La société qui prévoyait l'installation de quatre éoliennes sur le plateau de Pardines se retire : les opposants soufflent
En avril dernier, la cour administrative d’appel de Lyon validait la construction de quatre éoliennes sur le plateau de Pardines. Une mauvaise nouvelle qui n’avait pas ébranlé les opposants à ce projet, bien déterminés à utiliser tous les moyens à leur portée pour se mettre en travers de la route de la société Futures Énergies Plateau de Pardines, filiale d’ENGIE Green.Les membres de l’association Quel horizon pour le Pays d’Issoire ? qui s’élève depuis dix ans contre le projet d’implantation de quatre mâts de 156 mètres de haut sur les communes de Pardines et de Perrier, en limite ouest de la commune d’Issoire, s’étaient montrés résolus, le mois dernier, à porter l’affaire jusque devant le Conseil d’État pour enterrer le projet de Futures Énergies Plateau de Pardines. Nouveau rebondissement, ce jeudi, 13 juillet. La Direction du Développement d’ENGIE Green a informé finalement en rester là, dans un courrier adressé aux élus.
"Pas de projet sans votre soutien""Les autorisations administratives du projet éolien de Pardines obtenues en 2016 ont été discutées et débattues à de nombreuses reprises à la suite des différents recours déposés. Au terme d’un nouvel échange, vous nous avez finalement exprimé votre souhait de ne pas poursuivre le projet éolien sur votre commune et celle de Perrier. Notre démarche de développement repose sur la concertation et l’écoute des acteurs du territoire. Un tel projet ne pouvant pas être envisagé sans votre soutien, la Direction du Développement d’ENGIE Green a décidé de ne pas le poursuivre", informe le représentant de Futures Énergies Plateau de Pardines, dans son courrier à Josiane Gomes-Letellier, maire de Pardines.
Soulagement chez les opposantsUn soulagement pour l’association Quel horizon pour le Pays d’Issoire ? autant que pour les élus locaux. Dont Bertrand Barraud, président de l’Agglo Pays d’Issoire, collectivité à laquelle appartiennent les deux communes.
"Ce projet, avec des mâts bien supérieurs aux éoliennes classiques aurait défiguré le plateau de Pardines et aurait été une atteinte grave à l’attractivité de notre territoire"
Il poursuit : "Voilà pourquoi les communes de l’agglo Pays d’Issoire ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour s’opposer au projet : des motions avaient été prises. Les communes ont toujours conservé le dialogue avec celles et ceux qui avaient pour rôle l’implantation de ces éoliennes. Mais leur décision de ne pas poursuivre le projet face à l’opposition des communes est une vraie satisfaction", se réjouit l’élu issoirien.
Les réactions de Joël Péron, président de "Quel horizon pour le pays d'Issoire ?""Pour nous, opposants, ce projet était stupide et indéfendable. Sinon, nous n'aurions pas fait toutes les procédures que nous avons faites. On avait décidé d'aller jusqu'au bout ; et donc ne pensions pas que ça se termine comme ça. Moi je pensais que nous irions jusqu'au Conseil d'Etat. Parce que la société en question s'étant fait donné raison devant deux juridictions (le tribunal administratif de Clermont Clermont-Ferrand et la cour administrative d’appel de Lyon, N.D.L.R), nous pensions qu'elle estimerait que son dossier était très solide. Pour aller devant le Conseil d'Etat nous avions trouvé quelques arguments nouveaux. Et solides, sur le volet environnemental. La protcction des animaux par exemple. Mais le fait de recevoir ce courrier qui annonce son intention de stopper le projet est évidemment une surprise"."D'un point de vue environnemental, notre adversaire ne devait pas se sentir tout à fait serein"."En deux ans de procédure, pour beaucoup de choses avait changé. Leurs côuts avaient dû augmenter. Leur bon de construire semblait être excessif. Evidemment, le projet ne devait plus être rentable. Je ne comprenais pas pourquoi ils continuaient de le défendre. D'autant que le vent moyen, sur le plateau de Pardines, c'est le vent minimum pour faire tourner des éoliennes. Quand on connaît le rendement des éoliennes, on réalise que c'était trop tiré par les cheveux avec cinq éoliennes... Alors avec quatre, comme dans ce projet, à mon avis ce n'était pas du tout rentable"."Aujourd'hui, on est très heureux. On reste très méfiant, cependant. Je ne considèrerais cette décision d'abandon du projet comme définitive que lorsque j'aurais un acte administratif annulant le projet." Car Engie pourrait revendre son étude à un autre promotteur. Et le projet repartir, en profitant de tout ce qui a été fait précédemment. Donc là on reste satisfaits, bien sûr. On respire et on tient le bon bout. Mais avec nos avocats, on attend un acte administratif définitif, disant que le projet tombe à l'eau".
Marie-Edwige Hebrard
