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Октябрь
2025

"Des attaques du Hamas à l’international sont possibles" : l’analyse glaçante de l’expert Matthew Levitt

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Quand l’un des experts américains les plus réputés en matière de terrorisme juge qu’il faut s’attendre à ce que le Hamas "continue de se battre pour sa position politique à Gaza", on écoute forcément. Certes, Matthew Levitt, directeur du programme Reinhard sur la lutte contre le terrorisme et le renseignement de l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient le reconnaît : "mettre fin à la guerre totale, obtenir la libération des otages vivants et la restitution des corps de la plupart des otages décédés est une réussite considérable". Mais, prévient-il, supposer que le Hamas va simplement déposer les armes - comme le prévoit le plan proposé par Donald Trump - et accepter de ne pas participer à la structure gouvernementale qui suivra trahit une "incompréhension de ce mouvement". Pour preuve : après les accords d’Oslo, en 1993, le Hamas avait également accepté différentes demandes de cessez-le-feu sans pour autant avoir l’intention de mettre fin à ses activités à Gaza…

Dans un entretien accordé à L’Express, Matthew Levitt détaille les raisons pour lesquelles le groupe terroriste a cependant accepté un cessez-le-feu avec Israël et ne cache pas son inquiétude quant au plan de paix présenté par le président américain : "Donald Trump souhaite davantage conclure l’accord que voir chaque détail de celui-ci respecté".

L’Express : Vous écriviez récemment dans les colonnes de Foreign Affairs que le Hamas n’a pas fini de se battre. A vous lire, le processus de paix en cours semble mal engagé…

Matthew Levitt : Tout d’abord, gardons-nous de parler "processus de paix" à Gaza. Nous en sommes encore au stade du cessez-le-feu et seulement à la première phase de celui-ci. Évidemment, j’aimerais qu’il y ait la paix, mais nous en sommes loin. Certes, mettre fin à la guerre totale, obtenir la libération des otages vivants et la restitution des corps de la plupart des otages décédés est une réussite considérable. Mais supposer que le Hamas va simplement déposer les armes et accepter de ne pas participer à la structure gouvernementale qui sera mise en place par la suite trahit une incompréhension de ce mouvement. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer comment le Hamas a réagi à des situations similaires par le passé - comme après les accords d’Oslo, lorsqu’il avait accepté diverses demandes de cessez-le-feu sans avoir pour autant l’intention de mettre fin à ses activités à Gaza.

Il est aussi révélateur que le Hamas n’ait pas répondu un "oui" franc et massif au plan en vingt points de Donald Trump, mais un "oui mais" : il n’a ni accepté le désarmement, même si le plan l’exige explicitement, ni de renoncer à jouer un rôle, officiel ou non, dans la structure gouvernementale qui suivra. Par ailleurs, peu de temps après le retrait des troupes de l’armée israélienne, le Hamas a réagi très rapidement pour se venger des Gazaouis qui auraient collaboré avec les forces israéliennes et de ceux qui se sont opposés à son autorité. Enfin, nous savons désormais que certains combattants du Hamas sont toujours piégés dans des tunnels situés du côté israélien de la ligne de cessez-le-feu – c’est pourquoi nous avons vu des combattants du Hamas surgir et attaquer les forces israéliennes ces derniers jours. Ainsi, à plusieurs niveaux, il faut s’attendre à ce que le Hamas continue de se battre pour sa position politique à Gaza.

Alors pourquoi le Hamas a-t-il accepté un cessez-le-feu avec Israël ?

