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Август
2025

Syrie : Ahmed al-Charaa, l’ancien djihadiste qui pourrait faire la paix avec Israël

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Devant cette frontière, la guerre des Six-Jours (survenue en juin 1967) s’éternise depuis plus de cinquante ans. Deux simples grillages de trois mètres de haut séparent ces ennemis de toujours : la Syrie et Israël. A Majdal Shams, village du côté israélien du plateau du Golan, le calme domine en cet étouffant mois de juillet, mais Maia Farhat fulmine en pointant son doigt vers Damas, à moins de 50 kilomètres de là. "Ce qui se passe en Syrie est notre pire cauchemar : rien ne pouvait être plus terrible qu’un pays voisin contrôlé par Joulani [NDLR : le nom de guerre du président syrien Ahmed al-Charaa] et ses sbires de Daech ou d’Al-Qaeda, assure cette militante druze du Golan, un grand drapeau de sa communauté à la main. A leurs yeux de djihadistes, nous, les Druzes du Golan, sommes doublement infidèles : non seulement nous sommes druzes mais nous sommes aussi israéliens. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne viennent nous massacrer."

Ces temps-ci, les habitants de Majdal Shams, conquis militairement par l’Etat hébreu en 1967, n’ont pourtant pas grand-chose à craindre de leurs voisins. De l’autre côté de la frontière, seul un petit bâtiment de l'ONU se dresse, complètement vide au beau milieu de collines désertiques. Des milliers de soldats israéliens contrôlent désormais l’endroit, après avoir profité de la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024 pour s’emparer de la zone tampon de plusieurs kilomètres qui séparait les deux pays. Israël a, de nouveau, repoussé sa frontière avec la Syrie. "La banlieue sud de Damas frôle la frontière israélienne, donc, dans cette zone, nous n’avons aucune marge de manœuvre, justifie un responsable israélien. Si des pick-up Toyota chargés de terroristes ou des tanks foncent en direction d’Israël, nous devons être en mesure de réagir dans la minute. Nous accordons le bénéfice du doute au nouveau pouvoir syrien, mais ses troupes sont infestées de djihadistes, notamment d’anciens de Daech…"

Le pari de Trump sur al-Charaa

Malgré ce gouffre entre les deux pays, le changement de régime à Damas offre une opportunité inédite pour de nouvelles relations entre Israël et la Syrie. Depuis sa prise de pouvoir en décembre 2024, Ahmed al-Charaa s’est gardé de toutes menaces ou même critiques envers les autorités israéliennes. Y compris quand Tsahal bombarde les infrastructures militaires de Damas ou installe ses bataillons sur la partie syrienne du mont Hermon, le plus haut sommet de la région. En coulisses, le nouveau pouvoir négocie : les anciens djihadistes ont besoin de la reconnaissance internationale des Occidentaux et de leurs financements pour asseoir leur contrôle sur l’ensemble de la Syrie. Impossible, dans ces conditions, d’apparaître comme une menace pour Israël.

D’autant que Donald Trump a décidé de miser sur Ahmed al-Charaa, poussé par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Les trois hommes se sont rencontrés à Riyad, le 14 mai, peu avant la levée totale des sanctions américaines contre Damas. En échange, la Syrie doit négocier avec Israël pour, à terme, rejoindre les accords d’Abraham. "La levée des sanctions par Trump offre une immense opportunité à Israël puisque la Syrie dépend désormais des Etats-Unis, se réjouit le colonel de réserve israélien Kobi Marom. Le déroulé des événements à Damas constitue une chance exceptionnelle pour Israël et pour notre sécurité." Début août, l’agence de presse officielle syrienne a mentionné, pour la première fois depuis 2000, une rencontre à Paris entre des ministres des deux pays. Puis le 14 août, le président al-Charaa a confié à un groupe de journalistes arabes qu’il pourrait signer un accord de sécurité avec l’Etat hébreu. Il n’a pas écarté de conclure, un jour, un accord de paix avec l’ennemi héréditaire.

D’après la presse locale, les négociations actuelles ont pour cadre les lignes d’armistice décidées en 1974, après la guerre du Kippour, prévoyant un retrait des forces israéliennes de la zone tampon et rétablissant la souveraineté aérienne de la Syrie. Les Israéliens, eux, exigent que l’Etat syrien empêche toute milice armée et toute organisation palestinienne d’approcher de leurs frontières. Leur objectif ultime : la création d’une vaste zone démilitarisée dans le sud de la Syrie. "Il nous faut un accord de sécurité qui tienne pendant quelques années, ce qui nous permettra de développer une relation de confiance pour, enfin, signer un traité de paix, espère Gideon Harari, spécialiste de la Syrie et ancien du renseignement israélien. Mais il ne faut pas oublier que les Syriens comme les Israéliens ont grandi et ont été éduqués avec l’idée que l’autre était l’ennemi. Ça ne va pas changer en une seule année."

Quand Tsahal bombarde Damas…

A Damas comme à Jérusalem, la méfiance règne malgré les pourparlers. "Vous devez faire la paix avec vos ennemis, pas avec vos amis", résume Gideon Harari. Signe d’hostilité, de nombreux officiels israéliens utilisent encore le nom de guerre d’Ahmed al-Charaa pour en parler, à l’image du ministre de la Défense Israël Katz en mars dernier : "Al-Joulani a troqué son uniforme pour un costume mais les masques tombent et son véritable visage reste celui d’un terroriste djihadiste nourri à l’école d’Al-Qaeda, qui commet des actes horribles contre sa population civile." Pourtant, le nouveau pouvoir à Damas n’a pas empêché l’aviation israélienne de survoler son espace aérien pour aller frapper Téhéran en juin, et n’a montré aucune hostilité envers les forces de Tsahal présentes à sa porte. Pour l’instant. "C’est la seule et vertigineuse question de l’après-Assad : Joulani/al-Charaa est-il un terroriste portant un joli costume et construisant un Etat islamiste, ou cette prise de pouvoir l’a-t-elle changé ?", analyse le colonel Kobi Marom.

