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Май
2025

Nouvelle-Calédonie, un an après: «C’était terrifiant»

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Le 13 mai 2024 marquait le début des émeutes kanak visant la population européenne et contestant la présence française en Nouvelle-Calédonie. Le Dr Alain Destexhe a séjourné sur place pendant trois mois, jusqu’en février 2025. À travers l’exemple du quartier de la Vallée du Tir, à Nouméa, il exprime son inquiétude face à ce qu’il décrit comme une forme de « purification ethnique ».


Le quartier de la Vallée du Tir est l’un des plus anciens de Nouméa. Il s’étend entre la mer et une haute colline menant au sanctuaire de Notre-Dame-du-Pacifique. C’est une zone étroite, longue de quelques kilomètres. Sa partie basse, composée essentiellement d’immeubles modestes et de logements sociaux (HLM), s’articulait autour d’une rue commerçante animée. Plus haut, sur la colline, on trouve des villas peu luxueuses, pour la plupart construites dans les années 1970. Le quartier tire son nom d’un ancien champ de tir, utilisé jusque dans les années 1860 avant d’être progressivement occupé par des agents pénitentiaires du temps du bagne.

Jusqu’aux années 1970, il était quasi exclusivement habité par des Caldoches, avant de connaître de profonds bouleversements. Des communautés wallisiennes et vietnamiennes s’y sont installées, ainsi que de nombreux ouvriers kanak, attirés par l’essor de l’usine de nickel toute proche. Le quartier est ainsi devenu peu à peu un espace multiculturel, avec une vie économique rythmée par de petits commerces, majoritairement tenus par des Wallisiens et des Vietnamiens.

Dans les années 1990 et 2000, la mairie de Nouméa y a fait construire plusieurs centaines de logements sociaux, progressivement occupés par des familles kanak devenues majoritaires. Comme en métropole, les autorités ont cru qu’un développement urbain couplé à des infrastructures sportives et culturelles suffirait à atténuer les tensions sociales. Pourtant, malgré quelques difficultés latentes, la cohabitation restait relativement paisible… jusqu’aux événements de 2024.

Tout a basculé le 13 mai 2024

Ce jour-là, les émeutes éclatent pour protester contre le « dégel du corps électoral ». Des Kanak, principalement issus des logements sociaux, pillent et mettent le feu aux petits commerces tenus par des Wallisiens et des Vietnamiens, épargnant uniquement ceux appartenant aux leurs. Des barrages sont dressés sur les trois voies d’accès de ce quartier enclavé.

La famille Marchand1, établie depuis six générations sur les hauteurs, sera contrainte de fuir. Elle ne correspond en rien à la caricature que les médias européens font parfois des « Caldoches », les présentant comme des nantis. Le père, mécanicien, perd son emploi après que son atelier a été incendié. Il est aujourd’hui au chômage. Son fils, atteint de schizophrénie, ne peut exercer que des emplois adaptés et se retrouve, lui aussi, sans activité. Quant à la grand-mère, âgée de 85 ans — que je soigne à l’hôpital —, elle subit une dégradation brutale de sa santé mentale. Elle ne comprend ni pourquoi elle ne peut plus sortir, ni pourquoi elle doit quitter la maison où elle a toujours vécu.

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« C’était terrifiant », me raconte le père. « Les jeunes hurlaient sur les barrages, personne ne pouvait passer. Il y avait des armes partout. Moi-même, je ne quittais pas mon revolver, même la nuit. On craignait sans cesse une intrusion. Nous sommes restés enfermés deux semaines sans sortir, sans pouvoir nous ravitailler, puis nous avons décidé de partir. »

La famille trouve refuge à la campagne, hébergée pendant quatre mois par des connaissances qu’elle connaît à peine. Une remarquable solidarité s’installe entre Européens, conscients que chacun pouvait devenir la prochaine cible.

En janvier 2025, la grand-mère est de retour chez elle. Mais elle reste confuse. Elle ne comprend toujours pas ce qu’il s’est passé. Son désarroi et sa gentillesse me bouleversent, tout comme le sort de sa famille. Martin, le père, m’explique que leur maison — leur seul bien — a perdu 80 % de sa valeur. Lui et son fils survivent grâce aux allocations chômage. Jusqu’à quand ?

Une zone sinistrée, comme après un conflit

En février, neuf mois après le début des émeutes, la Vallée du Tir ressemble toujours à une zone de guerre. Au centre, la rue principale Edouard Unger, est bordée de magasins pillés, brûlés, calcinés. Certains immeubles portent encore les stigmates des incendies. Des graffitis hostiles à la France recouvrent les murs. Même en plein jour, l’ambiance est sinistre. Seuls deux commerces, sombres et glauques, ont rouvert, contre des dizaines auparavant. Quelques rares individus patibulaires déambulent dans le quartier, et certains me font des gestes menaçants comme je filme depuis ma voiture.

Le centre commercial situé en périphérie, incluant un Super U très fréquenté par les habitants les plus modestes, a été entièrement ravagé. Le toit s’est effondré. On peut y lire : « Nique la France », « La France dehors », « Non au dégel » — en référence au corps électoral figé.

Ironie tragique : ce sont des jeunes du quartier qui ont incendié ce supermarché. Désormais, tous les habitants doivent parcourir plusieurs kilomètres pour se ravitailler. Ils se sont littéralement tiré une balle dans le pied — mais rares sont ceux qui le reconnaissent. Ils parlent d’« événements », jamais d’émeutes ni de pillages. Et beaucoup attendent de la France qu’elle répare les dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés.

Le « vivre-ensemble » en miettes

Sur les hauteurs, certaines villas ont également été incendiées, souvent taguées de slogans similaires. On se demande selon quels critères certaines ont été épargnées, d’autres ciblées — sans doute en raison de la couleur de peau ou de l’origine ethnique des propriétaires.

Après de tels événements, et vu l’état actuel du quartier, qui voudrait encore acheter une maison à la Vallée du Tir ? Les Kanak, résidant dans les HLM, continueront d’y vivre. Les Wallisiens, les Vietnamiens et les Européens sont partis s’ils en avaient les moyens. Les autres, ceux qui ne peuvent pas partir, attendent, sans espoir.

Le quartier deviendra quasi exclusivement kanak, à la suite de ce qu’il faut bien appeler une forme de purification ethnique — probablement irréversible. Le « vivre-ensemble » n’y est plus possible. Et il ne le sera sans doute jamais plus.

  1. (Les noms ont été changés)

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