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Май
2025

Choose Europe : le plan de l'Inserm pour accueillir les scientifiques américains détaillé par son président

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Des deux côtés de l’Atlantique, les annonces étaient très attendues. Ce lundi sous les ors du grand amphithéâtre de la Sorbonne, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen et le président de la République Emmanuel Macron ont dévoilé leur plan pour accueillir les scientifiques américains, au moment où le gouvernement Trump détruit des pans entiers de l’appareil de recherche de son pays. Les montants présentés dans le cadre du programme "Choose Europe for science" peuvent sembler conséquents : 500 millions d’euros à l’échelle européenne, auxquels le gouvernement français ajoutera 100 millions. Le signal est positif, mais il demeure symbolique par rapport à l’ampleur des coupes budgétaires américaines. Il faudra aussi savoir comment, très concrètement, il se traduira dans les organismes de recherche. L’Express a posé la question au Pr Didier Samuel, président de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Ses réponses illustrent l’écart qui peut exister entre les annonces politiques et leur déclinaison concrète sur le terrain… Entretien.

L'Express : Vous attendez-vous à recevoir beaucoup de chercheurs américains ?

Pr Didier Samuel : A ce stade, nous pensons que les scientifiques de nationalité américaine seront probablement les derniers à bouger. Nous nous attendons à accueillir en premier lieu des Français aujourd’hui installés outre-Atlantique, et éventuellement des Européens qui voudraient revenir sur le Vieux Continent car ils se rendent compte qu’ils ne pourront plus développer leurs recherches, ou que leurs travaux ne seront plus financés. Les Américains eux-mêmes vont sans doute plutôt attendre de voir comment la situation évolue. Ils ne sont souvent pas seuls, ils quittent un monde où ils ont bénéficié de financements importants, où leurs équipes sont rarement limitées en nombre de doctorants et de chercheurs. C’est quand même un saut dans l’inconnu pour eux. Nous aurons sans doute davantage de chercheurs en début ou en milieu de carrière. Pour le moment, nous n’avons pas encore de statistiques précises.

Ursula Van der Layen a annoncé un budget supplémentaire de 500 millions d’euros à l'échelle de l’Europe. Savez-vous comment il va se répartir entre les différents États membres ?

Cela n’a pas encore été communiqué. Nous savons simplement que les crédits délivrés par le Conseil européen de la recherche (ERC) seront renforcés. Il s’agit de bourses déjà assez importantes, de 1,5 à 2,5 millions d’euros sur cinq ans. Quoi qu’il en soit, nous parlons de 500 millions d’euros sur trois ans : cela reste une somme modeste à l’échelle de l’Europe, mais aussi au regard des coupes budgétaires américaines. Pour le seul National Institute of Health, qui finance la recherche médicale, ce ne sont pas moins de 18 milliards de dollars qui vont être supprimés…

Pour la France, Emmanuel Macron a évoqué un budget de 100 millions d’euros supplémentaires. Combien de chercheurs cela représentera-t-il pour la recherche médicale ?

Si l’on compte un million d’euros sur trois ans par chercheur, avec quelques exceptions pour lesquelles il faudra sans doute un budget un peu plus élevé, cela représenterait de 150 à 250 scientifiques au total, toutes filières confondues. Il faut savoir que les fonds annoncés par l’Etat représentent en réalité des cofinancements, à hauteur de 50 % des dépenses engagées. Très concrètement, cela signifie que les organismes de recherche comme l’Inserm, le CNRS ou les universités devront apporter le complément, éventuellement en s’associant, ou en montant des partenariats avec d’autres acteurs comme les collectivités locales.

Pour ce qui concerne l’Inserm, de quels budgets propres disposez-vous pour que ces recrutements puissent se faire ?

Nous sommes en train de monter un programme "Choose Inserm". Dans ce cadre, nous allons communiquer sur des dispositifs existants, comme nos recrutements sur concours de directeurs de recherche externe ou nos chaires de professeur junior. Treize postes sont ouverts dans ce cadre pour 2025 : il s’agit de CDD de 3 à 6 ans avec un "welcome package" de 200 000 euros, que nous pourrons éventuellement augmenter. Aujourd’hui déjà, ces voies sont ouvertes à des scientifiques venant de l’étranger. Mais nous allons aussi développer un programme additionnel, pour lequel nous pensons pouvoir mobiliser un million d’euros pour 2025 au titre des salaires. A cela s’ajoutent bien sûr les "welcome package" pour le recrutement de doctorants ou d’ingénieurs, la mise à disposition d’équipements, éventuellement un accompagnement pour le logement, etc.