Pour plusieurs raisons. La première étant qu’il était devenu évident, à ce stade, que les otages représentaient davantage un fardeau qu’un moyen de pression. Je ne veux pas paraître insensible, mais pour être clair, le Hamas a réalisé que les otages vivants avaient une espérance de vie limitée, et que négocier la libération de prisonniers palestiniens contre des cadavres serait sans doute moins efficace qu’avec des otages vivants. Ensuite, la frappe aérienne israélienne contre les dirigeants du Hamas à Doha a exercé une pression énorme sur toutes les parties. Notamment les Qataris et les autres États du Golfe qui, depuis deux ans, craignent que la guerre à Gaza ne s’étende à leur royaume. C’est cette même attaque qui a incité le président Trump à exercer une pression sans précédent sur Benyamin Netanyahou, à prendre contact avec les États arabes et musulmans qui se sont réunis en marge de l’Assemblée générale des Nations unies pour élaborer ce plan, puis à demander aux médiateurs - en particulier le Qatar, la Turquie et l’Égypte - de faire pression sur le Hamas pour qu’il accepte un accord immédiat. Tout cela a contribué à ce que le Hamas accepte un cessez-le-feu, car même s’il est déterminé à lutter à long terme contre l’existence même d’Israël, le Hamas n’a jamais eu l’intention de faire de la guerre déclenchée le 7 octobre une guerre sans fin.

Vraiment ?

Oui. Ce que voulait le Hamas, c’était mettre la question palestinienne au premier plan, forçant Israël à prendre des mesures qui lui donneraient mauvaise presse. Mais le Hamas veut aussi survivre afin de pouvoir continuer à se battre. Or cette guerre lui a déjà coûté cher. Il a donc trouvé dans ce plan une occasion d’en sortir. Car le Hamas a compris que sa capacité de combat n’était plus ce qu’elle était auparavant et qu’il devait désormais passer à l’étape suivante : se positionner de manière à pouvoir conserver certaines armes, se reconstruire lentement et être en mesure de jouer un certain rôle dans les événements à venir.

Ce qui m'inquiète, c'est que le président Trump est déterminé à mener à bien son plan de paix à tout prix…

Le Hamas peut-il procéder seul pour ce faire ?

Une fois encore, revenons sur le passé. Dans les années 1990, une partie importante du plan du Hamas consistait à travailler en étroite collaboration avec l’Iran. D’après les informations dont nous disposons, c’est également ce qui se passe aujourd’hui. Les Iraniens auraient déjà commencé à transférer des armes au Soudan pour les y stocker, afin de les transporter à Gaza lorsque le Hamas sera prêt à agir. En d’autres termes, le Hamas avait donc trois raisons d’accepter un cessez-le-feu : les otages, la frappe de Doha, et son ambition profonde de faire partie de la suite des événements à Gaza, ce qui impliquait de reprendre des forces.

Le Hamas peut-il véritablement compter sur l’Iran et ses proxys, notamment le Hezbollah, aujourd’hui très affaiblis ?

Le Hezbollah a été sévèrement battu par Israël, mais il dispose toujours de milliers de roquettes et de combattants. Il reste donc une menace. L’Iran a aussi subi un coup dur, mais il tente déjà de reconstruire son programme de missiles balistiques - ce qui signifie que la possibilité d’un nouveau conflit entre Israël et l’Iran reste une menace très réelle. Il est donc erroné de dire que tous les proxys iraniens ont été vaincus ou détruits. Ils sont affaiblis, mais ils restent capables, et leur détermination est même encore plus forte. Récemment, j’ai examiné une série d’attaques prévues par le Hamas en Europe qui ont été déjouées. Certaines avaient été préparées avec l’aide du Hezbollah et, ou, de l’Iran… A mon sens, il est donc essentiel de se poser la question suivante : si vous avez affaibli un ennemi, mais que celui-ci est toujours capable et encore plus désireux de riposter, comment pourrait-il procéder ? Nous devons nous préoccuper des éventuelles attaques qui pourraient survenir, y compris à l’échelle internationale. Non seulement venant de l’Iran et du Hezbollah, qui en ont mené de nombreuses au fil des années, mais aussi potentiellement provenant du Hamas, qui n’a encore jamais réussi à mener une attaque internationale, mais a tenté à plusieurs reprises ces derniers mois, notamment en Europe…

L’an dernier, vous expliquiez que le Hamas cherche à calquer son modèle sur celui du Hezbollah, qui est totalement libre de ses actions tout en étant omnipotent au Liban… Est-ce toujours le cas, et en quoi cela pourrait-il influer sur la suite des événements ?

