euros. Pas d’entrées au centre de loisirs, à la piscine qui aurait dû ouvrir, pas de cantine… mais il faut continuer à entretenir ces équipements. »
La Ville d'Ussel distribue 10.000 masques aux habitants
Ces 300.000 euros dépensés font mal alors que la situation financière de la ville est fragile. « C’était pas le moment, rappelle Christophe Arfeuillère. Mais on va trouver des marges de manœuvre, sans augmenter les impôts. »
Entre 750.000 et 1 million d'euros à TulleÀ Tulle, la note grimpe entre « 750.000 et un million d’euros », annonce déjà Bernard Combes, tout en évoquant « encore des inconnues » qui pourraient venir se rajouter. « On a acheté pour 205.000 euros de produits d’hygiène dont les masques, la gratuité du stationnement du 15 mars au 11 mai puis l’instauration de deux heures gratuites par jour, c’est 180.000 en moins de recettes. Les terrasses rendues gratuites pour les commerçants représentent 20.000 euros en moins et on a débloqué 350.000 d’aides aux commerçants et artisans. »
Déjà, il a contracté un prêt d’un million d’euros. « Pour alimenter la section d’investissement » précise l’élu. Nous devons sécuriser les paiements des masques et s’assurer que les pertes de recettes n’empêchent pas le paiement des agents municipaux ». Il espère que la loi permettra de créer un budget annexe Covid et ainsi pouvoir y réaffecter de l’investissement. « Sinon, on sera en très grande tension financière sur le fonctionnement. Les bonnes années, il nous reste 40.000 euros. Là, on a déjà dépensé près d’un million d’euros », s’inquiète l’élu tulliste.
Environ 2,5 millions d'euros à BriveA Brive, la somme avoisine déjà, pour la ville et l’agglo, 2,5 millions d’euros. La perte fiscale notamment celle du Versement mobilité transport, une contribution des entreprises au transport en commun, s’élève à plus d’un million d’euros. S’ajoutent les pertes en publicité commerciale (TASCOM) et les recettes des entrées aux équipements municipaux (Rex, centre aqua), le stationnement gratuit pendant le confinement et qui le reste jusqu’au 1er juillet pour les souterrains…
« La ville intervient en complément de l’État et de la Région, indique Pierre Monteil, adjoint en charge des finances. Nous voulons que personne ne soit laissé sur le bord de la route parce qu’il y a la crise sanitaire et la crise économique donc nous venons en soutien aux commerces, aux entreprises avec des aides, des exonérations… Notre objectif est que le pouvoir d’achat des Brivistes se maintienne, voire s’accroisse. »
Estelle Bardelot
