"Autant couper les arbres" : les producteurs de châtaignes désabusés en Corrèze
C’est un vent d’incompréhension qui a soufflé, mercredi 20 septembre 2023, dans les allées du premier marché aux châtaignes de la saison, au marché de gros de Cana, à l’ouest de Brive.
Le prix d’achat n’a pas dépassé les 2,20 €/kg, desquels sont retirés 40 cts pour différents frais. Le véritable cours s’établit donc à 1,80 €/kg.
"Autant couper les arbres !""Ça ne vaut même pas la peine de ramasser les fruits ! Autant couper les arbres !", a commenté la plupart des vendeurs, en majorité des retraités qui s’assurent un petit revenu complémentaire sur ce marché de gros.
Un simple comparatif permet de comprendre leur désarroi : le 14 septembre 2022, lors du premier marché briviste, où un seul acheteur était également présent, les prix s’étaient établis entre 2,80 € et 3 €/kg.
Cette différence d’un euro est qualifiée "d’énorme" par les vendeurs qui,par ailleurs, ne comprennent pas le retrait de 40 cts du kg. Les calculs sont vite faits : cela représente un manque à gagner de 400 € la tonne.
Moi, je ramasse tout à la main. Y a des heures de boulot derrière tout ça. Et dans les magasins, on revend la châtaigne 7 à 8 euros le kg !
De rares vendeurs ont préféré repartir avec leurs fruits, dans l’espoir de trouver un meilleur tarif auprès d’autres acheteurs, pas si nombreux dans la région (Souillac, Pompadour…).
Mauvais signal en début de saison" Est-ce que ça vaut le coup de faire des kilomètres pour gagner une poignée de centimes ? ", s'est demandé ce vendeur, déchargeant sa récolte tout en maudissant les conditions imposées par l’acheteur.
Dès vendredi 22 septembre, un nouveau marché doit se tenir à Cana, avec peu de chance que les prix grimpent. La châtaigne risque-t-elle de subir le même sort que la noix, victime d’une crise sans précédent, la récolte 2022 n’ayant pas pu être écoulée ? Aucun producteur de noix n'était présent sur le rendez-vous de Cana.
