Travail : les jeunes n’ont-ils plus le droit de rêver ?
Il fut un temps où travailler permettait aux jeunes de se projeter, de rêver, de s’élever socialement et professionnellement. Aujourd’hui, cette perspective semble s’éloigner. Au quatrième trimestre 2025, le taux de chômage des 15‑24 ans en France a atteint 21,5 %, marquant une progression inquiétante de +2,4 points en un trimestre et de +2,8 points sur un an. Cette statistique s’inscrit dans un contexte de chômage global particulièrement tendu : 7,9 % au quatrième trimestre 2025, un record depuis le premier trimestre 2020, hors période Covid. Celui des 25‑49 ans recule, lui, légèrement et celui des 50 ans et plus reste stable autour de 5,1 %. La situation se double d’un recul du taux d’emploi chez les 15‑24 ans, qui tombe à 34,3 % sur le trimestre, témoignant d’un éloignement croissant des jeunes du marché du travail.
Pour mieux apprécier ces chiffres, il est utile de les comparer à la situation européenne. Dans l’UE, le chômage des moins de 25 ans était en moyenne de 14,7 % : 6,8 % en Allemagne, 9,2 % aux Pays-Bas, 10,1 % en Tchéquie, par exemple. On voit donc que la France accuse un net retard.
Comment l’expliquer ? En grande partie par la rigidité du marché du travail et le poids des réglementations liées à l’embauche, dans notre pays. Des charges sociales élevées et une protection de l’emploi très stricte font que les entreprises hésitent souvent à recruter des profils considérés comme « moins expérimentés ». Par ailleurs, le coût horaire du travail, de 43,7 euros, contre une moyenne de 33,5 euros dans l’Union européenne, pèse particulièrement sur les jeunes qui entrent dans la vie active, rendant leur intégration plus difficile.
Du côté des jeunes eux-mêmes, le rapport au travail est complexe. Selon un rapport d’Ipsos, 70 % d’entre eux considèrent qu’il apporte plus de stress que d’épanouissement. Pourtant, leur motivation reste intacte : ils sont également 70 % à rester optimistes quant à leur avenir professionnel.
La conclusion est évidente : pour que le travail redevienne, comme il l’a longtemps été, un moyen de s’émanciper, de s’affirmer et de réaliser ses rêves, il est plus que jamais nécessaire de le débarrasser de tous les carcans qui l’étouffent !
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