Le pouvoir algérien manœuvre pour faire taire les avocats
Alger suit les traces de Napoléon qui voulait « couper la langue à un avocat qui s’en (servait) contre le gouvernement ».
La Croix rapporte que le bâtonnier d’Alger s’est permis d’adresser une note aux avocats de la région pour leur demander de s’abstenir de toute déclaration publique sans son autorisation préalable. Plus précisément, il leur a intimé de ne plus s’adresser aux médias, de ne plus publier sur les réseaux sociaux, de ne plus effectuer d’activité de conseils sur les chaînes de télévision ou les réseaux sociaux et ce, sous peine de sanctions.
Lorsqu’un pouvoir a une nature dictatoriale ou qu’il entend brider les libertés, il a toujours tendance à s’occuper avec beaucoup d’attention de la basoche en général et des avocats en particulier. Les autorités algériennes ne dérogent pas à la règle. On se souvient des difficultés pour l’écrivain Boualem Sansal de se faire assister d’un avocat français et des bruits selon lesquels il lui avait été gentiment conseillé de désigner un « avocat français non juif »… Mais il ne faut pas oublier que nos confrères algériens exercent leur métier avec force difficultés. Pour ne prendre qu’un exemple, plusieurs d’entre eux ont été poursuivis et même condamnés pour avoir osé défendre des personnes qui avaient manifesté à la fin des années 2010 ou au début des années 2020 contre le régime.
Six associations de la diaspora algérienne dans le monde ont protesté contre les nouvelles brimades infligées aux avocats dans une tribune parue le 2 octobre. L’ancien vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, dissoute par le gouvernement en 2023, a lui aussi fait part de sa désapprobation.
Toute cette affaire témoigne de l’embarras d’un régime qui tente de réduire au silence toute voix discordante et de faire disparaître les derniers contre-pouvoirs.
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