Aux Etats-Unis, une vague de chaleur "extrêmement dangereuse" fait suffoquer le pays
"Une vague de chaleur accablante et extrêmement dangereuse doit frapper l’Ouest ce week-end, de même que certains endroits dans le Sud", alerte le Service météo national (NWS) dans un bulletin ce samedi 15 juillet. "Plusieurs records de températures sont probables et des problèmes de qualité de l’air seront courants dans plusieurs régions des Etats-Unis", estime en outre le NWS. Et le répit ne devrait pas arriver de sitôt pour les plus de 90 millions d’Américains sous le coup d’une alerte aux hautes températures, car le dôme de chaleur devrait "rester stationné au-dessus (de ces régions) pour les prochains jours", prévoit le NWS.
A Phoenix, métropole de l’Arizona dans le sud-ouest des Etats-Unis, 47 °C sont attendus en fin d’après-midi pour ce qui doit constituer le 16e jour consécutif de maximales au-delà de 43 °C. Une partie de l’Etat se retrouve en niveau d’alerte "magenta", un "niveau de chaleur extrême rare et/ou de longue durée" qui représente le niveau d’alerte le plus élevé du NWS. Au cours de cette période d’une semaine, 89 grandes villes devraient, à partir de samedi, connaître des niveaux de chaleur dangereux sur un ou plusieurs jours, comme le montre une infographie du New York Times, basée sur les données du NWS. Une centaine de records de chaleur pourraient tomber tout au long du week-end à mesure qu’elle s’intensifie, s’accumulant sur les plus de 1 000 records de haute température battus aux Etats-Unis depuis juin.
Plus de 50 °C en Californie
Dans le sud de la Californie, les pompiers luttent depuis vendredi contre plusieurs incendies très violents qui ont ravagé plus de 1 214 hectares et entraîné l’évacuation de la population. Pour le climatologue Daniel Swain, de l’université de Californie à Los Angeles, le mercure dans la vallée de la Mort pourrait égaler voire dépasser la température de l’air la plus haute jamais mesurée de façon fiable sur Terre, soit 54,4 °C enregistrés au même endroit en 2020 et 2021.
D’autres régions des Etats-Unis sont de leur côté à risque d’importantes intempéries. "Des orages forts à violents, de fortes pluies et des inondations sont possibles dans plusieurs endroits, particulièrement et malheureusement en Nouvelle-Angleterre, déjà saturée" par de récentes précipitations, selon le NWS. Cette région du nord-est du pays, et particulièrement l’Etat du Vermont, a été touchée cette semaine par des inondations "historiques et catastrophiques", conséquence de pluies torrentielles.
Au Canada, le nombre d’incendies ne cesse d’augmenter notamment dans l’ouest du pays, où en quelques jours plusieurs centaines de départs de feux ont été recensés, déclenchés majoritairement par des orages. Plus de 10 millions d’hectares sont déjà partis en fumée sur l’ensemble du pays, un chiffre bien supérieur à tout ce que le pays a déjà connu et qui va continuer d’augmenter dans les semaines à venir, selon les données du gouvernement publiées samedi. Et la situation ne va pas s’améliorer avec un "temps chaud et sec prévu dans les mois à venir", a précisé à l’AFP Sarah Budd du BCWS : "Nous n’attendons aucun répit de la météo".
Selon l’Agence américaine de protection de l’environnement, "les vagues de chaleur se produisent de manière plus fréquente qu’auparavant dans les grandes villes à travers les Etats-Unis". "Leur fréquence a augmenté de manière continue, d’une moyenne de deux vagues de chaleur par an durant les années 1960 à six par an au cours des décennies 2010 et 2020", précise-t-elle.
