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Июль
2025

Comment Benyamin Netanyahou et Donald Trump veulent redessiner le Moyen-Orient

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Au cœur de Tel-Aviv trône un gigantesque panneau publicitaire représentant Donald Trump flanqué de Benyamin Netanyahou, du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et d’autres dirigeants du monde arabe. Le slogan choisi est limpide : "L’Alliance d’Abraham. Il est temps de créer un nouveau Moyen-Orient". De nombreuses voix au sein de l’Etat hébreu partagent cet avis, tant l’humiliante défaite de la République islamique d’Iran face à l’axe israélo-américain ainsi que l’effacement de ses partenaires ont rebattu les cartes géopolitiques dans la région.

Aujourd’hui resurgit le débat de l’élargissement des accords d’Abraham, dont l’élan a été brutalement interrompu par l’attaque du 7 octobre 2023. Parrainés en 2020 par Donald Trump lors de son premier mandat à la Maison-Blanche, ces traités ont vu Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Maroc et le Soudan établir des liens formels avec Israël et obtenir des faveurs diplomatiques et stratégiques de la part des Etats-Unis. Aujourd’hui, Israël et son allié américain veulent surfer sur leur victoire pour façonner la région comme après la guerre des Six-Jours, en 1967, et celle du Kippour, en 1973. Rien de moins. "Le renversement du rapport de force est vertigineux, affirme David Khalfa, cofondateur de l’Atlantic Middle East Forum (Amef). L’Iran est affaibli. Israël sort renforcé de la séquence, aux côtés des Saoudiens et des Turcs."

Sur l'affiche, il est écrit "L’Alliance d’Abraham. Il est temps de créer un nouveau Moyen-Orient". Au centre, Donalc Trump, Benyamin Netanyahou et Mohammed ben Salmane.

Voilà pour le tableau global. Donald Trump l’autoproclamé "faiseur de paix", qui rêve toujours de décrocher le prix Nobel, compte récolter les fruits de cette nouvelle page de l’histoire de la région. Ce nouveau Moyen-Orient sera au cœur des discussions lors de la visite de Netanyahou, le 7 juillet, à la Maison-Blanche. Une rencontre qui s’ouvre sous de meilleurs auspices que celle du mois d’avril. Ces derniers mois, le Premier ministre israélien a vu son rôle marginalisé sur plusieurs dossiers clés face à un président américain hyperactif : écarté des négociations directes avec le régime iranien, tenu à l’écart d’un accord avec les rebelles houthistes du Yémen, contourné lors de visites officielles dans le Golfe, mis devant le fait accompli sur la levée des sanctions contre la Syrie…

L’Iran ne peut plus sauver le Hamas

Dans cette recomposition régionale, Gaza reste le dossier le plus urgent pour le Premier ministre israélien, sous pression pour en finir après vingt et un mois de guerre. L’émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al-Thani, résume la vision des voisins arabes : la principale source d’instabilité régionale reste "le conflit qui se déroule à Gaza". Une trêve de soixante jours est actuellement en discussion, sous l’impulsion des Qatariens ainsi que des Egyptiens. De son côté, Donald Trump a promis d’adopter une position "très ferme" face à Netanyahou sur la fin de la guerre. Mais, si le président américain dispose de leviers puissants en matière d’aide et de fourniture d’armes, l’Etat hébreu agit toujours en fonction de ses propres intérêts vitaux. "Israël ne joue pas les gendarmes. Il tient en respect l’ensemble des pays de la zone pour assurer sa propre sécurité, mais tout cela se fait aux dépens de la stabilité de la région", pointe Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie et Moyen-Orient à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Bien que cette guerre d’usure à Gaza - qui a fait plus de 56 000 victimes civiles palestiniennes, selon le Hamas - ait suscité de vives critiques, le contexte militaire actuel semble jouer en faveur du gouvernement Netanyahou. Le Hamas ne compterait aujourd’hui que quelques dizaines de cadres actifs dans l’enclave… "Le Hamas a compris qu’il ne pourra plus être sauvé par un partenaire extérieur comme l’Iran, commente une source diplomatique sous le sceau de l’anonymat. Mais, s’il y a un cessez-le-feu à Gaza, il faut qu’Israël soit capable d’opérer d’un point de vue sécuritaire, qu’il puisse entrer et sortir en cas de risque."

