Israël frappe la Syrie en riposte à la chute d’un drone sur une école
Des milliers de civils palestiniens ont une nouvelle fois fui, jeudi 9 novembre, le nord de la bande de Gaza en ruines. Après plus d’un mois de frappes israéliennes, en représailles à l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, plusieurs centaines de milliers de civils, selon l'ONU, restent piégées dans une situation humanitaire désastreuse dans le nord de la bande de Gaza.
En Israël, au moins 1400 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, selon les autorités, en majorité des civils tués le jour de l’attaque, d’une violence et d’une ampleur inédites depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. En outre, 239 personnes ont été enlevées et sont retenues à Gaza. Dans la bande de Gaza, les bombardements israéliens ont fait 10 812 morts, essentiellement des civils, parmi lesquels 4412 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas, un bilan qu’aucune source indépendante n’est en mesure de vérifier.
L’armée israélienne frappe en Syrie
Israël a frappé la Syrie ce vendredi 10 novembre à l’aube en réponse à un drone qui s’est abattu jeudi sur une école à Eilat (sud), a indiqué l’armée israélienne. "En réponse à un drone provenant de Syrie qui a touché une école à Eilat, les Forces de défense israéliennes ont frappé l’organisation qui a mené l’attaque", a indiqué l’armée dans un communiqué et sur X (ex-Twitter), sans préciser le nom de cette organisation.
Israël "tient le régime syrien responsable de tout acte terroriste qui émanerait de son territoire", a-t-elle ajouté. Un drone d’origine inconnue s’est abattu jeudi sur une école dans la station balnéaire d’Eilat sur la mer Rouge, dans le sud d’Israël, sans faire de victime, a indiqué l’armée israélienne. L’armée a également indiqué "poursuivre ses opérations pour détruire les infrastructures du mouvement terroriste Hezbollah au Liban". "Des avions de chasse ont frappé des cibles du Hezbollah en territoire libanais en riposte aux tirs vers Israël de la journée", précise l’armée.
Jeudi soir, l’armée israélienne avait également annoncé avoir intercepté un missile au-dessus de la mer Rouge avec le système de défense anti-missile Arrow 3.
"Nous ne cherchons pas à gouverner Gaza", affirme Netanyahou
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé que son intention n’était ni de gouverner, ni d’occuper Gaza, où l’armée progresse "exceptionnellement bien" dans son offensive contre le Hamas.
"Je pense que l’armée israélienne se comporte de manière exceptionnelle", a-t-il déclaré jeudi soir sur la chaîne américaine Fox News, avant d’ajouter : "Nous ne cherchons pas à gouverner Gaza. Nous ne cherchons pas à l’occuper, mais nous cherchons à lui donner, ainsi qu’à nous, un avenir meilleur."
"Conférence humanitaire" sur Gaza : un milliard d'euros d'aide
Scandée par les appels en faveur d'un "cessez-le-feu", la "conférence humanitaire" organisée jeudi à Paris pour tenter de débloquer l'aide vers Gaza a permis d'atteindre un milliard d'euros d'engagements nouveaux depuis l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre.
"C'est à la protection des civils qu'il nous faut travailler. Il faut pour cela une pause humanitaire très rapide et il nous faut œuvrer à un cessez-le-feu", a déclaré Emmanuel Macron devant les représentants d'une cinquantaine de pays et d'organisations humanitaires, qui n'avait jusque-là évoqué que la nécessité d'une "trêve". Si Israël a "le droit de se défendre et le devoir de protéger les siens", son gouvernement a aussi "une éminente responsabilité (...) de respecter le droit et protéger les civils", a insisté le président français.
Un urgentiste de Médecins du Monde mort à Gaza dans un bombardement
Un jeune médecin urgentiste travaillant pour l’organisation humanitaire française Médecins du Monde a été tué dimanche avec sa famille dans le bombardement de leur immeuble à Gaza, a appris l’AFP jeudi à Paris auprès de l’ONG, "profondément inquiète" pour ses équipes encore sur place.
Maysara Rayyes, 28 ans, était médecin urgentiste et superviseur médical depuis deux ans chez Médecins du Monde (MDM), a précisé dans un communiqué l’association, qui emploie encore 18 collaborateurs dans la bande de Gaza. Sa mort "est le reflet de ce que subit toute la population civile" dans le territoire palestinien, a commenté auprès de l’AFP Florence Rigal, la présidente de l’ONG.
Dans un communiqué, Médecins du monde "condamne depuis le début de ce conflit les bombardements incessants et aveugles de l’armée israélienne qui continue de tuer de très nombreux civils, nos collègues humanitaires et des soignants" et rappelle "à cette occasion tragique qu’un cessez-le-feu est une urgence vitale pour mettre fin à cette hécatombe".
Mardi soir, c’est l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) qui avait déploré la mort de l’un de ses employés, un technicien de laboratoire, à Gaza, tué avec plusieurs de ses proches dans un bombardement israélien sur le camp de réfugiés de Chati le 6 novembre.
