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Октябрь
2025

Cambriolage au Louvre : comment faire disparaître un butin impossible à vendre

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Le voleur était un esthète. De 1995 à 2001, Stéphane Breitwieser, surnommé "l'Arsène Lupin des musées", a effectué près de 250 vols dans des musées français, suisses et belges. Tableaux de maîtres, statuettes d'ivoire, vitraux, faïences… Collectionneur pathologique, il avait conservé ces oeuvres - dont le total était estimé à 2 milliards d'euros selon le New York Times - dans un petit pavillon de banlieue. D'autres cambrioleurs ont aujourd'hui un problème inverse : faire disparaître un butin devenu quasiment impossible à vendre.

Les bijoux du Louvre seront-ils fondus, cachés, ou remis à un commanditaire ? Dimanche 19 octobre, un commando de quatre malfaiteurs a fait main basse sur des objets d'une "valeur patrimoniale inestimable" - pour reprendre l'expression de la ministre de la Culture. Le collier de la parure de saphirs de la reine Marie-Amélie et le diadème de l'impératrice Eugénie ont notamment été dérobés. Mais ce n'est qu'un début. Ils doivent désormais trouver un receleur, alors qu'une soixantaine d'enquêteurs sont mobilisés et que leur vol a fait le tour du monde.

"Ces bijoux volés ne peuvent plus être commercialisés ou vendus sur le marché de l'art international. Ils sont devenus beaucoup trop identifiables", assure Me Anne-Sophie Nardon, avocate en droit du marché de l'art. Lors d'un achat ou d'une vente, les professionnels de l'art sont tenus de vérifier la provenance d'un objet via les bases de données d'Interpol, Psyché, ou de l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels, Treima, qui recensent les oeuvres disparues. "Personne ne va vendre des bijoux pareils sans vérifier leur provenance. Ils ne pourront circuler que sur le marché noir", poursuit l'avocate. Mais même vendues sous le manteau, ces pièces sont trop exceptionnelles pour ne pas attirer l'attention.

Destruction

Première option à leur disposition, la plus brutale : détruire les pièces subtilisées. "Il faudra sans doute que la personne qui les a désormais en main - toujours les voleurs ou un intermédiaire -, fonde l'or et dessertisse les pierres, de manière à rendre les pièces non-reconnaissables", reprend-elle. Les bijoux ne seraient vendus que dans un second temps, à une valeur forcément moindre.

La technique existe, au point de faire l'objet d'interpellations régulières de la police judiciaire. Plusieurs fonderies d'or clandestines ont été découvertes ces dernières années. En décembre 2023, la Brigade de répression du banditisme a par exemple interpellé des cambrioleurs ainsi que leur receleur. Après avoir dévalisé des pavillons d'Île-de-France, les voleurs transmettaient leur butin à un homme doté d'un "atelier" dissimulé au fond d'une cour à Aubervilliers. L'homme fondait les bijoux, coupait l'or et refabriquait d'autres bijoux. Il les revendait ensuite à "la communauté africaine de la région ou bien à des clients en Afrique", expliquait à l'époque une source proche de l'enquête à TF1. En 2021, une autre fonderie d'or clandestine avait été mise au jour dans l'arrière-boutique d'un magasin de photographie du Xe arrondissement parisien. Sept ans plus tôt, une autre avait été démantelée dans un foyer de travailleurs, à Montreuil.

Un risque de vente en pièces détachées qui ne fera que compliquer le travail des enquêteurs. "Mais l'hypothèse du collectionneur privé, commanditaire du vol, est également possible", pointe Raphaële Parizot, professeure de droit privé et sciences criminelles à l'université Panthéon-Sorbonne. Le cas s'est précisément posé dans le cas du cambriolage du musée d'Art moderne de Paris, en 2010. Dans la nuit du 19 au 20 mai, Vjeran Tomic dérobe cinq tableaux de maîtres d'une valeur totale estimée à 100 millions d'euros (un Picasso, un Matisse, un Braque, un Léger, et un Modigliani). Le cambrioleur avait pris ses aises : il venait au départ pour s'emparer d'un tableau de Fernand Léger contre 40 000 euros, avant de se laisser tenter par les autres oeuvres. La commande, émise par un antiquaire, Jean-Michel Corvez, avait pour origine un contact aux Emirats arabes unis. "Dans ces cas-là, de multiples intermédiaires sont placés entre l'auteur du vol et son commanditaire", remarque Raphaële Parizot.

