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Июнь
2025

"C’est son moment churchillien" : Benyamin Netanyahou, triomphant en Iran mais humilié à Gaza

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C’est un tragique télescopage de l’actualité. Au matin du 24 juin, au moment où les Israéliens apprenaient la conclusion d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, Tsahal annonçait la mort de sept soldats à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Piégés dans un blindé incendié par un explosif posé par les miliciens du Hamas, ils n’ont pu être secourus à temps. Un des accrochages les plus meurtriers pour Tsahal depuis le 7 octobre 2023.

Saisissant contraste. D’un côté, une campagne éclair de raids aériens unanimement saluée pour sa précision et son efficacité, sans aucune perte pour l’aviation israélienne dans le ciel iranien. De l’autre, une offensive terrestre lancée depuis bientôt vingt et un mois et soutenue par des bombardements dévastateurs, mais incapables de venir à bout d’un groupe islamiste sous-équipé et assiégé. Les récentes images des hommes armés du Hamas trônant sur des camions d’aide alimentaire lancés à vive allure dans les rues dévastées de Gaza ont encore ajouté à l’humiliation. "C’est un dur retour à la réalité pour Benyamin Netanyahou, constate Ben Dror Yémini, éditorialiste au quotidien Yediot Aharonot. La guerre en Iran lui a donné l’image d’un héros courageux mais à Gaza, on dirait qu’il attend de tuer le dernier terroriste. Il y a probablement des moyens pour sortir de cette situation, mais pour l’instant on ne voit pas d’issue."

Triomphant en Iran, humilié à Gaza, le Premier ministre israélien joue son avenir politique à l’ombre d’un Moyen-Orient en pleine ébullition. A bientôt 76 ans, il dispose encore de solides atouts, mais affronte de sérieux défis en interne et face aux Palestiniens.

"Il va en tirer des bénéfices politiques"

Longtemps, Emmanuel Navon a critiqué Netanyahou. Professeur de sciences politiques à l’université de Tel-Aviv, engagé en politique aux côtés de Gideon Sa’ar, l’actuel ministre des Affaires étrangères, il jugeait sévèrement sa politique d’apaisement face au Hamas et au Hezbollah – jusqu’au 7 octobre 2023, les valises de dollars du Qatar entraient librement à Gaza. Et dénonçait ses discours tonitruants suivis de discrets renoncements. Depuis la guerre en Iran, Navon a modifié son opinion. "Cela n’efface pas le 7 Octobre bien sûr, mais cette fois, il a incontestablement pris la mesure de la menace. C’est son moment churchillien. Malgré les mises en garde, il a pris les décisions qui s’imposaient. Il a traduit ses paroles en actes et il est passé à l’offensive alors que l’Iran nous menaçait d’anéantissement. Il va forcément en tirer des bénéfices politiques."

De fait, l’offensive contre le nucléaire iranien provoque dans l’opinion un mouvement de sympathie indéniable envers Benyamin Netanyahou. Selon la plupart des sondages, son parti, le Likoud, progresserait de quatre sièges à la Knesset, le plaçant en tête du scrutin si l’élection avait lieu aujourd’hui, juste devant la liste de Naftali Bennett, éphémère Premier ministre en 2021 et son principal concurrent. Une progression aux dépens du centriste Benny Gantz, mais aussi du ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich, pilier de la coalition gouvernementale. "Les sondages montrent que Netanyahou n’a pas encore de majorité pour former une nouvelle coalition, donc je pense qu’il n’a pas intérêt à provoquer des élections, estime Ephraïm Inbar, professeur de sciences politiques à l’université de Bar Ilan, à Tel-Aviv. La guerre à Gaza nuit considérablement à sa popularité. Il attendra certainement que les choses s’améliorent : libération des otages ou victoire militaire."

Les familles des otages ne relâchent pas la pression

L’interminable guerre à Gaza continue d’empoisonner le chef du gouvernement. Selon le Hamas, plus de 55 000 Palestiniens auraient été tués depuis le 7 Octobre et plus de 12 000 personnes sont disparues. Un bilan désastreux pour l’image d’Israël. D’autant que les familles d’otages ne relâchent pas la pression. Elles ont repris les manifestations dès l’annonce du cessez-le-feu avec l’Iran, en rappelant qu’une vingtaine d’Israéliens restent détenus à Gaza. "Je ressens une immense colère. Netanyahou me dégoûte. Il sacrifie la vie des otages, de nos soldats et de milliers de civils à Gaza pour satisfaire ses alliés politiques. Il pourrit ce pays de l’intérieur", s’indigne Réut, une chorégraphe qui participe tous les samedis soir depuis deux ans aux manifestations organisées à Tel-Aviv, d’abord contre la réforme du système judiciaire engagée par la droite, puis pour réclamer l’arrêt des combats à Gaza.

