Ligue 1+ : Sabotée avant même le coup d’envoi ?
Lancée le 15 août prochain, la chaîne Ligue 1+ devait incarner le renouveau audiovisuel du championnat de France. Mais à quelques jours de son lancement, deux acteurs clés du paysage médiatique refusent de lui tendre la main. Pas de publicité sur leurs antennes, aucune distribution via leurs services, et même un verrouillage des talents approchés. Ce qui devait être une simple rivalité commerciale ressemble de plus en plus à un front organisé.
Selon L’Équipe, Canal+ et beIN Sports ont refusé jusqu’ici de vendre des espaces publicitaires à Ligue 1+ pour sa campagne de lancement. Un coup dur, alors que la LFP compte sur une forte dynamique d’abonnements dans les dix premiers jours pour atteindre la rentabilité. Pire encore, Canal+ aurait fermé la porte à toute distribution, y compris non exclusive, malgré les potentielles commissions évoquées par LFP Media pour un million d’abonnés. Du côté de la chaîne cryptée, on évoque des conditions trop éloignées, et surtout un préjudice non digéré : celui du contrat Amazon entre 2021 et 2024, qui avait laissé Canal+ sur la touche tout en maintenant son engagement financier.
La manœuvre invisible : Comment étouffer Ligue 1+
Loin de se contenter d’un simple retrait, Canal+ a également bloqué les départs de certains de ses visages emblématiques, approchés par la LFP. Samir Nasri, notamment, aurait décliné l’offre Ligue 1+ pour prolonger jusqu’en 2029 avec la chaîne cryptée. Dans l’ombre, beIN Sports adopte une posture tout aussi offensive : le groupe franco-qatarien a demandé à la LFP de revoir l’alternance des affiches PSG/OM afin d’attirer davantage d’abonnés via son propre pack, déjà inclus dans les offres Canal. Plus troublant encore, l’abonnement beIN est désormais offert à certains clients jusqu’en juillet 2026, un geste interprété comme une tentative d’asphyxier le lancement de Ligue 1+.
Une riposte encore possible pour la LFP
Face à cette pression coordonnée, la LFP tente de réagir. En multipliant les accords avec les FAI, les fabricants de TV connectées ou des plateformes tierces, la Ligue espère contourner l’obstacle Canal/beIN. Des campagnes alternatives, des partenariats avec des influenceurs, voire des offres jeunesse à prix réduit, sont également à l’étude. La tournée des clubs et supporters pourrait permettre de recruter sur le terrain. Mais le nerf de la guerre reste le timing : si le cap du million d’abonnés tarde, la trésorerie de la Ligue pourrait en souffrir. Si la dynamique prend, au contraire, l’effet boule de neige pourrait redessiner le paysage médiatique français.
Sabotage calculé ou guerre commerciale classique ? Pour l’instant, aucun acteur ne le reconnaît officiellement. Mais les positions sont claires. Le 15 août marquera le vrai point de bascule : soit Ligue 1+ trouve des relais puissants auprès du public, soit elle s’écrase sur le mur dressé par ses anciens alliés. Une chose est sûre : la bataille ne fait que commencer.
