Le nombre d'enfants placés augmente dans le Puy-de-Dôme
Le chiffre révélé par le dernier bilan de l’Observatoire départemental pour la protection de l’enfance (ODPE) interpelle. L’an dernier, 1.706 mineurs ont été confiés à l’Aide sociale à l’enfance. Un nombre en hausse de 29 % par rapport à 2016.
"Les causes sont multiples. Les mécanismes de prévention sont sans doute plus efficients et les situations un peu plus dégradées. Cela se retrouve notamment au niveau des informations préoccupantes, depuis la fin du confinement. "
Cette augmentation s’explique aussi par l’arrivée massive de mineurs non accompagnés en 2018 et 2019. "Cela concerne 552 jeunes sur les 1.706", précise Sarah Klisnick. "C’est quand même une partie assez importante, sachant que parmi eux se trouvent aussi des jeunes majeurs que l’on accompagne jusqu’à leurs 21 ans."
Quelle que soit l’origine du placement, le défi, en termes de prise en charge, est de taille. Pour y répondre, le Département tente d’augmenter et de diversifier sa capacité d’accueil. "L’objectif est de créer 245 places supplémentaires. Cela va de la place d’internat plutôt classique au village d’enfants spécialisé dans l’accueil des fratries."
Accueillir des enfants de tous âgesCe dernier fait partie des grands projet en cours. "Ce dispositif de village se développe dans de nombreux départements. Cela permet de recréer un environnement plutôt familial, dans des petites maisons et en même temps d’accueillir des enfants de tous âges. Il pourra recevoir 80 mineurs à l’horizon 2030."
Parmi les autres projets : l’extension de la pouponnière du château des Quayres, la création d’une structure d’accueil multi-site de 42 places ou encore l’augmentation des capacités d’accueil des établissements. Le Département mise aussi sur le préventif, tel l’accompagnement éducatif à domicile. "Il vise à soutenir les parents, dans l’objectif d’éviter le placement des enfants, avec des modalités de repli si la situation se dégrade afin de pouvoir accueillir l’enfant en urgence."
Aller au plus près de la populationAutre mesure phare : le bus santé, qui sillonne les routes du département depuis 2022, proposant des consultations médicales et gynécologiques ainsi que des permanences sur la parentalité aux habitants des zones rurales. "Cela fonctionne très bien", se réjouit Sarah Klisnick. "Nous avons un planning assez chargé. L’idée est d’établir un lien de confiance avec le public que l’on accompagne."
Présidé par le Département et réunissant de multiples acteurs, l’ODPE est un outil d’échanges et d’analyse et de réflexion au service de la protection des mineurs. "Il existe depuis plusieurs années mais en 2019, nous avons entamé un travail pour le relancer", souligne Anthony Courthalhac, référent départemental. Un travail qui se veut participatif : quarante jeunes ont été invités à réfléchir sur la façon dont la protection de l’enfance pouvait être améliorée dans le département.
Olivier Choruszko