Le Hamas veut toujours ce que le Hezbollah avait encore récemment : c’est-à-dire une participation au gouvernement qui ne dit pas son nom, de sorte de pouvoir conserver ses propres armes et milices. Nous devrions donc nous préparer à ce que le Hamas tente de trouver un compromis sur la question de la gouvernance de Gaza soulevée dans le plan de Donald Trump. Peut-être en faisant comme en 2006, lorsqu’ils s’étaient présentés aux élections de façon déguisée, en prenant les habits d’un nouveau parti appelé "Réforme et changement" qui, une fois à la tête du gouvernement, avait ensuite montré son vrai visage. Il est possible que le groupe en fasse de même prochainement, en promettant de ne pas participer à la gouvernance de Gaza pour laisser la place à un gouvernement technocratique constitué, par exemple, d’un nouveau parti. Le Hamas pourrait ainsi tout à fait arguer que l’alignement d’un tel parti sur leurs positions serait la décision individuelle de ses membres, et qu’ils n’ont rien à voir avec… En réalité, ils ont déjà commencé à utiliser cette stratégie. Lorsque le Hamas a déployé ses militants pour cibler des compatriotes palestiniens, ils ont dit que ça n’était pas le fait du Hamas, mais des "forces de stabilisation de Gaza".

A quels signaux devrions-nous prêter attention pour déterminer si le Hamas s’apprête à reprendre les combats ?

Je ne m’attends pas à ce qu’ils creusent davantage de tunnels. Ils n’ont tout simplement pas l’infrastructure, l’espace et le temps nécessaire, sans compter qu’ils n’en ont pas besoin – il y a déjà beaucoup de tunnels. Ce qu’il faut surveiller, c’est s’il y a des personnes armées qui patrouillent dans les rues. Ensuite, le Hamas continue-t-il de stocker des armes ? Y a-t-il encore des membres du groupe qui tentent d’entrer dans les tunnels ? De même, les Israéliens vont-ils trouver d’autres installations de production d’armes, comme ils en trouvaient généralement dans certains de ces tunnels ? Si personne n’y pénètre pour les chercher, il y a tout lieu de penser que le Hamas tentera de maintenir ses activités souterraines.

Quelle est la marge de manœuvre d’Israël au vu de la situation que vous décrivez ?

Israël contrôle actuellement, de son côté de la ligne jaune du cessez-le-feu, une partie importante de la bande de Gaza. Je ne pense pas que l’on puisse s’attendre à ce qu’ils bougent tant que les négociations de cessez-le-feu ne se poursuivront pas correctement, non seulement en réalisant pleinement la première phase, mais aussi la deuxième, c’est-à-dire le désarmement et la mise en place d’une structure de gouvernance conforme au plan de Donald Trump. Quant à la perspective de la reconstruction de Gaza, celle-ci ne pourra avoir effectivement lieu que si les Israéliens sont convaincus de détenir un moyen de pression sur le type de gouvernance qui sera mis en place par la suite. Ce qui m’inquiète, c’est que le président Trump est déterminé à mener à bien son plan de paix à tout prix…

En quoi est-ce inquiétant ?

Il souhaite davantage conclure l’accord que voir chaque détail de celui-ci respecté. On peut donc s’attendre à des déclarations grandiloquentes promettant la paix éternelle, bien avant que nous ne soyons même proches de la paix. Dans ce cadre, il est tout à fait possible que l’administration Trump fasse preuve de souplesse sur certains points du plan, afin de parvenir à un accord. Nous avons besoin d’un bon accord, pas de n’importe quel accord - qui ne fera que nous ramener à de nouveaux combats.







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