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Июль
2025

Les festivals français vont-ils disparaître ? Cette crise silencieuse qui menace tout un modèle

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Ce week-end, la population de la petite ville de Carhaix, en Bretagne, va bondir au rythme des notes de musique : 250 000 visiteurs sont attendus pour la 33e édition des Vieilles Charrues, qui se tient cette année entre le 17 et le 20 juillet. Avec une telle fréquentation, le festival est une des plus grosses manifestations du genre en dehors de la région parisienne et, fait pas banal, il est administré par une structure associative. Autrement dit, il n’est pas géré par un producteur privé et repose en grande partie sur l’investissement de nombreux bénévoles. Tous les bénéfices dégagés sont ensuite réinvestis dans les éditions suivantes.

Ce modèle original, prisé de certains festivaliers, ne le protège pas des difficultés financières que connaissent de nombreux acteurs du secteur, au contraire. "Pas de risque par rapport à l’organisation d’un festival en 2025", avait affirmé l’association lors du bilan de la précédente édition, qui s’est tout de même conclue avec un déficit d’un million d’euros. Et les Vieilles Charrues ne sont pas un cas isolé, ni en France, ni ailleurs dans le monde.

Aux Etats-Unis, nos confrères de CNN ont comptabilisé l’annulation d’une quarantaine d'événements de ce type avant même le début de l’été 2025. Certains, comme le festival Music Midtown d’Atlanta, réunissaient chaque année plus de 300 000 spectateurs. Au Royaume-Uni, le scénario catastrophe est le même : l’association des festivals indépendants britanniques rapporte l’annulation de près de 80 événements outre-Manche en 2024 et alerte régulièrement sur les difficultés que ses adhérents rencontrent cette année. En France, la situation n'est guère plus réjouissante. Un rapport du Centre national de la musique (CNM), publié cet hiver, a mis en évidence la crise financière qui secoue le secteur. Près de la moitié des festivals français étaient déficitaires l’année dernière, y compris des événements qui affichaient complet.

Pour près d'un festival sur deux, écouler sa billetterie ne suffit pas à être rentable.

Pour Emmanuel Négrier, directeur d’études politiques et sociales au CNRS, rattaché à l’Université de Montpellier, il faut être vigilant quand on fait la comparaison avec nos voisins britanniques. "Le nombre de festivals y est moindre, remarque ce spécialiste, et l’écosystème est globalement moins favorable qu’en France." Il cite notamment l’existence d’un statut d’intermittent "qui encourage les professionnels à multiplier les dates pendant la période estivale" ou encore la présence d’un "système de subventions plus efficace" qui rend les festivals français moins dépendants de la conjoncture économique que ceux de nos voisins.

"Des subventions publiques tombées à zéro"

Cependant, à l’heure où le déficit de la France est à son plus haut niveau, les collectivités locales doivent se serrer la ceinture. Ce sont bien souvent les activités culturelles qui subissent les premières coupes budgétaires, comme dans la région Pays de la Loire qui a largement sabré dans ces dépenses cette année. "En moyenne, nos adhérents ne sont subventionnés qu’à hauteur de 10 %, explique Aurélie Hannedouche, directrice du syndicat des musiques actuelles (SMA), mais le contexte actuel fragilise tous les équilibres financiers. Certaines structures ont vu leurs subventions publiques tomber à 0."

D’après le SMA, si la plupart des festivals français peuvent se maintenir, c’est en grande partie grâce au système de redistribution mis en place par le CNM. Celui-ci prélève une taxe de 3,5 % sur la billetterie de tous les événements qui est ensuite reversée aux organisateurs de deux manières différentes : 60 % leur reviennent directement tandis que les 40 % restants viennent alimenter un pot commun, reversé ensuite à certains événements sous la forme d’aides sélectives. Les festivals pouvant en bénéficier sont souvent des structures plus petites, plus rurales, avec un public de niche ou encore des organisations qui connaissent des difficultés financières temporaires. "Le problème, c’est que le montant reversé aux événements est plafonné. Le reste va directement dans les caisses de l’Etat", dénonce Aurélie Hannedouche qui milite pour une suppression de ce plafond, aujourd’hui fixé à 53 millions d’euros. Vu l’état de dégradation de nos finances publiques, pas sûr néanmoins que le gouvernement de François Bayrou accède à ses revendications.

La France possède un système redistributif qui permet de soutenir (entre autres) des festivals en difficulté.

Une économie peu florissante

L’épisode du Covid-19 a marqué durablement la trésorerie des festivals du monde entier. Contraints d’annuler soudainement leurs éditions 2020, la plupart des événements ont été indemnisés… mais depuis, le prix des assurances a flambé. Le secteur, particulièrement sensible aux aléas climatiques, a toujours été très dépendant de ses assurances mais leur facture s’alourdit d’année en année. En parallèle, le montant du cachet des artistes a lui aussi flambé, largement au-delà du niveau de l’inflation. "Inviter une tête d’affiche ces dernières années coûte entre 20 et 30 % plus cher qu’avant le Covid", souligne Aurélie Hannedouche. Cela s’explique notamment par la montée en puissance du streaming et la baisse des revenus issus de la vente d’albums. "Avant, on faisait une tournée pour vendre un CD, remarque Emmanuel Négrier, maintenant, la logique s’est inversée : on fait un disque pour vendre des billets de concerts."

Dans ce contexte, les festivals doivent rivaliser avec des acteurs plus puissants qu’eux, comme les stades ou les Arenas. "Ce sont nos principaux concurrents désormais", souligne le SMA qui déplore la programmation de têtes d’affiche en plein été. "Quand un artiste comme Jul remplit deux fois le Vélodrome au mois de mai, ça ampute le budget de nombreux festivaliers potentiels dans la région", détaille ainsi Aurélie Hannedouche. Reste que pour le moment, l’affection des Français pour leurs festivals ne se dément pas tout à fait : en région parisienne, des manifestations comme We Love Green ou Solidays ont encore fait le plein au début de l’été. "Ce n’est pas une économie florissante", admet Emmanuel Négrier qui, lui, se veut plutôt optimiste. "Il n’y a pas de 'festival bashing', c’est même plutôt l’inverse. Et notre système dispose de meilleurs amortisseurs que nos voisins", se réjouit-il. Pour l’instant.







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