Bêtes noires de Donald Trump, les anciens chefs du FBI et de la CIA visés par des enquêtes
Le ministère de la Justice américain a reconnu mercredi 9 juillet avoir ouvert des enquêtes criminelles visant l’ancien directeur du FBI James Comey et l’ancien directeur de la CIA John Brennan — deux cibles fréquentes de Donald Trump, qui ont joué un rôle dans l’enquête sur les liens entre sa campagne de 2016 et la Russie. Selon Fox News, l’enquête policière vise les deux anciens responsables pour de possibles "agissements répréhensibles" à l’occasion de l’enquête sur des soupçons de collusion entre la Russie et l’équipe de Donald Trump.
Lors de son premier mandat (2017-2021), le président républicain avait brutalement limogé James Comey en 2017, alors que le FBI enquêtait sur d’éventuelles ingérences russes dans la campagne présidentielle. L’enquête avait alors été confiée au procureur spécial Robert Mueller, son prédécesseur à la tête du FBI. Quant à John Brennan, directeur de la CIA sous Barack Obama, Donald Trump avait révoqué son habilitation secret-défense en 2018. Brennan avait notamment dénoncé une "collusion" entre l’entourage de Donald Trump et la Russie.
Mensonge au Congrès et 86 en coquillage
Auprès du Washington Post, des sources anonymes confient que "le directeur de la CIA, John Ratcliffe, avait transmis la semaine dernière le dossier de Brennan au FBI pour qu’il fasse l’objet d’une enquête criminelle pour avoir prétendument menti au Congrès". Cette accusation fait référence à la publication d’une évaluation par la CIA de Brennan en 2017, qui concluait que le président russe Vladimir Poutine avait cherché à aider Donald Trump à battre la démocrate Hillary Clinton. Le rapport de l’enquête incluait alors le "dossier Steele", compilé par un ancien agent de renseignement britannique — que Donald Trump et ses alliés ont toujours contesté, l’accusant de contenir des "affirmations non étayées" sur le milliardaire. Selon l’administration Trump, Brennan aurait plus tard menti au Congrès en affirmant ne pas avoir validé l’inclusion de ce dossier Steele dans l’évaluation.
L’étendue et la nature de l’enquête visant James Comey restent floues. Mais en mai dernier déjà, l’administration Trump avait ouvert une enquête sur lui pour avoir publié sur Instagram une photo de coquillages sur une plage formant les chiffres "86 47", comme le racontait alors le New York Times dans un article. Une image que certains ont interprétée comme une menace envers la vie du 47e Président des Etats Unis, le chiffre "86" étant un terme d’argot signifiant interdire ou éliminer quelqu’un. "L’accusation a provoqué une tempête en ligne, les partisans de Trump accusant Comey de comploter l’assassinat du président" relate le quotidien américain.
Celui-ci révèle qu’après l’épisode du post Instagram, "les forces de l’ordre ont suivi la voiture de James Comey et traqué son téléphone — des mesures normalement réservées aux menaces sérieuses". "Le Secret Service recevait des données de localisation de son téléphone, tandis que des agents fédéraux étaient stationnés à son domicile en attendant son retour", précise encore le journal.
"Des crapules finies"
Le ministère de la Justice "ne commente pas les enquêtes en cours", a esquivé ce mercredi 9 juillet une porte-parole du ministère. Donald Trump a quant à lui répondu à une journaliste : "Ce que je peux vous dire, c’est que ce sont deux personnes très malhonnêtes. Je pense que ce sont des crapules finies et peut-être qu’ils devront en payer le prix".
Lors de son premier mandat, rapporte encore le New York Times, Donald Trump avait fait pression sur le ministère de la Justice pour qu’il inculpe James Comey, et avait dit en privé à un de ses chefs de cabinet qu’il voulait "lancer l’IRS" (le fisc américain) contre lui. "Trump et ses alliés avaient promis, durant la campagne, de se venger de nombreux adversaires politiques", rappelle le Washington Post. Au début de son second mandat, le républicain a également signé des décrets visant à sanctionner certains avocats et cabinets d’avocats ayant travaillé sur l’enquête russe.