Cet été, l’épisode violent de Soueïda a menacé de faire s’effondrer le château de cartes des négociations. Le 13 juillet, des troubles éclatent entre les Bédouins et les Druzes dans cette province de sud-ouest de la Syrie, et Damas envoie ses troupes pour contrôler cette zone à majorité druze : des exactions sont commises, plus de 1 000 personnes tuées et l’armée israélienne décide d’intervenir pour faire reculer al-Charaa. Ses avions frappent les forces syriennes près de la ville, puis des bâtiments officiels à Damas et les abords du palais présidentiel. "Nous avons envoyé un message", nous explique alors une source militaire israélienne. Le gouvernement syrien recule et, depuis, un cessez-le-feu tient péniblement dans la région.

"Bombarder Damas était une grave erreur, soutient Gideon Harari. Al-Charaa est un islamiste radical, mais c’est le président de la Syrie, et un gars très intelligent et pragmatique. Si vous voulez qu’il reste au pouvoir à Damas, alors vous ne le bombardez pas ! Nous avons donné des arguments à ses opposants qui rejettent toute relation apaisée avec Israël." Si le président syrien a su s’imposer sur la scène internationale, il tente encore de survivre - littéralement - en interne : plusieurs sources indiquent que le régime a déjà déjoué au moins trois tentatives d’assassinat contre al-Charaa, qui se trouverait notamment dans le viseur de ses anciens alliés de Daech.

Le chef du groupe islamiste (HTS) Abou Mohammad al-Joulani, qui se fait désormais appeler par son vrai nom, Ahmed al-Charaa, à Damas le 8 décembre 2024

La stratégie agressive israélienne dépasse en réalité le cadre des violences confessionnelles à Soueïda : comme nous le confie un officiel haut placé, il est indispensable pour Israël de maintenir un Etat syrien faible afin de négocier dans les meilleures conditions. "Selon nous, le degré de modération des autorités syriennes est directement lié à leur faiblesse : tant qu’ils sont faibles, ils seront pragmatiques, assure-t-il. Nous ne sommes pas opposés à ce que la Syrie devienne un Etat fort, mais ce serait comme demander à la France de 1939 si elle souhaite un Etat allemand fort : pas de problème si on parle de l’Allemagne démocratique post-Seconde Guerre mondiale, mais si on parle de l’Allemagne nazie, alors mieux vaut qu’elle soit la plus faible possible."

Damas, théâtre de la lutte entre Netanyahou et Erdogan

La méfiance israélienne provient aussi des batailles d’influence au Moyen-Orient : la Turquie de Recep Tayyip Erdogan a financé et armé les rebelles de HTS, le groupe d’al-Charaa, avant sa conquête de Damas. Aujourd’hui, Ankara tente d’obtenir les fruits de ses investissements. "Erdogan veut rétablir l’empire ottoman et ce changement de régime lui offre une opportunité en or : il peut tirer les bénéfices économiques de la reconstruction de la Syrie et réarmer le pays, estime le colonel Marom. Un nouvel axe turc risque de se créer dans la région, profitant de la chute de l’axe iranien : c’est une menace pour Israël."

Depuis le 7-Octobre et le début de la guerre à Gaza, la Turquie fait partie des critiques les plus virulentes de l’Etat hébreu. Erdogan a menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement contre Israël, afin de mettre un terme à ce qu’il dénonce comme un génocide dans l’enclave palestinienne. En réponse, cet été, Netanyahou a mentionné pour la première fois le génocide arménien, commis par l’empire ottoman en 1915-1917 mais encore nié par Ankara aujourd’hui. "Les Israéliens considèrent la Turquie comme la nouvelle menace [NDLR : au Moyen-Orient] et c’est en partie pour cela qu’ils ont frappé la Syrie, indiquait le chercheur Adel Bakawan à L’Express en juillet, après les bombardements sur Damas. C’est un message à Erdogan : certes, les Américains vous ont laissé la main sur la Syrie, mais nous vous observons et nous aurons le dernier mot, nous ne vous laisserons pas devenir une menace pour notre sécurité et notre stabilité."

Sur ce dossier, tout dépendra de la direction que prendra al-Charaa : pragmatisme diplomatique ou idéologie islamique. L’ancien d’Al-Qaeda, fondateur du front Al-Nosra, pourrait rencontrer Netanyahou à New York en septembre, en marge de l’Assemblée générale de l'ONU. Une décision historique, à laquelle ose croire Gideon Hariri, qui a travaillé pendant vingt-cinq ans sur le dossier syrien au sein des renseignements israéliens. "Le modèle d’al-Charaa, c’est l’Arabie saoudite : un pays islamique mais très pragmatique, avance ce spécialiste de la région. Il sait que la Syrie n’est pas un pays très religieux et qu’il sera difficile d’en faire un nouveau califat. Israël doit comprendre à quel point il s’agit d’une immense opportunité, et que celle-ci ne va pas durer longtemps." Après des décennies de guerre, l’histoire pourrait maintenant s’écrire en quelques jours.







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