En Estonie, l’IA va aider les députés à mieux faire leur travail
L’Estonie est depuis longtemps à la pointe de l’e-administration. Nous avons montré dans une étude publiée par l’IREF en 2023 comment ce pays avait su profiter de toutes les ressources de l’informatique pour simplifier les démarches et faire gagner du temps, donc de l’argent (de l’ordre de 2% de PIB !), à tout le monde.
Surnommé parfois la digital nation, l’État balte ne s’endort pas sur ses lauriers. Il vient de développer un outil d’intelligence artificielle (IA) permettant d’analyser l’ensemble des projets et propositions de lois en cours d’examen au Parlement pour vérifier qu’ils ne contiennent pas d’erreurs ou d’incohérences dans l’exposé des motifs, dans les dates, dans les références à d’autres textes, etc. L’outil est également capable de vérifier que les termes juridiques utilisés sont appropriés.
Le Parlement français aurait bien besoin d’un tel outil, lui qui multiplie les lois bavardes, redondantes, incohérentes, voire inutiles. Pourquoi ne pas acheter son logiciel à l’Estonie ?
L’État estonien dispose aussi d’un outil de reconnaissance vocale pour remplacer les greffiers, ce qui fera gagner du temps dans la transcription des audiences les plus longues (6 heures et plus). Précise à 92%, elle doit lui permettre de devenir le pays le plus rapide d’Europe en matière de procédures judiciaires.
En France, l’IA se développe bien timidement dans l’administration. Le Gouvernement a lancé, en avril 2025, un appel à manifestation d’intérêt autour de solutions « sur étagère » d’intelligence artificielle générative pour le secteur public. C’est dire qu’il a au minimum dix années de retard sur l’Estonie.
Avec l’IA, l’Estonie cherche d’abord à améliorer les services rendus à la population et à faire des économies, notamment de personnel. La France, elle, l’utilise d’abord pour contrôler les citoyens et améliorer le rendement de l’impôt, par exemple en traquant les piscines ou cabanes de jardin non déclarées. Les économies et la diminution du nombre d’agents publics ne sont pas à l’ordre du jour, comme le confirme le budget 2026 de Sébastien Lecornu qui augmente encore les dépenses et les effectifs de fonctionnaires.
Deux approches à l’opposé l’une de l’autre. Elles expliquent en partie que le PIB par habitant en standard de pouvoir d’achat (SPA) ait progressé près de quatre fois plus vite en Estonie qu’en France entre 2000 et 2024.
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