L'agglomération du Grand Guéret se refait une santé budgétaire avant son projet de pôle aquatique
Après une année 2021 qui a vu quelques indicateurs passer du rouge à l’orangé, l’agglomération du Grand Guéret poursuit son rétablissement budgétaire. En 2022, dans un contexte général pourtant peu favorable, en particulier en raison de l’inflation (1), l’intercommunalité a encore grappillé quelques marges de manœuvre. À tel point que sa capacité de désendettement a atteint l’année dernière son meilleur niveau depuis 2017 (2). De quoi satisfaire son président, Éric Correia.
Hausse du coût de l’énergieSur ces bases budgétaires assainies, l’Agglo s’est fixée l’objectif, pour l’année 2023 en matière de fonctionnement, de poursuivre les orientations suivantes : le maintien d’un niveau de dépenses raisonné, le recentrage sur les compétences obligatoires, le maintien d’un service public de proximité, la facilitation d’implantation d’entreprises, le tout en tentant d’absorber la hausse du coût des matières premières. À titre d’exemple, Éric Bodeau, 1er adjoint en charge des finances, a évoqué le doublement, voire davantage, des factures d’énergie pour le parc animalier (de 7 à 14.000 euros) ou encore pour le système d’assainissement du réseau d’eau (de 151.000 à 329.000 euros).
Le Grand Guéret prévoit ainsi, pour la partie fonctionnement de son budget principal une enveloppe de 23,1 M€ en 2023, dont un virement à l’investissement de plus d’1 M€. Niveau recettes, la projection s’établit à 27,1 M€, avec des excédents antérieurs reportés à hauteur de près de 6 M€. Sur la partie investissement, le Grand Guéret a priorisé la conservation d’un patrimoine en bon état et les opérations liées aux mises aux normes et à la sécurité. Elle veut également éviter de recourir à l’emprunt pour pouvoir amorcer dans les meilleures conditions possibles LE projet structurant de l’intercommunalité : le futur pôle aquatique.
Financements « linéaires » de l'État et de la RégionLa présentation du rapport d’orientation budgétaire n’a globalement pas appelé de remarques de la part des élus. Tout juste la maire de Guéret Marie-Françoise Fournier s’est dite « très ennuyée » sur l’augmentation de la prime mobilité des entreprises. Éric Bodeau a répondu que « ce n’est jamais de gaieté de cœur qu’on actionne le levier fiscal », tout en rappelant que c’était sans doute compensé par la suppression en cours en 2023 et 2024 de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Finalement, la maire de Guéret a dénoncé les « financements linéaires de l’État et de la Région » qui font que « localement, la population, les entreprises, on subit ça ». Et le président du Grand Guéret de s’associer volontiers à ce « coup de gueule ».
(1) Celle-ci s’est établie à 5,9 % sur un an en décembre 2022 selon l’Insee. (2) En 2017, la capacité de désendettement s’élevait à 13 ans, contre 3,6 ans en 2022. En clair, le Grand Guéret peut se désendetter beaucoup plus rapidement aujourd’hui qu’il y a cinq ans.
Motion
Sobriété foncière. Hier, les élus du Grand Guéret ont présenté une motion sur la modification du Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet), en cours à la région Nouvelle-Aquitaine. Ce document doit intégrer des efforts pour réduire l’artificialisation des sols. Or, à ce stade, les efforts demandés aux communes rurales seraient trop importants aux yeux des élus du Grand Guéret. Via la motion, ils « exigent » de revoir les modes de calcul de cet effort. Ils « demandent que la réduction du potentiel foncier urbanisable ne soit pas de l’ordre de 70 % mais de 20 à 30 % pour permettre le développement des communes rurales » et que « les grands projets de territoire ne soient pas comptabilisés dans l’assiette de la consommation foncière, à tout le moins pour les territoires » qui n’en profiteront pas.
Daniel Lauret daniel.lauret@centrefrance.com
