La tradition du "Cou de l'oie" à Saint-Bonnet-près-Riom au cœur d'une intense polémique
La polémique enfle à Saint-Bonnet-près-Riom, dans le Puy-de-Dôme : des images du "cou de l'oie" au cours de la fête patronale de la commune, diffusées sur les réseaux sociaux par une association animaliste, sont à l'origine d'un fort mouvement de protestation.
Dimanche dernier, comme les années précédentes, à l'occasion de la fête patronale de Saint-Bonnet-près-Riom, les jeunes conscrits du bourg se sont livrés à la tradition du cou de l'oie. Cette épreuve, qui est considérée, par les participants, comme un rite de passage, est le temps fort des festivités, qui s'étalent sur trois jours.
Des images sur les réseaux sociauxMais cette année, cette tradition a entraîné une très forte polémique au niveau national. L'association animaliste One Voice a filmé et diffusé sur les réseaux sociaux ce moment du programme : sur leurs images, on voit les jeunes hommes, montés sur des chevaux, arracher les têtes d'animaux morts suspendus à une corde.
— One Voice (@onevoiceanimal) September 19, 2023Poules, oies et lapins connaissent successivement le même sort. Dans le public - environ un millier de personne - les regards sont tantôt amusés, tantôt dégoûtés.
Pour les militants de l'association One Voice, il s'agit là de "pratiques dégradantes" qui relèvent de " sévices post mortem à des animaux". Ils ont lancé une pétition en ligne pour réclamer l'interdiction de cette pratique sur tout le territoire français.
"Totalement immoral"Les conseillers régionaux du groupe Les Écologistes se sont, eux aussi, emparés de l'affaire. Dans un courrier adressé au préfet, "Mutiler et jouer [...] avec des dépouilles d'animaux, y compris devant des enfants, nous paraît totalement immoral. Il y a bien d'autres manières de célébrer les conscrits de nos villages", écrivent-ils.
Les défenseurs du "cou de l'oie" mettent en avant leur volonté de continuer des traditions remontant, peut-être, au Moyen-Âge. photo d'archives 1983Denis Rougeyron, le maire de la commune, ne comprend pas les proportions prises par cette polémique.
"Que ça choque, je peux le comprendre. Mais pourquoi cette année plus que les autres ? C'est ça qui est curieux. Les années précédentes, ça se résumait à deux-trois lettres à la mairie. Aujourd'hui, ça prend des proportions démesurées : insultes, menaces, messages de haine... On peut dialoguer, on peut ne pas être d'accord. Mais ça, je ne comprends pas."
Le maire a l'intention de déposer plainte auprès des services de la gendarmerie.
Ce n'est pas la première fois que cette tradition du "Cou de l'oie" suscite des mouvements d'humeur à Saint-Bonnet-près-Riom. Ceci a même incité les organisateurs - le comité des fêtes - à une certaine prudence : ce rendez-vous était absent des programmes et des affiches. Dans le courant de l'été, une pratique similaire, à Arpheuille-Saint-Priest (Allier), avait également suscité une polémique.
Jean-Baptiste Ledys
