Renaud Lavillenie (Clermont Athlé) après son entorse à la cheville : « Mon objectif est de pouvoir sauter pour les qualifs (des Jeux de Tokyo) »
Ce type d’accident vous était-il déjà arrivé dans votre longue carrière ?
Cela arrive très rarement et ne m’était jamais arrivé. Mais je ne suis pas le premier et je ne serai pas le dernier. Une réception sur le tapis, c’est très instable ; il suffit de pas grand-chose, en fait, pour que ça parte complètement.
« C'est clairement l'accident bête »Un zeste d’inattention, de la malchance ?
C’est clairement l’accident bête. Mais là il n’y a pas d’erreur de ma part ; c’est la faute à pas de chance.
Pour quel bilan ?
J’ai la cheville en vrac, une grosse fracture avec un gros œdème. Sur place, j’avais passé une radio très vite pour écarter toute suspicion de fracture. A Clermont, ce lundi j’ai passé quelques tests en clinique, une échographie et je dois faire une IRM ce mardi qui me donnera le diagnostic définitif. Le positif, c’est que sur ces premiers tests ma participation aux Jeux n’est pas remise en cause. Après, je ne sais pas à quel niveau de compétitivité je pourrai reprendre. Mon objectif est de pouvoir sauter pour les qualifs (31 juillet).
Quels soins allez-vous suivre ?
Kiné, rééduc, toute la semaine à fond afin de me donner le maximum de chance pour pouvoir recourir. Sinon au minimum deux heures de kiné par jour et autant avec mon préparateur physique jusqu’au départ au Japon.
Quand pensez-vous être rétabli ?
Je ne vais pas m’amuser à donner des jours ; cela apporterait de la pression. En outre, un sportif de haut niveau possède des facultés de récupération, un entourage médical supérieur à la moyenne. Les délais ne veulent rien dire.
Si je ne dois pas sauter d’ici les Jeux, je ne sauterai pas. Le plus gros du travail a été fait et je sais par expérience que je suis capable de faire des choses surprenantesPhoto Richard Brunel
Quand allez-vous partir ?
Mon départ était programmé lundi 19 (juillet) mais je vais sûrement le décaler au jeudi 22. Je veux essayer d’arriver au Japon dans le meilleur état physique possible.
Que deviez-vous faire durant cette période ?
Aujourd’hui, je pense à ce que je dois faire, c’est-à-dire réparer cette cheville et maintenir un niveau d’entraînement. Et si je ne dois pas sauter d’ici les Jeux, je ne sauterai pas. Le plus gros du travail a été fait et je sais par expérience que je suis capable de faire des choses surprenantes.
« Il faut s’adapter »Reste que vous aurez un handicap...
Une entorse à 20 jours des JO, ça peut jouer évidemment ; le capital santé est fortement affecté. Mais jusqu’au dernier jour des Jeux, il peut se passer quelque chose. Cela ne sert à rien de planifier, il faut s’adapter. Avec des si, on est dans l’hypothèse, pas dans la réalité.
Votre force : en partie votre mental ?
Si je ne l’ai pas, je reste chez moi et je regarde les Jeux dans mon canapé. Je n’ai pas d’autre choix que d’être déterminé mais de toute façon, c’est ma façon d’avancer. Et encore plus qu’avant.
Francis Laporte
