Dans l'Allier, la mobilisation continue contre la suppression de 29 postes d'enseignants
Ils sont venus de tout le département, de Souvigny, de Hérisson, ou encore, de Saint-Germain-des-Fossés, mercredi après-midi à Tronget, pour définir de nouvelles actions pour redire leur opposition à la suppression de 29 postes d’enseignants dans l’Allier.
Des syndicats d’enseignants (FSU-SNUIPP, SE-Unsa, FO et CGT-Educac’tion, avec le soutien des syndicats Sud-Education, SGEN-CFDT et Snalc, de la FGR-FP), des délégations de parents d’élèves, des élus de communes rurales, le député PCF Yannick Monnet, devaient décider de nouvelles actions pour se faire entendre.
Devant la préfecture, puis à Paris ? Mobilisation à Tronget contre la fermeture des classes dans l'Allier. Photo Corentin GaraultPour demander le retrait de la mesure supprimant 29 postes dans les écoles publiques de l’Allier et dénoncer les réductions de moyens dans le second degré, ils ont décidé de participer aux manifestations de défense des retraites le mardi 7 mars à 14h 30 (place de la Poste à Vichy, place de la Liberté à Moulins et place Jean-Dormoy à Montluçon) en portant pancartes, slogans et interventions contre les fermetures de classes. Ils se rassembleront par ailleurs devant la préfecture à Moulins le jeudi 9 mars à 14 heures, jour initialement prévu pour le Conseil départemental de l’Éducation Nationale (CDEN), en demandant à ce qu’une large délégation, représentative des communes, soit reçue par la nouvelle préfète, Pascale Trimbach.
« Lors de ce rassemblement, selon les réponses de l’État, nous discuterons d’une montée à Paris au ministère de l’Éducation nationale. Nous prenons contact avec d’autres départements en vue de ce déplacement », assure Vincent Présumey, secrétaire départemental de la FSU.
« Nous espérons être encore plus nombreux que lors de la manifestation départementale devant l’inspection académique, le mercredi 1er février ». Ils avaient été 250 à se rassembler.
Le CSAD boycottéMobilisation à Tronget contre la fermeture des classes dans l'Allier. Photo Corentin GaraultLes syndicats ont boycotté ce jeudi 23 février le CSAD (Comité social d’administration départemental) qui devait se réunir dans l’après-midi à Yzeure : il sera à nouveau convoqué le vendredi 3 mars au matin.
La Dasen (directrice académique des services de l’Éducation nationale), Suzel Prestaux regrette que cette instance qui réunit l’Éducation nationale et les organisations syndicales n’ait pu se tenir car « cela diffère l’ensemble du déroulement de la carte scolaire. Le CSAD est essentiel pour donner des informations aux élus. C’est l’occasion de faire des observations sur les 333 écoles de l’Allier, de préciser les mesures à l’étude pour cibler petit à petit la préfiguration de la carte qui sera présentée en CDEN ».La mobilisation à Tronget a réuni près d'une centaine de personnes. Photo Corentin GaraultLe CDEN (Conseil départemental de l’Éducation nationale) est présidé par la préfète du département et le président du Département, et réunit représentants des parents d’élèves, des élus, syndicats, DDEN (délégués départementaux de l’Éducation nationale), soit toutes les parties prenantes.
« Si le quorum n’est pas atteint le 9 mars, le CDEN se réunira le vendredi 17 mars à 15 h 30 », annonce la Dasen qui rappelle qu’une carte scolaire se construit « dans le cadre d’une concertation soutenue avec les acteurs locaux ».
La question de l’école de la ruralitéDes élus et parents d'élèves sont mobilisés aux côtés des représentants syndicaux. Photo Corentin Garault« J’échange avec les maires des communes, les représentants des associations des maires et des maires ruraux. La réflexion va bien au-delà de la carte scolaire, qui est un exercice annuel d’ajustement local.
Cela pose la question de la structuration de l’école de la ruralité, pour faire face au défi démographique, dans un pays où le taux de natalité n’est que 1,8 enfant par femme et dans un département où, certes, le solde migratoire est légèrement positif [+0,1% d’après les derniers chiffres de l’Insee], mais il concerne des retraités, pas une population avec des enfants en bas âge ».
Ariane Bouhoursariane.bouhours@centrefrance.com
