Livret A : le taux va passer de 2,4 % à 1,7 % au 1er août
Conséquence du niveau d’inflation contenu au premier semestre, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy a proposé d’abaisser le taux du Livret A à 1,7 % au 1 août, contre 2,4 % actuellement. Cette baisse annoncée ce mercredi 16 juillet, inédite par son ampleur depuis 2009, est la deuxième de l’année après une première diminution de 3 % à 2,4 % le 1er février. Le ministère de l’Economie a rapidement approuvé cette proposition.
Aujourd’hui, les Français cumulent plus de 600 milliards d’euros d’épargne sur les Livrets A et les Livrets de Développement Durable et Solidaire (LDDS), plafonnés respectivement à 22 950 euros et 12 000 euros. Ces livrets leur permettent de conserver une épargne garantie, disponible et défiscalisée. Les Français en sont particulièrement friands.
Le taux du Livret A est calculé tous les six mois, mi-janvier et mi-juillet, à partir du taux moyen d’inflation (hors tabac) et d’un taux moyen d’intérêt interbancaire dépendant de la politique monétaire européenne, sur le semestre qui vient de s’écouler. Or ces deux éléments sont en baisse depuis le début de l’année.
Le gouverneur de la Banque de France a choisi pour le taux du Livret A, aussi valable pour le LDDS, de s’en tenir au strict calcul de la formule. Un tel taux reste supérieur à celui de l’inflation de juin, mesurée à 1 % sur un an, selon la dernière publication de l’Insee. "La fixation du taux du Livret A à 1,7 % continuera donc à protéger le pouvoir d’achat de ses détenteurs", a souligné la Banque de France dans un communiqué.
Elle offre aussi un bol d’air aux acteurs du logement social, qui empruntent au taux du Livret A, et aux banques, qui auront moins d’intérêts à verser aux épargnants en fin d’année. Éminemment politique, le taux du Livret A a fait l’objet de fréquentes dérogations ces dernières années - principalement au désavantage des épargnants.
Les ménages modestes affectés
Le taux du Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, passerait quant à lui de 3,5 % à 2,7 %, a par ailleurs recommandé mercredi le gouverneur. Selon le gouverneur de la Banque de France, ce taux fait l’objet d’un "coup de pouce", sa formule théorique le faisant ressortir à 2,2 %.
"Les mesures de soutien régulières pour promouvoir le LEP ont porté leurs fruits", se félicite la Banque de France, avec "presque 12 millions" de LEP ouverts. Ce total, loin des 19 millions éligibles, reste aussi sous l’objectif de 12,5 millions que la Banque de France s’était fixé pour l’été dernier.
L’argent placé sur les Livrets A et les LDDS est réparti entre les banques (40,5 %) et la Caisse des dépôts et consignations ou CDC (59,5 %). Les banques le transforment principalement en crédits à destination des petites ou moyennes entreprises (PME) et des très petites entreprises (TPE). La Caisse des Dépôts et Consignations, bras financier de l’Etat, scinde, au sein du Fonds d’épargne, son enveloppe en deux. Une moitié est dédiée à des prêts de long terme au logement social et à destination de la politique de la ville. L’autre moitié est investie dans des titres de dette (principalement d’Etat) et dans des actions de sociétés cotées.
L’opacité des placements de la CDC
La CDC a été critiquée cette année pour l’opacité de ses placements, dont certains dans des entreprises engagées dans la production de pétrole. L’organisation non gouvernementale Reclaim Finance accuse la CDC de manquer de transparence envers ses clients. Face à ces critiques, elle répond que son exposition aux énergies fossiles "demeure inférieure à 5 milliards d’euros". Depuis fin 2024, l’argent du Fonds d’épargne est aussi fléché, via les banques, vers des prêts dédiés à la transition énergétique et écologique.
Il pourrait également être mis à contribution pour financer la relance du nucléaire en France. Et "même si nous finançons les (réacteurs nucléaires) EPR, on aura toujours assez d’argent pour financer le logement social ou les collectivités locales", expliquait le 19 juin sur Franceinfo le nouveau directeur général de la CDC, Olivier Sichel.
