Retraites : le prix Nobel d’économie Philippe Aghion plaide pour le système à points
Le prix Nobel d’économie 2025 a plaidé mardi 21 octobre pour la retraite à points, qui conviendrait, selon lui, "à la psychologie des travailleurs français". Philippe Aghion, qui avait appelé à la suspension de la réforme des retraites pour "retrouver une sérénité et éviter une nouvelle censure", a remarqué sur Radio Classique qu’il était, à l’époque de la réforme, pour un âge de départ à "63 ans avec (clause de) revoyure", ce que la CFDT notamment "trouvait raisonnable". "On arrive à ça pratiquement", en "arrêtant l’horloge" pour l’instant à 62 ans et 9 mois", a-t-il observé. "Mais je pense qu’il faudra une réforme plus fondamentale, celle du système à points", a-t-il souligné.
Il en a rappelé le principe : "Chaque point est défini en pourcentage du salaire moyen, et quand vous souhaitez liquider votre retraite, les points sont convertis en revenu de retraite sur la base de la valeur du point, qui augmente chaque année avec le salaire moyen". "Vous pouvez choisir de partir plus tard et d’avoir une retraite plus grande", avec "éventuellement un nombre d’années de travail minimum".
Pour lui, "un système à points donne aux gens la liberté, ça me paraît un système qui convient à la psychologie des travailleurs français". La retraite à points est notamment défendue par la CFDT, sa secrétaire générale Marylise Léon défendant un régime "profondément juste" qui permet aux travailleurs d’avoir "la main sur l’âge auquel ils veulent partir et le montant de la pension dont ils veulent bénéficier".
"Une option" considérée par Emmanuel Macron
La semaine dernière, Philippe Aghion avait assuré qu’Emmanuel Macron "pensait à l’idée d’un référendum sur la réforme à points", à laquelle il avait renoncé en 2023. Mardi, il a plus prudemment estimé que le président de la République "considère" une telle réforme, "la regarde comme une option". Une conférence des partenaires sociaux consacrée aux retraites doit s’ouvrir prochainement.
Interrogé sur ses relations avec le président de la République, qu’il a conseillé mais avec lequel il a eu des désaccords, comme sur la retraite à 64 ans, Philippe Aghion a indiqué n’être "jamais passé de l’adulation au bashing (dénigrement NDLR) : il y a des gens, des gens de cour, ils adulent complètement au début et ils décapitent à la fin, je ne fais ni l’un ni l’autre, j’ai toujours été ami critique".
Il a aussi souhaité "davantage d’interface", en France, "entre la recherche, l’université et la prise de décision", trouvant un seul exemple "d’un universitaire devenu ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn". En France, "la tradition passe davantage par les grands corps, les grandes écoles, l’ENA", a-t-il noté.
