Pourquoi le "Banksy australien" réalise une peinture murale dans un quartier d'Aurillac
Un enfant, les yeux levés vers le ciel, un vase vide, car rien n’est écrit à l’avance, la jeunesse a son avenir entre ses mains. C’est le message en forme d’allégorie que veut délivrer Fintan Magee, avec l’œuvre monumentale qu’il réalise actuellement dans le quartier de Canteloube. Le street artist australien a accepté l’invitation de Vincent Pietri, le directeur artistique du Festival 10ème art. Sur le pignon d’un immeuble HLM de près de 16 mètres de haut, au fil des jours, la fresque de l’Australien, perché sur une nacelle, armé de ses pinceaux, de ses rouleaux et sa peinture à l’acrylique, prend forme. Fintan Magee s’appuie sur une technique de « verre biseauté », qui ajoute une dimension surréaliste à son travail en floutant ses sujets. « Cette technique met, non seulement, le spectateur au défi d’interpréter l’image, mais symbolise également le caractère éphémère de l’image, du temps et la complexité de la mémoire, décrypte Vincent Pietri. C’est complètement raccord avec l’histoire de ce quartier, qui se métamorphose, dans le cadre de l’opération de renouvellement urbain, et de ses habitants. »
Avec 10eme art, c'est le retour du festival monumental à Aurillac... et Saint-Flour
Une référence mondiale dans le street artPour réaliser son œuvre, Fintan Magee est en résidence et en immersion complète dans le quartier, où il s’est installé pendant quinze jours, précise Vincent Pietri. « C’est une première pour le Festival puisque c’est la plus longue que nous ayons mis en place, et ce, grâce au soutien de l’ensemble des partenaires du festival, et particulièrement la Direction régionale des affaires culturelles et le bailleur social Cantal Habitat. » Fintan Magee est une référence mondiale dans le street art. Sa notoriété lui vaut le surnom de "Banksy australien". Fintan Magee, street artist spécialisé dans les peintures murales de grande échelle, hyper-réalistes.
« Nous sommes particulièrement chanceux de l’avoir parmi nous. Certes, il va faire d’autres dates, mais c’est avant tout pour Aurillac et son Festival qu’il se déplace en France »
Et sa présence positionne le rendez-vous aurillacois parmi les plus importants du genre.
Un rendez-vous qui existe depuis 2016Depuis 2016, le street art s’empare des rues d’Aurillac. À grand renfort de bombes de peinture, des graffeurs locaux et internationaux, grands noms du street art ou émergents, créent des fresques impressionnantes qui enrichissent et colorent les murs de la préfecture cantalienne. Plus d’une centaine d’œuvres sont disséminées à travers les rues. Au fil des éditions, ce rendez-vous des arts urbains a également essaimé dans les communes autour d’Aurillac. Et même plus loin. Cette année, le Festival s’est décliné à l’échelle du département, en s’exportant pour la première fois à Saint-Flour.
Et l’édition 2023 n’est pas terminée. Deux derniers rendez-vous sont prévus d’ici à la fin de l’année, dont un avec Paul Peinture (co-auteur de la fameuse fresque de la mamie de Marmiers) qui travaillera avec les résidents, dans l’Ehpad de la Louvière. « Ce projet, ambitieux et sur le long terme, fera également participer les jeunes du Cap-Blanc, pour une fresque, mais aussi des pièces plus petites, qui seront exposées ensuite », explique Vincent Pietri.
Emmanuel Tremet
