Ce que l'on sait deux jours après l'accident de chasse fatal de Cassaniouze (Cantal) ayant coûté la vie à une jeune femme
La chasseuse présentée au juge ce mardi
Alors que sa garde à vue avait été prolongée de 24 heures supplémentaires ce lundi 21 février, l’adolescente de 17 ans, suspectée d’avoir accidentellement tué une femme de 25 ans lors d’une battue aux sangliers samedi après-midi, doit être déférée au tribunal d’Aurillac ce mardi. C’est ce qu’a indiqué, ce lundi soir, Paolo Giambiasi, procureur de la République d’Aurillac, précisant que le défèrement sera suivi de l’ouverture d’une information judiciaire qui s’attachera à déterminer les positions et moments de tir.
La mise en cause avait visé un sanglierLors de son audition par les enquêteurs de la brigade recherches de la gendarmerie d’Aurillac dans le cadre de l’enquête pour homicide involontaire, la chasseuse a indiqué avoir visé un sanglier, tiré puis entendu le cri d’un homme au niveau du sentier. Elle a ensuite ajouté qu’elle s’était immédiatement rendue à l’endroit où était la victime.
La victime touchée sur la partie gauche du corpsLa victime, Mélodie Cauffet, une jeune femme de 25 ans originaire de Flagnac, dans l’Aveyron, a été touchée sur la partie haute du corps, côté gauche. Le procureur a précisé qu’elle était consciente dans un premier temps avant de décéder sur place, malgré les premiers secours prodigués par l’homme qui l’accompagnait. Une autopsie du corps doit être pratiquée ce mardi 21 février au matin.
Plusieurs coups de feu avant le tir fatalDes témoins et des participants à la battue ont également été interrogés par les enquêteurs. Ce qui a permis de mettre en évidence le fait que plusieurs coups de feu avaient été tirés lors de cette chasse.
Y a-t-il eu un défaut de signalisation ?La battue aurait commencé vers 14 heures, selon André, un retraité y ayant participé. Ce septuagénaire, qui se trouvait en contrebas du lieu du drame au moment du tir fatal, s’était rendu sur la partie boisée du sentier balisé où se trouvait la victime après le coup de feu.
Selon lui, la victime et son compagnon étaient déjà engagés sur le sentier avant que la chasse commence.
André, ayant participé à la battue, a indiqué le lieu du drame. Il s'est produit quelques mètres plus bas, sur cette partie boisée du sentier dont on peut voir une balise (à droite).« On n’avait pas mis de panneau “chasse en cours” au départ de la chasse, côté aveyronnais, il y en avait seulement un en haut du sentier, côté cantalien, expliquait André, rencontré ce lundi 21 février. Mais même avec un panneau en bas, le couple n’aurait pas pu le voir, car vu l’endroit et l’heure à laquelle a eu lieu l’accident, ils étaient partis avant le début de la battue. »
L’enquête devrait déterminer s’il y avait oui ou non un défaut de signalisation ou d’organisation pour cette battue aux sangliers. Hier après-midi, les gendarmes étaient présents sur les lieux pendant quelques heures.
André, natif du coin, a également expliqué que l’auteure présumée du coup de feu mortel avait commencé par de la chasse accompagnée avec son père (une formation pratique élémentaire obligatoire est obligatoire au préalable pour cette activité), à ses 15 ans, avant d’obtenir le permis à 16 ans. Un permis qui a été présenté aux gendarmes. « Son père est un passionné de chasse, mais il ne venait pas souvent par ici. Son petit ami participait à la battue. On était environ une quinzaine. » La chasseuse serait originaire d’un village voisin de Cassaniouze.
Marche blancheLes proches de Mélodie Cauffet ont prévu la tenue d’une marche blanche à Flagnac, le village d’origine de la victime, situé dans l’Aveyron.
Clément Bessoudoux
