Budget 2026 : le socialisme règne à la commission des finances
À la commission des finances, nos députés ont décidé non pas d’assainir les comptes publics, mais d’empiler les propositions les plus démagogiques possibles. Après des heures de débats nocturnes – et comme chacun sait, rien de bon ne sort d’un amendement rédigé à deux heures du matin – ils se sont prononcés sur des amendements qui résument bien l’état d’esprit qui règne dans notre pays : taxer et redistribuer sans jamais remettre en question le train de vie de l’État.
Ils ont ainsi voté le retour de l’exit tax, un impôt sur les plus-values latentes des contribuables qui quittent la France, introduit par Nicolas Sarkozy en 2011. Révisé en 2018 par Emmanuel Macron, il a été proposé par le NFP dans sa version antérieure. L’amendement réintroduit le délai minimal de quinze ans pour bénéficier d’un dégrèvement, au lieu de deux ans actuellement. Il a été adopté grâce au soutien d’une partie des Républicains et du RN (pour ceux qui en doutaient encore, la droite française est bien socialiste). Que faut-il en déduire ? Que nos députés considèrent qu’il vaut mieux ponctionner le capital plutôt que de le laisser circuler librement.
Ensuite, une TVA de 33 % sur le luxe contre 20 % actuellement, comme si l’industrie qui fait rayonner la France à l’international devait être punie de son succès. Les entreprises du secteur, qui emploient plus d’un million de personnes et représentent près de 12 % des exportations françaises, sont traitées comme des boucs émissaires. L’amendement, proposé par LFI, a finalement été rejeté. Il était d’ailleurs en contradiction avec l’engagement des États membres de l’UE sur un taux de TVA maximal de 25 %.
L’inspiration ne s’arrête pas là. Nous sommes très étonnés par la proposition du député LR Philippe Juvin d’offrir des logements HLM à leurs occupants, sous certaines conditions. Le risque est grand de faire de la propriété privée un automatisme garanti par l’État (et donc financé par les contribuables). Cela revient également à rompre avec l’idée selon laquelle le logement social devrait être temporaire. De même, cela accentuerait davantage la concurrence déloyale du parc social vis-à-vis du parc privé. L’amendement a été rejeté, mais a été soutenu par Renaissance et le RN.
Enfin, les députés socialistes ont proposé de conditionner l’exonération des plus-values immobilières à une durée minimale de détention de cinq ans. Autrement dit, taxer plus ceux qui veulent vite revendre leur résidence principale au nom de la lutte contre la « spéculation ». Or, cette mesure ignore complètement le fonctionnement du marché libre : la mobilité résidentielle est déjà entravée par le poids de la fiscalité et des normes. L’amendement détruit ce qui encourage encore l’investissement immobilier.
Pas un mot sur la baisse des dépenses publiques, sur la simplification de la fiscalité, sur la protection de la propriété privée, sur la compétitivité des entreprises. La dette publique dépasse 3 300 milliards d’euros (114 % du PIB), la France est championne des prélèvements obligatoires au sein de l’UE, les services publics sont dans un piètre état, mais le réflexe pavlovien reste le même : taxer les riches, subventionner les autres et ignorer les effets de ces politiques sur l’investissement, la croissance et l’emploi.
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