Netanyahou reste convaincu que le contexte offre une opportunité unique d’éliminer le Hamas "jusqu’à la racine", de libérer la vingtaine d’otages encore vivants, ainsi que déployer ses plans de contrôle de l’enclave et de la Cisjordanie, sous l’impulsion de la frange la plus radicale de sa coalition. Auréolé de sa victoire en Iran, Benyamin Netanyahou joue sur cette question sa survie politique, alors que des élections législatives se profilent en 2026. Si la cote de popularité du Premier ministre israélien est remontée de plusieurs points dans un sondage publié au lendemain du cessez-le-feu avec la République islamique d’Iran, le 24 juin, 52 % des personnes interrogées souhaitent toujours son retrait de la vie politique après la fin de la guerre à Gaza, selon la chaîne publique Kan 11.

Un Moyen-Orient tourné vers les affaires

C’est justement l’offensive dans l’enclave palestinienne, consécutive à l’opération "Déluge d’Al-Aqsa" du Hamas, qui avait brutalement suspendu les négociations pour une normalisation des relations avec l’Arabie saoudite. En mars 2023, plusieurs rencontres de haut niveau ont lieu entre responsables saoudiens et israéliens, incluant des discussions sur le renseignement et la sécurité. A Washington, tout le monde a bien conscience que la clé de voûte de la région se trouve au sein de la monarchie wahhabite. Donald Trump rêve de voir un jour Mohammed ben Salmane rejoindre les accords d’Abraham. Mais, sur ce sujet, "MBS" a toujours été très clair : il n’y aura pas de relations diplomatiques avec Israël avant la "création d’un Etat palestinien", ce qu’exclut totalement Netanyahou à ce stade. Dans ce dossier, le président américain cherche à promouvoir sa vision d’un Moyen-Orient tourné vers les affaires, en phase avec les priorités des monarchies du Golfe. Son premier voyage dans la région et les juteux contrats signés ont confirmé cette volonté. "Trump opère un glissement stratégique de la géopolitique vers la géo-économie. Il établit un nouveau type de relation, relève Mohammed Baharoon, directeur général de B’huth, un centre de recherche de Dubaï. C’est la raison pour laquelle le plan 'Vision 2030' [NDLR : pour diversifier l’économie de la rente pétrolière] est aujourd’hui le principal moteur de l’Arabie saoudite. Ce n’est ni un programme politique ni une idéologie religieuse."

Le récent conflit iranien a toutefois suscité l’inquiétude des pétromonarchies sunnites du Golfe, adeptes de la stabilité. L’affaiblissement de leur ancien rival chiite n’est pas vu d’un mauvais œil mais à condition que cela n’affecte pas leur sécurité et leurs intérêts dans la région. "Ils ont peur de devoir choisir entre un voisin remuant et dangereux, l’Iran, et un voisin plus lointain mais non moins inquiétant, Israël", résume Elie Barnavi, historien et ex-ambassadeur d’Israël à Paris.

Après l'affrontement entre l'Iran et Israël, la région se recompose.

L’affaiblissement stratégique de l’Iran au Levant

Si le dossier saoudien reste bloqué, une diplomatie israélo-américaine très active s’est mise en branle au Levant, où l’affaiblissement iranien est le plus manifeste. "La superpuissance hégémonique aujourd’hui, c’est clairement Israël", relève Vali Nasr, un ancien conseiller du Département d’Etat américain. Selon Tom Barrack, l’émissaire de Washington pour la Syrie, les frappes israéliennes contre la République islamique ont offert une "fenêtre de tir qui n’a jamais existé" auparavant dans la zone. Le ministre des Affaires étrangères de l’Etat hébreu, Gideon Sa’ar, a fait un premier pas, affirmant, le 30 juin, qu’Israël était "intéressé" par une normalisation de ses relations avec la Syrie et le Liban. Une annonce spectaculaire, alors que l’Etat hébreu mène encore actuellement d’importantes opérations militaires en territoire syrien. "Il y a bien une nouvelle donne au Moyen-Orient. Avec le Liban, on n’a pas parlé de paix depuis les années 1980, et avec la Syrie, depuis les années 1990", fait remarquer une source diplomatique israélienne.

