Réseaux sociaux : quand la commission d’enquête parlementaire s’inspire de la Chine
« S’agissant des pays dans lesquels cela peut déjà exister […], on a la Chine ». C’est par ces mots que Laure Miller, députée du groupe Ensemble et rapporteuse de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, justifie un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, entre 22 h et 8 h, et l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
Certes, ces plateformes, notamment TikTok, présentent des risques psychologiques pour les adolescents, mais l’interdiction est-elle vraiment la solution ? En France, plus de 50 millions de personnes, soit environ trois sur quatre, sont actives sur les réseaux sociaux, moyens de socialisation incontournables.
Pour la tranche d’âge de 15 à 30 ans, plus de la moitié (53 %) utilise les réseaux sociaux pour s’informer.
Chez les jeunes, 69 % utilisent TikTok. Pour la tranche d’âge de 15 à 30 ans, 53 % utilisent les réseaux sociaux pour s’informer, permettant aux jeunes d’exercer leur esprit critique et d’avoir accès aux informations plus rapidement. 68 % des 15-24 ans interagissent socialement en commentant, partageant ou échangeant avec leurs amis et abonnés, et 51 % s’y divertissent, en regardant des vidéos ou en écoutant de la musique.
Instaurer un contrôle généralisé sur l’activité numérique des mineurs, à la manière du modèle autoritaire chinois, pose de sérieuses questions sur nos libertés fondamentales. La loi a déjà instauré la majorité numérique à 15 ans (pas encore appliquée, faute de l’aval de la Commission européenne), et l’on envisage aujourd’hui de nouvelles restrictions pour les 15-18 ans : quelle sera la suite ? Les enfants ont des familles ; ce n’est pas à l’Etat d’interdire ce qu’ils peuvent faire, mais aux parents d’encadrer leur usage des réseaux sociaux.
Illustration de couverture ©Freepik
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