Avec l’âne, ils renouent avec la nature
Un groupe, deux groupes, trois groupes… Ce matin-là, à Berbezit, le refuge du P’tit âne ne désemplit pas. Ophélie vient à peine de partir avec ses randonneurs que c’est au tour de Biscotte de se faire équiper. Sylvain Lardanchet, à la tête du refuge, explique à Gaëlle et Rémi Couetoux, venus avec leurs trois enfants, comment s’occuper de Biscotte durant leur périple. La famille bretonne s’apprête à partir pour quatre jours de randonnée et de bivouac en quasi totale autonomie.
Des moments privilégiésUne fois le bat placé sur le dos de l’âne, le chargement commence. Selon sa taille, l’équidé peut porter jusqu’à 40 kg. La famille est prête à partir. Ce périple, le couple l’a choisi pour "se sentir libre et léger". La compagnie de Biscotte aide mais elle permet aussi "d’apprendre aux enfants à s’occuper d’un animal et à ne pas penser qu’à eux". L’occasion de "sortir de sa zone de confort et de passer un temps de qualité en famille, de créer des souvenirs ensemble".
Les Couetoux à peine partis, une autre famille arrive au refuge. Stephen et Élodie reviennent de balade avec Myrtille et Robin, leurs deux enfants, et leur âne. Les Toulousains expérimentent la randonnée avec des équidés pour la seconde fois. "Ça motive d’avoir l’âne, ils alternent chacun leur tour pour monter dessus et le cadre est vraiment agréable", témoignent les parents. Après deux heures de balade, Ophélie est de retour. Elle a eu une mission particulière aujourd’hui : tirer l’escargoline. Ce chariot à trois roues permet de transporter des enfants, des personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap.
Un animal ne porte pas de jugement
Accompagné d’une amie, Dominique Leguet, habitant à Salzuit, a voulu tenter l’activité avec ses cinq enfants adoptifs atteints de trisomie. C’est Clémence, hémiplégique, qui a profité de l’escargoline tirée par Ophélie. "J’envisage d’acheter un âne et une escargoline pour qu’on puisse faire les petits chemins autour de notre maison, raconte Dominique Leguet. Ce sont de bons marcheurs et le fait d’être accompagnés de l’âne, ça leur permet de le caresser, de communiquer autrement et, surtout, un animal ne porte pas de jugement".
Le refuge a acquis l’escargoline il y a environ six ans. Depuis 1996, Sylvain Lardanchet, fondateur du refuge de P’tit âne, voit son activité évoluer et la clientèle se diversifier. Certains, souvent les plus aguerris, tentent la randonnée sur quinze jours, d’autres, amateurs, s’essaient à la promenade d’une heure, d’une journée ou de quelques jours.
De plus en plus d’urbainsSylvain Lardanchet constate qu’"au fil du temps, de plus en plus d’urbains viennent au refuge". L’avantage de l’entreprise, c’est son service au cas par cas. "On s’adapte à toutes les demandes. On peut gérer les réservations de camping, de gîtes ou encore de paniers repas. Pour ceux qui partent en bivouac, on leur emmène de l’eau à certains points, raconte le gérant. Depuis le Covid, on a de plus en plus de gens qui viennent avec le besoin de contact avec la nature et certains ne savent même pas utiliser une carte."
Certains ne savent même pas utiliser une carte.
Si le refuge cartonne surtout l’été, il est ouvert toute l’année. L’hiver, c’est surtout ses quatre chambres qui attirent le public. "Les seize lits sont toujours pris durant les fêtes de fin d’année", témoigne Sylvain Lardanchet. Le refuge de P’tit âne dispose actuellement de douze ânes, dont trois stagiaires. Durant l’été, l’entreprise, victime de son succès, doit parfois refuser des réservations. Aidé par sa fille, Guillemette, Sylvain Lardanchet voue sa vie à son activité. Et ses ânes lui rendent bien : "Chacun a son caractère, ce sont devenus mes compagnons de tous les jours".
Pratique. Lieu-dit Valentin, 43160 Berbezit. Ouvert tous les jours de 8 heures à 19 heures. 04.71.00.09.22.
Morgane Eymin