Dans le dossier syrien, le chef de la diplomatie israélienne ne s’est pas privé d’affirmer qu’Israël ne comptait rien céder du Golan syrien, dont une partie a été conquise lors de la guerre israélo-arabe de 1967, avant de l’annexer sans la reconnaissance de l’ONU, en 1981. Ahmed al-Charaa, à la tête de la coalition rebelle dirigée par le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC), qui a renversé en décembre dernier l’ex-allié de l’Iran Bachar el-Assad, est aujourd’hui soumis à une forte pression américaine. Donald Trump a signé le 1ᵉʳ juillet le décret actant la fin des sanctions américaines contre la Syrie, déjà annoncée, contre toute attente, le 13 mai. Depuis, Washington cherche à réinstaller Damas dans le système financier international et à stimuler les investissements dans le pays. Une demande aussi portée par MBS et Erdogan, l’autre grand vainqueur dans la région. "La Turquie est confrontée à un Israël beaucoup plus agressif, qui veut décider du sort de la Syrie. C’est pour cela qu’Ankara se rapproche des pays arabes, afin de consolider la position d’Ahmed al-Charaa à Damas", décrypte Vali Nasr. Le retrait de la Syrie de la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme n’est pas encore à l’ordre du jour, mais le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a clairement fait savoir que Washington envisageait de le faire.

La "guerre des douze jours" a aussi bouleversé la donne sur le front libanais. Jamais la milice chiite du Hezbollah n’a été en capacité de venir en aide au "parrain" iranien, laminé militairement par l’Etat hébreu. Dans l’ombre, les Etats-Unis ont activé leurs réseaux à Beyrouth. Selon un responsable libanais, Thomas Barrack, l’ambassadeur des Etats-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, aurait formellement transmis une demande au gouvernement de Beyrouth de s’engager à désarmer le Hezbollah, sécuriser sa frontière avec la Syrie et entamer des réformes économiques réclamées par la communauté internationale. La réponse du chef de l’Etat libanais, Joseph Aoun, du Premier ministre, Nawaf Salam, et du président de la Chambre des députés, Nabih Berri, allié de la milice chiite, se fait toujours attendre. "Du Liban, ce sera plus compliqué d’obtenir une réponse positive, parce que le Hezbollah, même démilitarisé, continuera à jouer un rôle politique majeur et qu’il a une hostilité principielle à l’égard d’Israël", insiste David Khalfa.

Depuis la fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah, fin novembre 2024, les autorités libanaises affirment démanteler l’infrastructure militaire de la formation pro-iranienne au sud du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne. Mais l’Etat hébreu continue de mener des frappes sur des objectifs liés au Hezbollah et reproche surtout au pouvoir libanais de ne pas en faire assez pour mener à bien ce désarmement. Selon l’accord de cessez-le-feu, Israël devait pour sa part retirer ses forces du sol libanais tout en maintenant cinq positions frontalières qu’il juge "stratégiques". L’émissaire américain, qui a demandé un engagement formel stipulant que seul l’Etat libanais détienne le monopole des armes, est attendu à nouveau dans la capitale libanaise d’ici à la mi-juillet.

L’Iran veut gagner du temps

Portée par l’axe américano-israélien, la nouvelle donne régionale devra encore se mesurer à l’influence persistante de l’Iran, même affaibli. Le dossier nucléaire reste dans l’impasse - les capacités d’enrichissement d’uranium de l’Iran n’ayant pas été définitivement annihilées –, la confrontation avec l’Occident se prolonge, et rien ne garantit que, si Téhéran parvient à reconstruire son arsenal, les hostilités ne reprendront pas.

Depuis les bombardements du site nucléaire de Fordo, Washington fait encore un peu plus partie de l’équation. "Le président américain a un côté très utilitariste qui calcule les coûts-bénéfices de ses opérations. Il y a aujourd’hui une vraie interrogation sur l’opportunité, la pertinence d’un réengagement américain au Moyen-Orient", analyse Dorothée Schmid. D’autant que la République islamique bénéficie d’institutions puissantes et d’un trésor de guerre faramineux – les actifs contrôlés par le Guide suprême, Ali Khamenei, sont estimés à près de 95 milliards de dollars. Quid de sa stabilité ? "Au sein du régime, certains Iraniens affirment que la chute est imminente, tandis que d’autres assurent le contraire. Mais, pour l’instant, la continuité de l’Etat est préservée, même si l’Iran est dans un état de déliquescence avancée", observe Emmanuel Razavi, grand reporter et auteur de plusieurs livres sur l’Iran. La tactique actuelle de Téhéran consiste à jouer la montre pour espérer rebâtir son potentiel stratégique. Dans un tel scénario, l’élan vers un nouveau Moyen-Orient pourrait alors rapidement s’essouffler.







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