Immobilier : Lyon sort peu à peu de la crise
Depuis fin 2024, le marché immobilier lyonnais semble sorti de la crise. "La reprise constatée l’an dernier se confirme et le volume de ventes progresse de mois en mois", affirme Olivier Garel-Galais, notaire au Groupe Monassier. La raison de cette meilleure conjoncture ? "Beaucoup de propriétaires ont baissé leurs prétentions et ajusté leurs prix au moment où les banques desserraient l’accès au crédit", constate Guillaume Tronel, gérant d’Orpi-Tronel et président du GIE Orpi Lyon.
Pourtant, cette embellie ne s’observe pas partout. Depuis janvier, les écarts se creusent de plus en plus entre, d’un côté, les quartiers cotés et les logements en bon état de qualité et, de l’autre côté, les secteurs moins recherchés ou les biens avec travaux. Les premiers attirent davantage et affichent des valeurs stables depuis le début de l’année. "Il y a même de légères hausses pour les appartements haut de gamme, c’est-à-dire refaits à neuf avec des matériaux de grande qualité et situés dans un immeuble de standing à une adresse prisée", énumère Clémentine Aknine, manager de Sotheby’s Lyon. Les logements avec un léger défaut, en revanche, continuent de voir leurs tarifs négociés très fermement. Si les propriétaires n’acceptent pas les décotes, les acheteurs passent leur chemin. Raison pour laquelle les prix continuent de s’éroder légèrement dans les quartiers excentrés.
La Tête d’Or rallie les suffrages
Dans le chic et coté VIe arrondissement, le marché connaît un regain d’activité assez important. Ce sont surtout les jolis appartements bourgeois de standing à proximité du parc de la Tête d’Or qui rallient les suffrages. Aujourd’hui, ils se cèdent entre 5 000 et 5 800 euros du mètre carré lorsqu’ils sont en bon état, avec une décote de 15 à 20 % pour les biens à rénover. Le seuil des 7 000 euros du mètre carré reste franchissable, mais uniquement pour les appartements de standing en parfait état et en étage élevé dotés d’une vue dégagée et/ou d’un balcon.
Au cœur de la Presqu’île, aux abords de la place Bellecour, les prix sont quasi similaires, malgré un nombre d’acheteurs nettement plus faible et une offre de plus en plus large. Un peu moins chic, mais toujours recherché par les familles, "la Croix-Rousse enregistre un fort regain de demandes depuis avril, précise Anne Monard Bretin, directrice de Guy Hoquet Immobilière du Plateau. Mais nous avons un nombre suffisant de logements pour satisfaire les acheteurs." Pas suffisant pour faire flamber les prix, donc.
Sur le plateau, les appartements familiaux se négocient entre 4 500 et 5 500 euros du mètre carré, selon leur état. Les primo-accédants et acheteurs aux budgets plus serrés privilégient les pentes où les petites et moyennes surfaces valent de 4 200 à 4 400 euros. Dans le Vieux Lyon, le marché est plus confidentiel et l’on trouve des deux et trois-pièces anciens entre 4 000 et 5 000 euros.
De l’autre côté de la Saône et du Rhône, le nord du VIIe arrondissement séduit toujours les bobos et les appartements affichent des prix compris entre 4 200 et 4 800 euros du mètre carré, sauf autour de la très prisée place Jean-Macé où le seuil des 5 000 euros peut être franchi pour les petites surfaces.
Au sud des voies ferrées, en revanche, les investisseurs désertent Gerland, où les logements récents se vendent entre 3 500 et 4 200 euros du mètre carré selon la situation et la qualité de l’immeuble. Dans le VIIIe et le XIXe arrondissements, enfin, les appartements coûtent de 3 000 à 4 200 euros et les tarifs des biens à rafraîchir ou éloignés des transports en commun continuent de baisser.
