Puy-de-Dôme : le cambrioleur en série stoppé par le tribunal
Le 7 juin dernier, il est environ 2 heures du matin lorsque les propriétaires d’une maison de Beaumont, qui se sont absentés ce soir-là, reçoivent une alerte de la société qui télésurveille leur habitation : une intrusion est en cours.
Ils foncent chez eux et y découvrent effectivement un homme à l’intérieur. Ils parviennent à l’y enfermer et appellent aussitôt la police. Deux équipages arrivent sur les lieux et intiment l’ordre à l’intrus de sortir. Ce qu’il fait, mais en brandissant une pelle-bêche d’une façon particulièrement menaçante.
Pour le dissuader d’en faire usage, les fonctionnaires devront dégainer leurs armes et parviendront finalement à le plaquer au sol et à le maîtriser. Des objets (notamment des bijoux) et des vêtements appartenant aux propriétaires de la maison seront retrouvés sur lui.
Il récidive quelques jours après être sorti de garde à vueCe ressortissant géorgien âgé de 40 ans était ressorti de garde à vue avec une convocation pour le mois de mars 2024 devant le tribunal correctionnel. Mais il allait rapidement refaire parler de lui : dès le 12 juin, puis cinq jours plus tard, avec deux tentatives de vols dans des maisons d’habitation situées avenue Léon-Blum et rue Marivaux, à Clermont-Ferrand.
À chaque fois, il sera mis en fuite par les propriétaires (dont l’une aura même le temps de le prendre furtivement en photo) ou des voisins et à nouveau interpellé.
Placé en détention provisoire le 17 juin, il aurait dû être jugé le 19 juin, mais avait demandé un délai pour préparer sa défense. Le tribunal avait alors ordonné son maintien en détention jusqu’à l’audience de renvoi.
Il s’est donc une nouvelle fois retrouvé dans le box, ce jeudi, pour s’expliquer sur ses effractions (ou tentatives) répétées. Assisté d’une interprète, il a une nouvelle fois reconnu les faits et notamment évoqué qu’il recherchait "de quoi manger et s’habiller".
Dix mois ferme requis par le parquet"Cet homme sans adresse, ni passeport, actuellement sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), n’a pas arrêté de lui-même de commettre des cambriolages, mais uniquement parce qu’il a été interpellé, déféré au parquet et incarcéré", a rappelé la procureure de la République, avant de requérir dix mois de prison ferme.
En défense, Me Lucie Buisson a noté que son client, "qui n’a jamais été condamné, se trouve dans une situation personnelle très délicate, avec une demande d’asile rejetée et une OQTF doublée d’une assignation à résidence à Clermont, où il n’a aucune attache".
Il a été condamné à huit mois ferme, avec maintien en détention (l'un des deux faits de "tentative de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt" a été requalifié en "violation de domicile").
Christian Lefèvre
