2025, l'année où la France a basculé dans le solde naturel négatif pour la première fois depuis 1945
En 2025, la France a enregistré davantage de décès que de naissances, selon les chiffres officiels de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiés mardi 13 janvier. L'Insee fait état de 651 000 décès l’an dernier et de 645 000 naissances, dont le nombre s’est effondré depuis la pandémie mondiale de Covid-19.
La fin de l’exception démographique française
Résultat : un solde naturel négatif, un événement inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui érode l’avantage démographique de longue date du pays. La France a traditionnellement affiché une démographie plus robuste que la plupart des pays européens. En 2023, dernière année disposant de comparaisons au niveau de l’UE, la France se classait au deuxième rang avec un taux de fécondité de 1,65, derrière la Bulgarie et ses 1,81.
Mais le vieillissement de la population et la baisse des taux de natalité montrent qu’elle n’est pas épargnée par le choc démographique qui met à rude épreuve les finances publiques sur l’ensemble du continent. L’Insee indique en ce début d'année 2026 que le taux de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme l’an dernier, son niveau le plus bas depuis la Première Guerre mondiale cette fois. Et surtout, un chiffre bien en deçà du taux de 1,8 retenu dans les projections de financement des retraites du Conseil d’orientation des retraites.
Vieillissement, retraites et pression sur les finances publiques
Cette évolution démographique fera remonter les dépenses publiques à des niveaux comparables à ceux de la période de la pandémie dans les années à venir, tout en érodant l’assiette fiscale, a averti le mois dernier la Cour des comptes. "Compte tenu du départ à la retraite des importantes générations nées dans les années 1960, les tensions sur le marché du travail et les problèmes de main-d’œuvre sont susceptibles de s’aggraver rapidement dans les années à venir", a déclaré l’économiste Philippe Crevel, du think tank Cercle de l’Épargne.
Malgré le fait que les décès aient dépassé les naissances, la population française a légèrement augmenté l’an dernier pour atteindre 69,1 millions d’habitants, grâce au solde migratoire, que l’Insee a estimé à 176 000. L’espérance de vie a quant à elle atteint des niveaux records l’an dernier – 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes – tandis que la part des personnes âgées de 65 ans ou plus est montée à 22 %, rejoignant presque celle des moins de 20 ans.
