Un jeune homme condamné pour avoir roué de coups un boulanger dans sa boutique, à Mozac
Des traces de sang partout, et un commerçant meurtri, continuant à travailler en mode automatique. Telle est la troublante scène qui s’offre aux premiers clients d’une boulangerie, le 4 juin dernier, peu après 5 heures du matin, à Mozac. Le patron du commerce vient d’être violemment agressé par un jeune homme de 23 ans, qui s’est enfui. Ce dernier a sauté le comptoir puis a roué de coups de poing et de pied le boulanger.
Ils sortaient de boîte de nuitDans sa rage, il est allée jusqu’à écraser la tête de l'artisan avec sa chaussure. Ce dernier, quelques heures après l’attaque, outre les multiples plaies et contusions, portera encore la trace de la semelle de son agresseur sur son visage. Une violence inouïe. Et un mobile tout aussi effarant.L’irascible venait de passer la nuit dans une boîte de nuit avec des proches. Il avait, selon ses dires, beaucoup bu. En sortant, lui et son petit cousin, mineur, s’arrêtent devant la boulangerie. L’ado pénètre dans le commerce, saisit une meringue avec ses mains, se fait rabrouer par le boulanger. Une dispute éclate.
"J’ai vu que ça partait en vrille", relate le grand cousin, devant le tribunal, où il est jugé en renvoi de comparution immédiate. "Il y a quels fondements à cette violence, c’était complètement gratuit", s’étonne Anne Robert, la présidente de l’audience.
Il vole aussi le fonds de caisse"Je ne comprends pas pourquoi j’ai eu cette réaction. Je sais que ce n’est pas une excuse mais il y avait de l’alcool", tente de justifier le prévenu.Le jeune homme, qui avait quitté la boulangerie en dérobant le fond de caisse de 322 euros, sera retrouvé et interpellé peu de temps après les faits. Le boulanger s’en est tiré avec 10 jours d’ITT, une amnésie ainsi qu’un grave traumatisme.
"Pour lui, il y a un avant et un après. Aujourd’hui, il est toujours suivi, il y a une incompréhension de sa part."
Passionné par son métier et ayant toujours apprécié le contact avec la clientèle du petit matin, l’artisan, souligne encore son conseil, a décidé de ne plus ouvrir avant 6 h 30.Dans le box, le prévenu réitère ses excuses en se tortillant. Il a déjà été condamné 11 fois, notamment pour des violences. "Il sait très bien que ces faits entraînent de lourdes peines", se désespère Anne-Claire Garraud, au parquet, qui requiert quatre ans de prison ferme, avec maintien en détention, à l’encontre du récidiviste.
"Ce garçon est totalement immature."
"Oui, il y a eu un passage à l’acte violent. Mais il n’y a pas d’arme, il n’y a pas la volonté de faire mal, sinon il aurait pris un objet dans la boulangerie."Nino Horn écope de trois ans de prison, avec maintien en détention.
