Les chansonniers thiernois racontés lors d'une conférence à Clermont-Ferrand
La culture occitane, de par son parlé, est encore présente en Livradois-Forez. De par de passionnés de ce patrimoine qui le véhiculent encore grâce aux textes, chants, ateliers, grâce au théâtre ou à de simples conférences. Philippe Marmy est de ceux-là. Il tiendra la scène du café-lecture des Augustes, mercredi 17 janvier à Clermont-Ferrand, où, dès 20 h 30, il commentera des tranches de vie et d’époques, au sujet des chansons et chansonniers en pays thiernois. Le fruit de décennies de collecte.
Comment est née cette idée de conférence à Clermont ?
C’est Laurent Boithias, de l’Institut des études occitanes, qui me l’a proposée, dans le cadre de leur programmation. Je l’ai déjà mise en place en août dernier à la Maison du luthier à Jeanzat. Mais avant ça, ça faisait quand même longtemps que ça me travaillait. Il fallait simplement réunir tous les éléments.
Des éléments qui ont été recueillis au fil du temps ?
Oh c’est toute une histoire. On peut dire que tout a commencé au début des années 70. J’ai découvert la musique trad’et la culture populaire vers mes 18 ans. Je jouais de la guitare folk, j’ai joué de la vielle… J’ai vécu une sorte de brassage entre Bitords, gens de la Montagne thiernoise, de la plaine, avec les couteliers…
Tout le monde parlait patois ! Cette culture en moi, c’est vraiment quelque chose qui s’est diffusé lentement au fil du temps.
Un premier disque de collectage de culture populaire avait vu d’ailleurs le jour avec un premier groupe et il nous a fallu aller chercher du répertoire populaire. Puis j’ai toujours eu un lien particulier avec la Montagne thiernoise, et son parlé. En 40 ans, je peux dire que j’en ai fait des rencontres, avec des gens exceptionnels.
Comment est construite cette conférence ?
Il faut déjà définir la notion de pays thiernois, c’est important pour commencer. Ensuite, on évoque trois protagonistes principaux. Alexandre Bigay, une référence, un érudit. Puis Prosper Dosgilbert, tambour de Ville de Thiers à son époque et chansonnier célèbre, et il y a un intrus, Jean Béranger, chansonnier parisien du XVIIIe siècle, qui n’a rien à voir avec la chanson thiernoise. Mais, la bourgeoisie thiernoise avait des liens avec Paris, notamment via des marchands couteliers, et on cherche donc à savoir comment ce chansonnier parisien a beaucoup influencé les autres chansonniers en France dont les Auvergnats.
On évoquera aussi les chansons à proprement parler. Celles de la corporation coutelière, les chansons liées à des événements, comme la Foire au pré, l’arrivée de l’électricité…
Et après, il y a ce que j’appellerais la chanson populaire, les chansons de bergères, souvent chantées par les femmes, en français et en patois aussi. J’en fais écouter et j’en chante. Ce n’est pas que des discours (rires).
La dernière partie concerne les héritiers, notamment le dernier chansonnier contemporain, décédé il y a longtemps, en la personne de René Sartonger, d’Augerolles, qui a créé des monologues et des chansons.
Quand on parle d’héritiers, vous êtes allé filmer récemment Lous Frérots d’Escoto ?
Oui à Viscomtat, car je voulais avoir un bout de film avec eux pour ma conférence. Ce qui est très intéressant chez eux, c’est qu’ils créent des chansons en patois. Et je pense que ce sont vraiment eux les héritiers de ces chansonniers. Ils continuent la tradition vivante, ils ne se contentent pas de rechanter, et c’est fondamental. Pour illustrer les héritiers, j’avais aussi réalisé une vidéo avec Dominique Chambriard, le coutelier.
Peut-on imaginer une conférence en Montagne thiernoise ou à Thiers ?
J’ai eu quelques approches avec la Maison du pont au Pont-de-Celles, mais rien de définitif.
Propos recueillis par Alexandre Chazeau
Pratique. Conférence au café-lecture des Augustes, 5, rue sous les Augustins, mercredi 17 janvier à 20 h 30. Entrée libre.
