Pourquoi ces deux communes sont-elles les seules du Puy-de-Dôme à figurer dans le baromètre des villes marchables ?
Le deuxième Baromètre des villes et villages marchables est paru mardi 12 septembre dernier. Il attribue, sur la base de témoignages volontaires, des notes aux communes françaises allant de A+, qui indique un climat marche excellent, à G, qui indique un climat marche très défavorable.
Dans sa dernière édition, cette enquête analyse en détails les données émanant de 230 municipalités. Parmi celles-ci, deux seulement se trouvent dans le Puy-de-Dôme : Clermont-Ferrand, dont la présence au classement n'est pas une surprise au vu de sa taille, et les Martres-de-Veyre, petite commune de 4.000 habitants (11.000 à l'échelle de l'agglomération).
Pourquoi les Martres-de-Veyre ?Au total, des habitants de plus de 4.600 communes de toutes tailles ont participé à la consultation menée par le collectif national "Place aux piétons". Mais, pour qu'une ville figure dans le baromètre final, il faut qu'un nombre minimum de réponses y aient été collectées. Ce nombre varie de 20 à 60 questionnaires entièrement complétés, selon la taille de la commune.
Or, aux Martres-de-Veyre, ce seuil a été atteint avec justesse, puisque 40 personnes ont répondu à la consultation, soit exactement le nombre de participations requises. Et l'association écologiste Les Martres au vert, basée dans cette bourgade du Puy-de-Dôme depuis février 2022, n'y est pas étrangère.
"J'ai essayé de faire de la pub au baromètre sur les réseaux sociaux, j'ai envoyé des SMS à tous mes contacts aux Martres-de-Veyre, j'ai aussi démarché des parents d'élèves, des voisins, j'ai posé une affiche dans la vitrine de mon commerce", liste Amélie Lanfrey, commerçante dans la petite ville du Puy-de-Dôme et adhérente de l'association née à la suite d'un atelier "Fresque pour le climat".
"Ce qui nous intéresse, ce sont les pistes d'amélioration"Dans ses éléments de communication, le baromètre signale bien un "biais de sympathie" possible. En effet, au niveau national, 23 % des répondants sont membres d’une association de pratiquants de la marche et 7 % d’une association ayant dans ses buts la protection des piétons. Aux Martres-de-Veyre, sur les 40 personnes ayant répondu à la consultation, il est possible qu'une forte proportion ait eu un avis militant sur la question. Ce que ne nie pas Amélie Lanfrey :
Ceux qui ont répondu sont ceux qui voulaient plutôt critiquer, je le sais. La ville est classée E, mais cela ne veut rien dire. Ce qui nous intéresse, c'est plus de lire les pistes d'amélioration formulées ainsi que les messages écrits par les habitants des Martres-de-Veyre.
L'outil devra servir, selon elle, à "militer auprès de la commune" pour améliorer les conditions de circulation dans la ville et en aucun cas à entamer une "guéguerre".
Pascal Pigot, maire des Martres-de-Veyre, a pris connaissance des résultats de ce baromètre. "On ne peut pas tellement contester le fait qu'il y a des problématiques de déplacement piéton dans la ville. Des trottoirs très étroits, notamment dans les quartiers plus anciens (également mentionnés pas Amélie Lanfrey, NDLR). On est d'accord sur le constat. Mais ce que je conteste, c'est la méthode de l'enquête qui est très poujadiste", déplore-t-il. "Ce qu'on reproche aux Martres-de-Veyre, on peut le reprocher à toutes les communes alentour, mais elles n'ont pas d'association", poursuit l'édile.
Il se dit tout à fait prêt à échanger avec l'association Les Martres au Vert à ce sujet, comme il le fait régulièrement. Mais "c'est très compliqué, les collectivités sont exsangues. Il faudrait que l'État veuille bien nous aider", plaide-t-il.
