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Июль
2025

Marie Barsacq, ministre des Sports : "Les Jeux ne sont pas une baguette magique, mais…"

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S’il suffisait de réintroduire la cassette de l’été 2024 dans un magnéto pour les rejouer à loisir… Depuis quelques jours, les messages imbibés de nostalgie des Jeux olympiques de Paris inondent les réseaux sociaux, jusqu’au compte Instagram du président de la République. "Les longs souvenirs font les grands peuples", chantonnait l’académicien Charles de Montalembert. Et puis, il faut se rendre à l’évidence : un an après la grande fête, les yeux ne sont plus rivés sur les médailles olympiques décrochées par les tricolores, mais plutôt sur les prochains arbitrages budgétaires de l’exécutif. Les ménages redoutent de voir leur pouvoir d’achat diminuer avec le gel des prestations sociales, et les entreprises, leur survie être menacée par une nouvelle salve d’impôts.

Les ministres, quant à eux, s’apprêtent à devoir renoncer à une part du budget qui leur est alloué. Trois, cinq, dix pour cent, voire plus ? Cette année, 44 milliards d’euros sont à économiser. Alors, avant d’enfiler son maillot de bain, chacun peaufine ses arguments pour défendre au mieux son enveloppe. Propulsée aux commandes du ministère des Sports, avenue de France, fin décembre, Marie Barsacq y travaille sans relâche. L’ancienne directrice exécutive du Comité d’organisation des JO 2024 craint que le sport ne serve de variable d’ajustement dans un contexte où les dépenses régaliennes apparaissent comme prioritaires. Une coupe de 18 % pend au nez de son ministère et risque d’ensevelir les engagements pris dans le sillage des Jeux. Entretien.

L’Express : Un an après Paris 2024, que reste‑t‑il aujourd’hui des Jeux ?

Marie Barsacq : L’héritage est déjà tangible, qu’il soit matériel ou immatériel. Le Village des athlètes s’apprête à recevoir ses premiers habitants à la rentrée. Le Centre aquatique olympique, le seul équipement sportif construit pour l’événement, est ouvert à la fois au grand public et au pôle plongeon de la Fédération française de natation. En Seine‑Saint‑Denis, où nous partions de très loin, le nombre de bassins par habitant dépasse désormais la moyenne nationale, et 20 gymnases ont été rénovés.

La région Ile-de-France semble néanmoins être la seule vraie grande bénéficiaire…

Tous les départements ont profité de la mise à niveau des Centres de préparation aux Jeux (CPJ) : plus de 200 sites sportifs ont été rénovés grâce à une enveloppe de l’Etat, afin d’accueillir les délégations étrangères dans les meilleures conditions. Ces travaux viennent s’ajouter aux deux vagues du plan "5 000 équipements", ce qui représente aujourd’hui un réseau dense de nouveaux terrains de sport, dojos, plateaux multisports ou pistes d’athlétisme répartis sur tout le territoire.

En Ile‑de‑France, territoire hôte, l’impact est naturellement plus marqué. L’étude conduite après les Jeux chiffre le gain économique net à 7,1 milliards d’euros. Mais la dynamique reste nationale. Les Jeux ont joué un rôle social déterminant. Dans la filière sécurité, nous avions parié sur le recrutement de demandeurs d’emploi : 30 000 personnes ont été formées, et 84 % sont aujourd’hui en CDI. La promesse d’un poste durable a été tenue, preuve que l’héritage dépasse les seuls équipements pour toucher à la vie quotidienne des Français. Et j’ajoute que 82 % des marchés publics ont été attribués à des TPE‑PME françaises, de Lille à Perpignan.

Certaines PME affirment pourtant que la notoriété acquise ne s’est pas traduite en hausse durable de leur chiffre d’affaires.

S’ils peuvent être un tremplin pour les entreprises capables de capitaliser sur cette vitrine mondiale, les Jeux ne sont pas une baguette magique. Près de 2 000 TPE‑PME ont participé à la chaîne d’approvisionnement olympique. Pour certaines, l’opération fut un one shot, pour d’autres, elle a déclenché une croissance durable. Je pense notamment à l’entreprise qui a fabriqué les sièges recyclés du Centre aquatique et de l’Arena La Chapelle : elle emploie désormais 120 personnes et vient d’ouvrir une seconde usine à Montceau‑les‑Mines. Bien sûr, il existe encore quelques cas isolés d’entreprises dont l’activité n’a pas particulièrement évolué. Mais pour celles qui sont vraiment positionnées dans le secteur du sport, les Jeux ont constitué une rampe de lancement.