Un parcours long et sinueux

Après avoir été interpellé par les enquêteurs, Jean-Michel Corvez déclare que son contact aux Emirats se serait rétracté, effrayé par l'ampleur médiatique prise par le vol. Il aurait alors partagé les tableaux avec un autre receleur, Yonathan Birn, joallier. Ce dernier assure les avoir détruits. Ils ont été condamnés à des peines allant jusqu’à huit ans de prison et 200 000 euros d’amende - assortie, pour Corvez, d'une interdiction de cinq ans de gérer et de rester antiquaire. "Avec ce type de vol, comme dans celui du Louvre, la qualification de vol en bande organisée peut être retenue, ce qui expose les auteurs à une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle et 150 000 d’amende. La qualification de recel pourra également être appliquée à ceux qui dissimuleront les objets volés ; les receleurs pourront encourir eux aussi une peine de 15 ans ainsi qu’une peine d’amende pouvant aller jusqu’à la moitié de la valeur des biens recelés, poursuit Raphaële Parizot. Ce n'est pas toujours le cas, mais ici, voleurs et receleurs s'exposent aux mêmes peines". Reste le mystère, pour l'instant insoluble, de ce qui est réellement advenu des tableaux. Le duo, en bon connaisseur des circuits parallèles de l'art, aurait exfiltré les toiles à l'étranger.

Profitant de la mondialisation, les receleurs peuvent imposer aux oeuvres un second parcours, parfois plus long et complexe que le vol lui-même. "Les réseaux sont souvent internationaux", remarque Me Nardon. En 1991, en Gironde, la fille du peintre Georges de Sonneville s'était vue dérober 360 peintures de son aïeul. Elles avaient refait surface une dizaine d'années plus tard chez des antiquaires italiens, finalement traduits en justice française en 2015. Les voleurs couraient toujours au moment du procès. Ces parcours peuvent durer des dizaines d'années pour les objets, mis en sommeil par les malfaiteurs dans l'espoir de les faire oublier. "En droit français, le recel ne se prescrit pas selon la règle habituelle : les receleurs peuvent être poursuivis jusqu’à six ans après la remise en circulation d’une œuvre", note Elisabeth Fortis, professeure émérite de droit privé et sciences criminelles à l'Université Paris-Ouest Nanterre.

Dissolution de corporation

Certains lieux sont particulièrement prisés des receleurs, comme les "ports francs", des zones non-soumise aux droits de douane. Celui de Singapour est particulièrement réputé. Celui de Genève est même surnommé "le plus grand musée du monde" : des centaines d'oeuvres d'art sont stockés dans ses immenses entrepôts, sans payer de droits de douane. Les collectionneurs de la planète s'y pressent. Les malfrats aussi. En 2010, trois sarcophages romains - dont un en marbre sculpté - ont été découverts par la douane suisse dans un des entrepôts. L'objet avait été dérobé lors d'une fouille illicite près d'Antalya, en Turquie. Saisi par les douanes, il sera finalement restitué sept ans plus tard à son pays d'origine.

Le recel ne prospère pas qu'en marge : il peut avoir lieu au coeur même du marché officiel. Il faut alors "blanchir" les oeuvres pillées. "L'opération peut se faire à travers une exposition : l'objet est exposé au public, avant d'être réintroduit dans le marché légal", explique Elisabeth Fortis. En 2016, une quarantaine de commissionnaires de l'hôtel des ventes de Drouot ont comparu devant la justice pour association de malfaiteurs, vols et recels de vols. Pendant des années, des "cols rouges" de Drouot avaient subtilisé des oeuvres pour ensuite les revendre. Au moment de leur interpellation, à la fin des années 2000, la police a retrouvé un butin d'un volume colossal : deux cent soixantaine-quinze tonnes. L'affaire, hors-norme, avait eu raison de la corporation de l'Union des commissionnaires de l'Hôtel des ventes (UCHV). Héritée de l'Ancien Régime, elle avait été dissoute à l'issue du procès.

Des dérives ont toujours lieu, y compris au sein même du Louvre. En mai 2022, Jean-Luc Martinez, son ancien président-directeur de 2013 à 2021, a été mis en examen dans une affaire de trafic d'antiquités égyptiennes, dont les certificats d'origine étaient des faux. L'OCBC, là encore chargé de l'enquête, cherche encore aujourd'hui à déterminer les responsabilités dans la vente de centaines d'antiquités issues de pillages au Proche et Moyen-Orient.







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