Cinq personnes interpellées en lien avec le rapt d'une magistrate et de sa mère
"Cinq personnes, quatre hommes et une femme", ont été interpellées, trois dans la nuit et deux dans la matinée, et ont été placées en garde à vue dimanche matin, a indiqué à l'AFP le procureur de Lyon Thierry Dran.
Les deux victimes, âgées de 35 et 67 ans, avaient été retrouvées blessées vendredi dans un garage dans la Drôme après avoir été séquestrées pendant une trentaine d'heures pour une demande de rançon en cryptomonnaies.
Deux des personnes interpellées dans la nuit tentaient de prendre un bus pour l'Espagne, selon une source proche du dossier.
Les deux suspects arrêtés dimanche matin se trouvaient dans l'ouest lyonnais et d'autres sont encore recherchés, a indiqué une deuxième source proche du dossier, précisant que la femme arrêtée est la compagne de l'un des quatres hommes.
"Les auditions débutent", a ajouté cette source. L'enquête se poursuit, pilotée par l'Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) et traitée par la Juridiction interrégionale de Lyon et les polices judiciaires lyonnaise et iséroise.
Demande de rançon
Vendredi, lors d'une conférence de presse, le procureur avait déclaré qu'une magistrate exerçant à Grenoble avait été enlevée la veille avec sa mère à son domicile à Saint-Martin-le-Vinoux, près de Grenoble.
Son compagnon, "associé dans une start-up qui a des activités de cryptomonnaie", était absent lors du rapt mais il a prévenu jeudi matin la police après avoir reçu un message de la part des ravisseurs "lui demandant le versement d'une rançon en cryptomonnaies et menaçant de mutilations les victimes si cette rançon n'était pas rapidement versée", selon M. Dran, qui a refusé de préciser le montant demandé.
Un important dispositif policier, comptant 160 agents de différents services, a alors été mobilisé dans la région.
Mais les deux femmes ont réussi à se défaire de leurs liens et à donner l'alerte par leurs propres moyens.
"Elles ont pu profiter de l'absence de leurs ravisseurs pour se détacher, pour appeler de l'aide, notamment en tapant fortement contre la porte du garage", à Bourg-les-Valence, où elles étaient séquestrées, avait détaillé le procureur.
"Alerté par le bruit, un voisin est alors intervenu. Il a pu ouvrir la porte et ainsi permettre à nos deux victimes de s'échapper", selon son récit.
La mère et la fille, qui souffraient d'hématomes, se sont réfugiées dans un laboratoire d'analyses médicales situé à proximité avant d'être prises en charge par les secours et transportées à l'hôpital.
Les enlèvements, parfois spectaculaires, contre demande de rançon ou vols de cryptomonnaies se sont multipliés en 2025 en France, parallèlement à la popularité de ces actifs.
En janvier, un homme de 74 ans avait été enlevé dans le but d'extorquer une rançon en cryptomonnaie à son fils, à Voiron (Isère), et libéré quelques heures plus tard à Loriol (Drôme). Trois personnes avaient été mises en examen et écrouées dans cette affaire.