Dans l’impasse militairement, le Premier ministre israélien pourrait assouplir sa position dans les négociations avec le Hamas en abandonnant notamment une exigence : l’exil de la direction du Hamas, largement décimée par les assassinats ciblés de ces derniers mois. Il pourrait aussi consentir à une trêve de longue durée en échange de la libération de tous les otages. De quoi regagner les faveurs de l’opinion, y compris dans son propre camp.

"Cela traîne beaucoup trop. Les responsables des massacres du 7 Octobre ont été tués. Mais chaque mois, on nous annonce l’élimination d’un nouveau chef du Hamas qui est immédiatement remplacé. C’est comme vider l’océan à la petite cuillère", résume Raphaël, quadragénaire qui vote pour Itamar Ben-Gvir, le chef d’un parti d’extrême droite. Pour lui, le prix de cette guerre aux objectifs stratégiques mouvants est trop élevé pour la société israélienne. "Les combats à Gaza nous coûtent énormément. Chaque soldat tué ajoute à notre traumatisme, et chaque image de morts palestiniens abîme notre réputation internationale."

Cette peur de l’isolement mondial agite l’élite israélienne alors que l’aura technologique de la start-up nation du Proche-Orient est désormais ternie par les images des destructions à Gaza et les appels au boycott qui se multiplient dans les universités européennes. "Historiquement, il y a toujours eu des chercheurs réticents à collaborer avec nous, mais c’était compensé par des partenariats solides", indique Ilona*, haut fonctionnaire chargée de la coopération entre Israël et l’Union européenne. Elle ne cache pas son inquiétude concernant la mise à l’écart croissante des scientifiques israéliens du programme Horizon Europe spécialisé dans la recherche scientifique. Depuis l’automne dernier, les refus explicites se multiplient dans les courriels professionnels : "Ils disent noir sur blanc : 'Je ne veux pas travailler avec toi parce que tu es Israélien.’ Avant, personne n’aurait jamais osé l’écrire aussi clairement." Et le climat s’est encore aggravé avec les déclarations d’Emmanuel Macron évoquant des sanctions contre Israël. Une demande formelle de suspension de l’accord d’association a déjà été déposée à Bruxelles par 17 pays européens. Le sujet a beau diviser les Etats membres, Israël s’inquiète. "Même si ce n’est pour l’instant qu’une menace, le mal est fait", regrette Ilona. "Nous subissons déjà un boycott silencieux, mais réel. Pour la science israélienne, c’est dramatique."

Des passe-droits pour les orthodoxes

Autre dossier explosif pour Netanyahou : la conscription des ultraorthodoxes. En échange du soutien des hommes en noir, le Premier ministre s’était en effet engagé à maintenir l’exemption de service militaire dont bénéficient les étudiants des yeshivot. Un gentleman’s agreement de plus en plus difficile à tenir sous la triple pression de la Cour suprême, de ses alliés religieux nationalistes, surreprésentés dans les troupes combattantes, et de l’opinion publique qui n’accepte plus ce passe-droit alors que les réservistes sont usés jusqu’à la corde par vingt et un mois de guerre. La perspective de devoir rejoindre l’uniforme inquiète les orthodoxes. Ils affirment que le service militaire est incompatible avec leur mode de vie fondé sur le respect des commandements religieux et la séparation stricte des sexes. "C’est notre identité juive qui est menacée, nous ne pouvons pas plier. Netanyahou doit trouver une solution qui respecte notre foi, sinon il devra se chercher d’autres alliés pour sa coalition. Sans nous, il n’a plus de majorité", menace Moshé Lévy, un électeur du parti ultra-orthodoxe séfarade Shas.

La pression des responsables politiques orthodoxes fragilise d’autant plus Netanyahou qu’ils l’affrontent également sur les questions militaires. "Récemment, Moshé Gafni et Arié Déry, deux poids lourds orthodoxes de la coalition ont affirmé publiquement que la guerre à Gaza avait assez duré, explique l’essayiste Philippe Velilla. Le Premier ministre pourrait donc être forcé de mettre fin au conflit pour des raisons de politique interne. Sauf si le plan Witkoff se concrétise, ce qui lui donnerait une vraie porte de sortie."

L’envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient laisse en effet planer l’éventualité d’un élargissement imminent des accords d’Abraham à plusieurs pays de la région, dont l’Arabie saoudite et la Syrie. Une normalisation qui impliquerait un règlement définitif du conflit israélo-palestinien et aggraverait l’isolement de l’Iran. Les Saoudiens exigent ainsi une reconnaissance d’un Etat palestinien et un plan de développement économique régional. Ils s’impliqueraient avec les Emirats arabes unis dans la reconstruction de la bande de Gaza. Les autorités israéliennes confirment la tenue de discussions avec leurs voisins, sans donner plus de précisions. Si de tels accords se concrétisaient, Netanyahou réaliserait un coup de maître sur le grand échiquier diplomatique proche-oriental.

*Le prénom a été modifié.







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