Tout cela n’était pas prévu, donc je suis en train de regarder comment trouver ces financements. Nous avons un fonds de roulement dans lequel nous pourrons peut-être puiser. Une partie de l’argent viendra probablement aussi de France 2030, et nous cherchons d’autres acteurs qui pourraient également apporter un complément. Au total, avec nos différents outils, nous pensons pouvoir accueillir à l’Inserm cette année entre 5 et 10 chercheurs supplémentaires en provenance des Etats-Unis. Nous travaillons encore toutefois à affiner notre offre. Il faudra aussi prendre en compte le fait que ces scientifiques seront invités, comme les autres, à aller chercher leurs financements, en participant à des appels d’offres nationaux ou européens, de la même façon qu’ils le font déjà dans leur pays.

Ces chercheurs entreraient-ils en compétition pour ces postes avec des Français ?

Bien sûr, mais comme aujourd’hui. La compétition fait partie de la science, et si un chercheur est très bon, il remporte le poste ou les financements. Dans tous les cas, cela va se faire au fil de l’eau, et probablement sur plusieurs années, car tous les scientifiques concernés ne vont pas se décider à partir du jour au lendemain. Nous aurons peut-être aussi des candidats dans des disciplines aujourd’hui un peu moins bien représentées dans notre pays. J’encourage les chercheurs qui travaillent aux Etats-Unis à s’inscrire pour participer à nos différentes procédures de recrutement, et nous verrons comment nous adapter au mieux à la demande. Car évidemment, en fonction des profils, les budgets et donc le nombre de postes, ne seront pas les mêmes.

Comment articulez-vous ces programmes de recrutement avec les difficultés concrètes de fonctionnement de la recherche en France, et le manque chronique de financements ?

Depuis quelques années, des actions très positives de soutien ont été mises en place. Je pense notamment à la loi de programmation de la recherche de 2020, qui a revalorisé les salaires et les primes de façon significative. Tout le retard n’a pas été comblé, mais il y a eu des progrès. Le taux de succès des projets déposés auprès de l’agence nationale de la recherche est passé de 9 % à 25 % : un projet sur quatre est aujourd’hui accepté et financé, c’est loin d’être négligeable. Au sein de l’Inserm, nous avons obtenu des crédits supplémentaires pour créer des postes. Après le Covid, un volet santé a été ouvert dans le cadre de France 2030, avec des programmes sur le vaccin, sur les maladies neurodégénératives ou sur les maladies inflammatoires chroniques, entre autres. Nous voyons quand même vraiment un souffle nouveau en faveur de la science.

En revanche, dans le contexte budgétaire tendu que nous connaissons, je reste attentif aux suites qui seront données aux déclarations faites par le président de la République et par la présidente de la Commission européenne à l’occasion du sommet "Choose Europe for science", sur l’enjeu stratégique de défendre la recherche. Si nous ne nous positionnons pas sérieusement pour prendre le relais des programmes abandonnés par les Etats-Unis, d’autres le feront, à commencer par la Chine.

Nous avons beaucoup parlé des chercheurs, mais y a-t-il aussi un enjeu sur l’accès aux bases de données, nombreuses à être hébergées et gérées aux Etats-Unis ?

Depuis soixante ans, nous nous sommes beaucoup reposés sur nos collègues américains. Cette période est terminée, et nous ne nous y sommes clairement pas préparés. C’était totalement inattendu, et nous devons en effet nous mobiliser pour voir quelles données récupérer, et comment créer des bases miroirs, de façon à réduire notre dépendance. Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement des bases de données, mais aussi des clouds, auxquels nous avions un accès facile. Nous voyons bien aujourd’hui que tout cela peut être rayé d’un trait de plume par la présidence américaine. Nous allons commencer à travailler sur cette question avec mes homologues européens.

Que va-t-il se passer également pour les postdocs français et européens, qui partaient classiquement aux Etats-Unis après leur thèse, pour cette deuxième étape dans leur carrière de chercheur ?

Ce n’est pas simple. Il est délicat de les envoyer en Chine par exemple, même si le niveau scientifique y est très bon. D’autres pays européens pourront les accueillir, mais ils seront eux-mêmes confrontés aux mêmes difficultés que nous. J’imagine qu’il y aura aussi un report vers des pays asiatiques comme Singapour ou l’Inde. L’écosystème mondial de la recherche va être modifié en profondeur.







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