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Июль
2025

"Emmanuel Macron m’a trahi" : entre le président et François Bayrou, le jour où la haine s'est installée

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Il arrive que la Ve République donne lieu à des parties de cache-cache mémorables. Parce que la politique et ses acteurs sont sans cesse épiés, décortiqués, analysés, certains éprouvent le besoin, quand vient l’heure de prendre une décision fondamentale, de se calfeutrer pour réfléchir en paix. Sans pression extérieure. Et avec la certitude que rien ni personne n’éventera une intention qui, peut-être, changera le cours des choses si l’effet de surprise est préservé. Tout le monde a droit à son Baden-Baden.

Il ne suffit pas d’ouvrir de grands yeux pénétrants et de donner à son interlocuteur le sentiment d’être considéré. Il faut écouter, aussi. S’il s’était astreint à cette discipline, Emmanuel Macron aurait sans doute entendu, lors de leurs nombreux échanges, la maxime de François Bayrou : "Gagner ou perdre, je m’en fous, pourvu que je gagne." Cela lui aurait évité bien des déconvenues. Le 13 décembre 2024, par exemple, il n’aurait pas reçu le centriste à 8h30 pour lui annoncer, après des semaines à le laisser espérer : "François, je vous invite parce que je ne vais pas vous prendre. En ce moment à Matignon, il ne faut pas quelqu’un de fort. Quelqu’un qui arrangera…"

Il n’aurait pas subi non plus la réplique glaciale du congédié, fumant de comprendre que le chef de l’Etat s’apprêtait à installer Rue de Varenne le "courtisan" Sébastien Lecornu : "Est-ce que vous vous êtes demandé pourquoi depuis huit ans je n’ai pas manifesté une seule fois le moindre écart ? Car j’ai cru qu’avec vous, on pourrait faire de grandes choses. Si vous choisissez Lecornu, ça veut dire que vous ne voulez pas faire de grandes choses, donc je m’en vais." Oui, si Emmanuel Macron avait pris la peine, pour une fois, de tendre l’oreille, il se serait épargné un mauvais drame.

"Allô Richard, tu es où ?"

Il est 10 heures, ce maudit vendredi 13, et François Bayrou n’est pas Premier ministre. Non, il est l’homme invisible. Certains de ses amis attendent le Haut-Commissaire dans les locaux du Plan, à deux pas des Invalides, mais ils ne voient rien venir, alors que seul un pont sépare l’Elysée de l’esplanade. D’autres songent qu’il va se rendre au siège du MoDem, comme on rentre à la maison après une grosse contrariété. Les mauvaises manières du président ont commencé à se faufiler dans les rédactions et ceux qui connaissent le maire de Pau se demandent quelle sera sa réaction. Que peut-il bien mijoter ? Quand sa voiture a quitté le palais présidentiel, il n’a appelé personne, il a simplement adressé un message à sa femme Babeth : "Ce n’est pas fait."

Pendant que le Béarnais veut tout déballer, un Breton déballe ses cartons dans la fraîcheur grise et tranquille d’un indolent matin de décembre. Non loin de l’Assemblée nationale, son ancien président a revêtu un pantalon de jogging. Richard Ferrand vient d’emménager dans un appartement encore vide et va réceptionner le mobilier qui doit garnir les lieux. Onctuosité du cocon en construction. Soudain troublée par la sonnerie du téléphone. 10h15, le livreur, déjà ? Oui, mais pas celui du canapé. C’est plutôt le facteur des mauvaises nouvelles au bout du fil. François Bayrou, dont Richard Ferrand défend, depuis la chute de Michel Barnier, la nomination à Matignon, paraît aussi furieux qu’impatient.

"– Allô Richard, tu es où, tu viens me voir au Plan ?

– Je ne peux pas, j’emménage. Pardon de te parler de choses très ancillaires, mais j’attends les meubles, j’ai raté deux fois la livraison.

– Tu habites où ? Je viens chez toi."

"Emmanuel Macron m'a trahi"

Richard Ferrand appuie sur le bouton de sa machine à café. Il a eu le temps d’enfiler chemise et pantalon de costume pour assister, serein, à la colère de François Bayrou. Ce dernier non plus n’a pas perdu une seconde, il a dans la poche de sa veste une feuille volante sur laquelle s’alignent les mots qu’il envisage de prononcer lors d’une conférence de presse si le choix du ministre des Armées, qui ne lui inspire que mépris, se confirmait. "Emmanuel Macron m’a trahi, Emmanuel Macron est duplice partout, tout le temps et avec tout le monde."

