François Bayrou et le budget 2026 : débloquons la France ! Par Eric Chol
Le 10 septembre, nous dit-on, la colère grondera dans la rue et la radicalité l’emportera. L’emportera sur quoi ? Sur un projet de budget taxé de "dévastateur", qui viserait à faire les poches des "milieux populaires […] voués à une violence sociale sans précédent", promettent les futurs bloqueurs du pays.
Voici François Bayrou prévenu : son budget, personne n’en veut, qu’il s’agisse des 43,8 milliards d’euros économies ou des deux jours fériés supprimés. Sacrés Français, toujours aussi rétifs aux leçons d’économie, et bercés par les comptines d’une extrême gauche dont le seul slogan se résume à faire la peau des "500 fortunes qui se gavent déjà au-delà de tout ce qui a été vu depuis des générations".
Face à cette révolte organisée, le Premier ministre, déjà en sursis, a choisi de siffler la fin de la récréation, en demandant un vote de confiance le 8 septembre prochain.
Faut-il rappeler que le budget de François Bayrou a l’immense mérite, au regard des urgences du pays, d’afficher des mesures fortes et de viser peu ou prou l’ensemble des Français ?
Il signe le retour de l’austérité, rétorquent ses détracteurs. Austérité ? Celle-ci doit alors bien se cacher : avec des dépenses publiques en augmentation en 2026, il serait plus juste de parler de modération budgétaire. "Ce plan est un premier pas significatif vers le redressement, qu’il faudra poursuivre pendant trois années", relève Olivier Redoulès, directeur des études chez Rexecode. Le prix à payer pour éviter la fameuse chute de la falaise. Dette abyssale, déficit record, charges d’intérêt gloutonnes : sur la corde raide, la France tangente chaque jour un peu plus le spectre de la faillite.
Et ceux qui jurent vouloir "tout bloquer" risquent surtout de conduire nos financeurs à bloquer le robinet du crédit, indispensable pour assurer les fins de mois du pays. A raison de 300 milliards d’euros empruntés en 2025, la France peut difficilement se le permettre.
Reste le chemin budgétaire de ronces et d’épines tracé par François Bayrou. Certes, celui-ci reste flou et fait preuve d’optimisme dans ses hypothèses. Mais il a le mérite d’exister. Avis aux députés, prêts à faire sauter le Premier ministre. Mais pour quoi faire, sinon instaurer le chaos qui coûtera cher au pays ? "Les Français se sont relevés de deux guerres mondiales, on sortira de cette situation-là", veut croire François Bayrou.
Courageux et/ou suicidaire, le maire de Pau promettait de la rigueur et des larmes. En 1598, Henri IV, bien conseillé par Sully, sut, en l’espace d’une poignée d’années, redresser un pays promis à la ruine. "Grâce à une baisse rigoureuse et drastique des dépenses, et un accroissement des recettes, il parvint à équilibrer le budget et réduire la dette", raconte Jean-Christian Petitfils, auteur d’Henri IV (Perrin, 2021). Un rétablissement spectaculaire, qu’a en tête François Bayrou, spécialiste du "bon roi Henri" : il sait aussi que cette restauration financière s’accompagna de soulèvements dans le pays, surnommés les émotions populaires. Celles qui risquent de l’emporter le 8 septembre.