Je m’intéresse à ce sujet de près, notamment à travers le suivi de la filière sport, que je préside avec le ministre de l’Economie et des Finances et le ministre chargé du commerce extérieur et des Français de l’étranger L’objectif est clair : aider ces entreprises à valoriser leur savoir-faire à l’export sur certains marchés clés comme par exemple les Etats-Unis, le Sénégal ou l’Arabie Saoudite. . Nous sommes en train de finaliser des contrats de filière avec plusieurs pays dont l’Arabie Saoudite et les États-Unis. Ce type d’accord cadre permet à plusieurs entreprises françaises de signer ensemble des contrats structurants sur des marchés où la demande est forte. Par exemple, nous avons également de nombreuses entreprises engagées au Maroc, en perspective de la Coupe du monde de football de 2030. Et il faut le souligner : les entreprises françaises spécialisées dans les grands événements sportifs s’exportent aujourd’hui remarquablement bien.

La reconversion des infrastructures est souvent le talon d’Achille des méga‑événements. Pouvez‑vous garantir qu’aucun "éléphant blanc" n’apparaîtra d’ici à 2030 ?

Oui, et les faits le prouvent déjà. Notre concept reposait à 95 % sur des sites existants ou temporaires. Le Centre aquatique fonctionne à plein : piscine de 50 mètres, bassin d’apprentissage, espaces aqualudiques, plongeoir à 10 mètres et capacité modulable jusqu’à 5 000 places pour les Mondiaux 2026. Les tribunes modulaires de Roland‑Garros et de l’Arena La Chapelle ont été revendues à la Fédération de handball pour la future salle de Caen. En Seine‑Saint‑Denis, les bungalows du Village des médias deviennent, eux, des logements étudiants. La passerelle qui reliait le Centre aquatique au Stade de France est conservée pour fluidifier la circulation piétonne. Et nous comptons poursuivre avec cette même philosophie pour les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises en ne construisant qu’une patinoire à Nice, elle aussi modulable. A terme, elle accueillera l’équipe de France de hockey, les clubs locaux et des événements culturels, avec une empreinte carbone divisée par deux par rapport à une aréna classique.

Une coupe de 18 % menace le budget du ministère des Sports. Tony Estanguet l’a qualifiée d’"incompréhensible". Vous aviez pourtant promis la stabilité de ce budget. Pouvez-vous, à ce stade, garantir qu’il sera maintenu ?

Les lettres plafonds définitives ne nous ont pas encore été adressées. D’autres échanges sont prévus à Matignon. Mais une chose est sûre, je resterai ferme. Le contexte budgétaire impose des efforts à tous les ministères, et le sport n’y échappe pas. Si le sport peut contribuer à l’effort national, il ne doit pas devenir une variable d’ajustement. L’engouement né des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 crée une dynamique que nous devons absolument préserver. Depuis 2018, nous avons enregistré 1 million de licenciés et 3,5 millions de pratiquants supplémentaires. C’est un mouvement inédit qu’il serait irresponsable de brider. C’est pourquoi il faut davantage ouvrir les équipements scolaires au sport associatif. Aujourd’hui, sur 28 000 installations scolaires recensées, seules 5 000 sont accessibles aux clubs le soir et le week-end. Nous visons à doubler ce chiffre d’ici à 2026, grâce à des conventions que nous négocions activement avec l’Education nationale et les collectivités territoriales. Cela suppose de sécuriser les crédits pour 2025 et 2026. Enfin, cette hausse massive du nombre de pratiquants nécessite des moyens humains. Nous avons besoin de 6 000 éducateurs sportifs supplémentaires, formés et déployés sur le terrain. C’est pourquoi je plaide pour une baisse budgétaire maîtrisée, comparable à celle de certains ministères, entre 4 et 6 %. Aller au-delà reviendrait à casser l’élan populaire et compromettre notamment l’objectif présidentiel des 10 000 équipements de proximité.

Fin septembre, un rapport sénatorial notait que la promesse de "trente minutes d’activité physique quotidienne" à l’école n’était appliquée que dans 42 % des établissements. Des progrès ont-ils été observés depuis, et comment s’assurer que ce temps soit respecté ?

Nous avons depuis comblé une partie importante de ce retard. La mesure des "trente minutes d’activité physique quotidienne" est désormais inscrite dans la circulaire de rentrée 2025-2026, signée par la ministre d’Etat, ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne. Certaines académies sont déjà exemplaires : Nice atteint 92 % d’écoles engagées, Reims 85 %, Rouen 83 %. Nous avons fixé un objectif intermédiaire de 75 % à la rentrée 2025, avec la généralisation à 100 % des 36 000 écoles élémentaires d’ici à 2026. Les principales difficultés subsistent dans certaines zones rurales et des quartiers urbains où l’encadrement est moins disponible. Nous y concentrons l’envoi des nouveaux conseillers pédagogiques et avons demandé aux recteurs d’académie de suivre mensuellement la progression.

Un an après, considérez-vous que le succès des Jeux paralympiques a fait évoluer l’opinion sur le handicap ? Voyez‑vous des marqueurs tangibles (emploi, médiatisation, infrastructures) de ce changement ?

