Un effet Wauquiez sur le vote Les Républicains en Auvergne-Rhône-Alpes
Un an après sa franche réélection à la présidence de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (55,2 % des voix dans une triangulaire, avec des pointes à plus de 72 % dans le Cantal et la Haute-Loire), Laurent Wauquiez (LR) semble maintenir son pouvoir d'attraction sur l'électorat de la deuxième région de France.
En Auvergne-Rhône-Alpes, les Républicains font mieux qu'au niveau national : 16,59 % des voix contre 10,42 % des voix recueillies au premier tour. Ne déplorant qu'un seul ralliement à la Macronie (Damien Abad, dans l'Ain), le parti a réussi à maintenir ses quatorze députés sortants pour le second tour et y a même hissé quatre challengers. Tous ont des chances de l'emporter ce dimanche. Les projections donnant une soixantaine de députés LR dans la prochaine assemblée, c'est donc potentiellement un quart du groupe qui pourrait venir exclusivement d'Auvergne-Rhône-Alpes.
C'est aussi dans la région que Les Républicains ont réalisé leur meilleur score départemental : plus de 45 % des voix cumulées sur les deux circonscriptions de Haute-Loire, en hausse de cinq points par rapport à 2017. La progression est du même ordre dans le département voisin du Cantal. Un militant de ce département affirme :
Dans le Cantal, les gens étaient contre la grande région, mais ils adorent Laurent Wauquiez. Il a un côté chiraquien qui plaît.
En Haute-Loire, il est candidat suppléant aux côtés d'Isabelle Valentin.
Le contraste est frappant avec les régions des concurrents de Laurent Wauquiez pour un leadership à droite, tels Xavier Bertrand ou Eric Ciotti. Dans les Hauts-de-France, LR continue de perdre du terrain face au RN. En PACA, c'est une certitude, le Var n'aura plus de député LR. Et dans les Alpes-Maritimes, le parti a certes bien résisté, en plaçant en tête quatre candidats (dont Eric Ciotti à Nice) au second tour. Mais en totalisant 22,60 % des voix, il a perdu près de cinq points depuis 2017 dans ce territoire jadis acquis à la droite républicaine.
Dans l'Allier ce jeudi aux côtés de Nicolas RaySigne qui ne trompe pas, les candidats n'hésitent pas à placer une photo du président de Région sur leurs professions de foi. « Revendiquer sa filiation avec Laurent Wauquiez a un impact considérable », constate un militant auvergnat. Dans l'Allier, Nicolas Ray en est un parfait exemple : il a joué à fond la carte du soutien des élus de son territoire, Wauquiez en tête, n'hésitant pas à se présenter comme « le candidat de la majorité régionale »... Et cela a indéniablement joué dans la surprise qu'il a créée au premier tour : arriver en tête devant la sortante LREM, Bénédicte Peyrol.
— Nicolas RAY (@NicolasRay03) June 9, 2022
En début de semaine, Nicolas Ray confiait avoir demandé le soutien sur le terrain de Laurent Wauquiez : ce dernier sera présent ce jeudi dans la circonscription de Vichy pour donner le petit coup pouce qui ferait basculer la circonscription à droite, 25 ans après la défaite de Claude Malhuret.
« Nous n'avons aucun doute sur le fait que le clientélisme dont use Laurent Wauquiez lui fait réaliser de bons scores à certains endroits de la région. Mais malgré tous les efforts qu'il déploie, les résultats sont très décevants pour la droite qui est absente de toutes les circonscriptions de l'Ain et de la Métropole de Lyon, alors que ses candidats avaient placardé des photos de Laurent Wauquiez partout. Le vrai vainqueur va être la Nupes. »
Reste que Laurent Wauquiez voudra sans doute faire fructifier les résultats encourageants pour son camp dans sa région. Mais quand : dès les législatives passées ou à la rentrée ?
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"Rien ne subsistera du macronisme dans cinq ans. La droite doit se préparer maintenant. Un homme est en capacité de l’incarner, c’est Laurent Wauquiez. Finissons-en vite avec ces législatives. Faisons élire le maximum de députés LR. Et puis, passons à autre chose. Reconstruisons une droite fière, forte et populaire autour de notre président de Région", écrivait cette semaine sur les réseaux sociaux Jean-Pierre Brenas, élu LR du Puy-de-Dôme. La petite musique est lancée...
Laurent Bernard
