François Hollande et la dissolution, l'obsession Betharram de François Bayrou
C'est fou comme la dissolution a vraiment tout clarifié ! Ce second quinquennat est décidément à nul autre pareil. Le gouvernement Attal n’avait déjà pas duré longtemps, et voilà que Michel Barnier a été renversé par une motion de censure trois mois après sa nomination. François Bayrou se retrouve à Matignon, mais la crise n’en finit plus, la vie politique entre dans l’inédit.
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Les retrouvailles Villepin, Barnier et Le Maire
Champagne à volonté, jambon hors d’âge, mais pas seulement… Il y avait du beau monde mardi 8 juillet dans la cour aux Ernests de l’Ecole normale supérieure, pour la soirée estivale de la revue du Grand continent. On pouvait y croiser Dominique de Villepin, Michel Barnier, Bruno Le Maire et quelques diplomates de haut rang, comme Jean-David Levitte ou Philippe Etienne. Le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares en a profité pour tenir un discours à la gloire du multilatéralisme. Villepin et Le Maire, qui ont longtemps travaillé ensemble (le second fut la plume puis le directeur de cabinet du premier), continuent de se voir régulièrement, même si leurs ambitions sont désormais voisines.
Quand Hollande songea à dissoudre
Il est le dernier président… à ne pas avoir dissous l’Assemblée nationale. François Hollande a pourtant étudié l’hypothèse après les attentats de novembre 2015. Si le pays avait été secoué au point que toute forme d’unité nationale disparaisse, peut-être aurait-il usé de l’article 12 de la Constitution, afin de remettre de la cohésion. Mais les élections régionales de décembre 2015 qui se profilaient très vite ont tué dans l'œuf l’hypothèse.
Edouard Philippe et le modèle Sarkozy 2007
Edouard Philippe observe avec attention les grandes manœuvres qui se sont accélérées sur la droite de l’échiquier. "LR me paraît bloqué sur le modèle Sarkozy 2007, observe le maire du Havre. Mais celui qui va faire la campagne 2007, ce n’est pas Bruno Retailleau, c’est le RN, surtout si c’est Jordan Bardella…"
Retailleau, un air de Fillon ?
Elu triomphalement en mai à la tête des Républicains, Bruno Retailleau ne s’est depuis guère aventuré hors de son périmètre de Beauvau, à l’exception d’une tribune polémique sur les énergies renouvelables. Un pilier du socle commun s’étonne de cette discrétion. "Il est fuyant de ses responsabilités chez LR. Wauquiez a pris le leadership médiatique sur lui en refusant toute hausse d’impôts dans le prochain budget." Cet élu trouve au Vendéen un air de Fillon, qui avait disparu des écrans radars après sa large victoire à la primaire de 2016.
Bayrou, l’obsession Bétharram
Qui dit cocktail déjeunatoire dans les jardins de Matignon en plein mois de juillet dit soleil, sourires, chaleur humaine et discours mobilisateur. François Bayrou, qui recevait mercredi 9 juillet les ministres et parlementaires du "socle commun", n’a pas tout à fait la même définition du pot de fin de session. Le Premier ministre, après avoir rendu un hommage appuyé à Olivier Marleix, a surpris plus d’un député en évoquant plusieurs minutes durant… l’affaire Bétharram. "Enquête scandaleuse", "tribunal révolutionnaire" ; "par miracle, j’ai retrouvé des documents. Imaginez si je ne les avais pas retrouvés…" : décidément, le chef du gouvernement sait mettre l’ambiance à l’apéritif.
Un petit mot de remerciements, peut-être ? "Vous êtes en vacances, mais nous, on continue à travailler !", a-t-il lancé à quelques jours de ses annonces sur le budget 2026. Ce qui fait dire à un facétieux cadre du groupe macroniste à l’Assemblée : "J’avais très envie de lui retourner la phrase ! En octobre, une fois que la censure sera passée, il sera en vacances mais nous on continuera à travailler !"
Elysée : la liste des 35
Lui rêverait de voir un vrai travail de coalition se mettre en place, par exemple sur le budget, pour rendre utile le temps qui court juq’en 2027, mais observe surtout le bal des ambitieux. Le vice-président de l’Assemblée nationale Roland Lescure s’est amusé à recenser tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont laissé apparaître une tentation élyséenne. Et ils sont à ce jour… 35. La dernière s’appelle Ségolène Royal, qui a déclaré la semaine dernière qu’elle pourrait participer à une primaire de la gauche.
La taxe sur le livre d’occasion retoquée
En avril 2024, face au succès croissant du livre d’occasion, Emmanuel Macron s’était engagé auprès des acteurs du livre à trouver une solution pour mieux rémunérer les auteurs et les éditeurs. Mais que faire ? Une taxe ? Appliquée à qui ? Reversée comment ? Le syndicat national des éditeurs avait proposé un "droit de suite", sorte de deuxième droit d’auteur, sur la seconde main. Dubitatif mais ne souhaitant pas l’assumer publiquement, l’Elysée avait demandé au ministère de la Culture d’examiner la faisabilité juridique de la mesure. Egalement gênée, la rue de Valois avait soumis le dispositif au Conseil d’Etat qui vient, selon nos informations, de le retoquer sans ménagement : contraire à la législation européenne sur le droit d’auteur.
