Paralysie budgétaire : les plans de Donald Trump en cas de shutdown
Il reste un peu plus de 24 heures aux élus démocrates et républicains du Congrès pour se mettre d’accord sur un budget, avant que l’Etat fédéral ne soit paralysé. Cette paralysie budgétaire, appelée "shutdown" outre-Atlantique, signifierait qu’une grande partie des services fédéraux seraient mis à l’arrêt, avec des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage technique, un trafic aérien chamboulé, mais aussi de fortes perturbations dans le versement d’aides sociales.
Face à de possibles blocages, la Maison-Blanche a déjà déclaré envisager des licenciements massifs et permanents dans les agences gouvernementales, selon la presse américaine, dont le média en ligne Politico qui a publié jeudi dernier une note de service de l’administration Trump détaillant ce plan.
Des plans de réduction des effectifs
"Au cours des dix derniers exercices fiscaux, le Congrès a systématiquement adopté (un budget) au plus tard le 30 septembre de manière bipartisane", rappelle le républicain Russel Vought, directeur du Bureau de la gestion et du budget (OMB) à la Maison-Blanche, dans cette note adressée aux agences gouvernementales. "Malheureusement, les démocrates du Congrès ont indiqué vouloir rompre cette tendance bipartisane et bloquer le gouvernement dans les jours à venir à cause d’une série de demandes insensées", poursuit-il.
Dans ce document, Russel Vought demande ainsi aux agences fédérales de concevoir des plans de réduction des effectifs pour les employés travaillant dans des programmes qui n’ont plus de financement, ni d’autre source de financement extérieur disponible. Dans la même note, le directeur du bureau de la gestion du budget explique que les licenciements effectués ne seront cette fois-ci pas temporaires le temps d’établir un budget, mais définitifs, notamment pour les emplois dans des programmes "qui ne sont pas conformes aux priorités du président Donald Trump".
Le mémo de l’OMB indique que toute réduction effectuée après la date limite de financement, soit le 30 septembre, serait permanente. Selon le plan Russel Vought, seules les agences bénéficiant du programme One Big Beautiful Bill de Donald Trump, le plan de relance de 4 100 milliards de dollars sur la fiscalité et l’immigration adopté par le Congrès en juillet, pourraient continuer à fonctionner sans problème, rapporte The Washington Post. Les départements de la Défense et de la Sécurité intérieure en ont été les principaux bénéficiaires.
Le mémo de la Maison-Blanche, une "tentative d’intimidation"
De nombreux républicains, y compris des responsables de l’OMB, ont rapporté dans la presse que les licenciements sont évitables si les démocrates ne bloquent pas le budget. Dans les faits, les républicains disposent de la majorité aux deux chambres du Congrès, mais en raison du règlement du Sénat, le parti de Donald Trump doit négocier avec les démocrates pour obtenir au moins sept de leurs voix. Mais les démocrates, qui font planer la menace d’un shutdown, exigent notamment que les républicains rétablissent des centaines de milliards de dollars en dépenses de santé.
Si le Congrès adopte un projet de loi budgétaire avant la date limite, "les étapes supplémentaires décrites dans cette note ne seront pas nécessaires", indique le mémo de l’OMB. Mais le budget de Trump, publié en mai, appelle à des réductions substantielles dans le même sens, rappelle The Washington Post. La Maison-Blanche a demandé au Congrès de réduire les crédits annuels pour le département d’Etat de près de 84 %, 43 % pour le ministère du Logement et d’environ 35 % pour celui du Travail. En cas de shutdown, ce sont les agences qui interagissent directement avec les individus et fournissent des services publics qui seraient les plus impactées.
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, cité par le New York Times, a qualifié le mémo de la Maison-Blanche de "tentative d’intimidation". "Donald Trump licencie des employés fédéraux depuis le premier jour, non pas pour gouverner, mais pour faire peur", a estimé Chuck Schumer. "Ce n’est pas nouveau et cela n’a rien à voir avec le financement du gouvernement", a-t-il ajouté auprès du quotidien new-yorkais.