Voilà où mène la légèreté d’un président qui croit pouvoir recevoir à déjeuner dans les jours précédents non pas un mais "le" prétendant à Matignon, le questionner sur la composition de son futur gouvernement, et lui tourner le dos sans coup férir.

"Ils sont vicieux mais quand même pas à ce point..."

Bien sûr, Bayrou connaît les travers du chef de l’Etat. Il se souvient que la veille de son limogeage en janvier 2024, la Première ministre Elisabeth Borne a été priée lors d’un tête-à-tête à l’Elysée de réfléchir aux contours de la nouvelle équipe gouvernementale. Il a même ri de bon cœur en apprenant qu’un soupçon d’orgueil légitime avait poussé la même à interroger : "Mais on est en train de former le gouvernement de qui là ? De moi ou d’un autre ?" François Bayrou sait mais François Bayrou sait aussi, et mieux que tout le monde, qu’il s’appelle François Bayrou. On ne réserve pas le même traitement à un allié historique, inventeur du macronisme avant Emmanuel Macron. Quand il a reçu, dans la soirée du jeudi 12 décembre, le coup de fil de la secrétaire particulière du chef de l’Etat lui demandant de se rendre rue du faubourg Saint-Honoré le lendemain à l’aube, il a tenté de raisonner : "Ils sont vicieux mais quand même pas à ce point, ça doit vouloir dire quelque chose." Il y a bien eu ces alertes tardives de ses proches qui lui soufflaient que du palais s’échappaient des chuchotis sur un retour en grâce de l’hypothèse Lecornu. Mais le sage patron du MoDem n’y a pas cru. Comment pouvait-il ?

Richard Ferrand dépose un deuxième café devant son invité matinal. Leurs téléphones tressaillent et vrombissent à l’unisson sur la table de la cuisine. Journalistes, politiques, amis… Tout le monde veut savoir tandis que François Bayrou poursuit pour son unique confident le récit du discours qu’il a tenu au chef de l’Etat en cette matinée pleine de nuages : "Je peux concilier les contraires, j’ai toujours porté les enjeux de la dette et le fait de faire travailler des gens qui ne pensent pas pareil, c’est mon moment, je le sens, ce n’est pas normal de ne pas nommer un Premier ministre issu des rangs de ton premier allié." Sage Ferrand qui au courroux répond par une question :

"– Et que t’a dit le président quand vous vous êtes quittés ?

– Il m’a dit ‘François je vous remercie de cet échange et nous nous reparlons’."

"A partir de ce moment-là, vous allez vous détester, sans rémission"

Tandis que le maire de Pau vitupère et se cabre, le Breton a deux excellents réflexes. Le premier : transformer le troisième café en déca. Le second : considérer qu’un tel rapport de force imposé au chef de l’Etat par son principal partenaire ne peut que donner l’avantage à l’outragé. Des années d’amitié avec Emmanuel Macron passées à faire de la politique ont façonné le désormais président du Conseil constitutionnel en incomparable exégète de l’âme et du pouvoir macroniens. Si François Bayrou a réellement menacé – et il n’a aucune raison d’en douter – le président de censurer avec son groupe parlementaire tout gouvernement qu’il ne dirigerait pas, alors il a gagné la partie. Les troupes macronistes sont sorties meurtries et faibles de la dissolution, le compagnon MoDem leur permet de survivre mais sans lui… Richard Ferrand le dit à son hôte : "Tout cela veut dire que tu es nommé, à l’heure qu’il est, Emmanuel appelle Lecornu pour lui signifier que ce ne sera pas lui. Il n’a plus le choix." Puis, la mise en garde, nécessaire et glaçante : "Mais à partir de ce moment-là, vous allez vous détester, sans rémission. C’est tout."

Une sonnerie retentit. Le livreur ? Toujours pas, ni la valise RTL. Ce n’est pas le téléphone de Richard Ferrand qui vibre, mais celui de François Bayrou : l’Elysée le prie de revenir dans le bureau du président. Courant d’air, remerciements et claquement de porte. Dommage, c’est souvent plus pratique d’être deux pour l’assemblage des meubles. Une heure plus tard, nouvel appel sur le téléphone du Breton cette fois : "Je suis nommé." Tout n’était donc pas foutu. "J’ai été son Baden-Baden", confiera Richard Ferrand. Sauf que depuis, François Bayrou se prend pour Mendès France. Quand l’Histoire vacille.







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