La transformation est visible. Notamment chez les plus jeunes. Jamais autant d’élèves n’avaient assisté à des épreuves paralympiques : 280 000 en 2024, contre 45 000 à Londres en 2012 et 60 000 à Tokyo en 2021. Ce n’est pas anecdotique, c’est une génération entière exposée à une autre vision du sport, de la performance et du handicap. En outre, d’après une enquête Ipsos parue en septembre 2024, 78 % des Français affirment que les Jeux ont amélioré leur perception du handicap, contre 51 % avant l’événement. Ce changement de regard s’est également traduit sur le terrain de l’emploi. Quelque 1 200 volontaires en situation de handicap ont été formés aux métiers de l’événementiel, et 68 % d’entre eux ont décroché un emploi ou prolongé leur mission après les Jeux.

Certains regrettent toutefois le manque d’efforts consacrés à l’accessibilité et à l’aménagement urbain pour les personnes en situation de handicap. Que leur répondez-vous ?

Des progrès concrets ont été réalisés. Ce sont 1 000 taxis adaptés qui circulent désormais à Paris et 22 stations de métro qui ont été rendues totalement accessibles. Il existe une application gratuite, "AccessMap Paris", qui recense en temps réel les lieux accessibles et la disponibilité des taxis adaptés. On peut également se réjouir de l’effet visible des JO sur la pratique sportive. La Fédération française handisport a enregistré une hausse de 11 % du nombre de ses licenciés et la Fédération du sport adapté bat son record, avec une augmentation de 15 % depuis la rentrée 2024. En outre, le programme Clubs inclusifs, que nous avons lancé pour favoriser l’accueil des personnes en situation de handicap dans le sport de proximité, avance rapidement. Nous sommes à 2 700 clubs labellisés sur un objectif de 3 000 en 2026. Mais au vu de l’élan, nous visons désormais 4 000 clubs en 2027 et 5 000 d’ici à 2030, avec une dotation supplémentaire de 8 millions d’euros pour l’achat de matériel adapté.

Paris 2024 ambitionnait d’être les premiers "JO bas carbone", et les données consolidées confirment une baisse réelle des émissions par rapport à Londres 2012 ou Rio 2016. Les enjeux climatiques seront-ils encore plus élevés pour les JO d’hiver 2030 en France ?

Nous travaillons à un plan de mobilité décarbonée, avec la contribution de l’Etat et des collectivités territoriales. Ce plan est encadré par le CIJOP – le Comité interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques – qui a réuni une première session en juin pour en poser les grandes lignes. Un second CIJOP est prévu à l’automne, où sera présentée la stratégie complète de l’héritage des Jeux. En parallèle, nous venons de lancer, avec le ministre de l’Enseignement supérieur, un programme de recherche et d’innovation pour la haute performance, doté de 20 millions d’euros, à l’image de ce qui avait été fait pour Paris 2024. L’objectif est clair : accompagner nos athlètes dans les meilleures conditions possibles jusqu’en 2030. Rien n’est encore acté.

Les transports restent le principal poste d’émissions. Dans le cadre d’un événement international, est-il réellement possible d’agir efficacement à ce niveau ?

Il convient d’encourager les déplacements ferroviaires pour toutes les délégations et tous les spectateurs européens. Le train est évidemment beaucoup moins émetteur de carbone que l’avion, et nous comptons le promouvoir activement pour réduire l’empreinte environnementale des Jeux. Bien sûr, cela ne concernera pas les délégations extra-européennes — nous ne demanderons pas aux athlètes américains de venir en train. Il y aura donc une part incompressible d’émissions liées aux déplacements longue distance. C’est précisément là qu’intervient la question de la compensation carbone. Il faut considérer cette contrainte comme une opportunité de financer des projets environnementaux structurants. La réflexion est engagée pour que ces compensations aient un impact concret, mesurable, et localisé autant que possible.

Quelle leçon tirez-vous des JO 2024 pour l’organisation des Jeux d’hiver 2030 ?

Je parlerais plutôt de recette gagnante que de leçon (rires). Nous avons mis en place, pour Paris 2024, des programmes efficaces qu’il serait dommage de ne pas poursuivre. Je pense notamment à ceux développés avec l’Education nationale, pour changer le regard des enfants sur le handicap. C’est typiquement ce que nous voulons prolonger. Nous avons également mené des actions pour mobiliser l’ensemble des territoires avec le programme "Terre de Jeux 2024", qui a permis de faire résonner les Jeux de Paris dans toute la France. Aujourd’hui, le Comité d’organisation des Jeux de 2030 travaille à décliner un programme équivalent, pour que les Alpes françaises résonnent à l’échelle de tous les territoires. Nous allons donc redéployer ces recettes, avec une attention particulière portée à la montagne et au milieu naturel.







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