Affaire Adama Traore : la réaction indigne de Thomas Portes
Le député LFI a une nouvelle fois dépassé les bornes en stigmatisant la justice, la gendarmerie et la police. L’affaire Adama Traore vient de connaître son épilogue, du moins en droit interne. En effet, la chambre criminelle de la Cour de cassation a confirmé, le 11 février, le non-lieu.
Rappelons que cette affaire remonte à près d’une décennie et qu’elle trouve son origine dans l’interpellation d’Adama Traore par des gendarmes suivie de son décès. Sa famille en rendait responsable les forces de l’ordre. L’affaire avait aussitôt pris un tour politique particulièrement désagréable et les LFIstes s’étaient retrouvés en première ligne pour dénoncer, qui une « police (ou une gendarmerie) raciste », qui un « racisme systémique » de l’État. Un « Comité vérité et justice pour Adama » avait été constitué par Assa Traore, sœur du défunt, une extrémiste de gauche.
La famille Traore a annoncé que la Cour européenne des droits de l’homme allait être saisie, ce qui est son droit le plus strict.
Nous ne nous prononcerons pas sur le fond de l’affaire, mais sur la réaction de Thomas Portes, député LFI élu de Seine-Saint-Denis, qui, le 11 février sur X, a cru devoir dévoiler le message suivant : « En France on peut tuer un homme et être protégé car on est gendarme ou policier. La justice française couvre une fois de plus les gendarmes auteurs de violences policières (sic) ». Et d’ajouter : « Adam est mort comme un chien. (…) La justice ose dire que la violence était légitime ».
Un tel message est indigne de la part d’un député :
- On ne sache pas tout d’abord que Thomas Portes ait des connaissances juridiques approfondies : salarié de la SNCF, syndicaliste cégétiste, ancien membre du PCF et des verts-rouges avant de passer à LFI, homme politique professionnel. Et l’on ne sache pas plus que ce Monsieur ait eu connaissance de l’ensemble du dossier pénal ;
- Ensuite, il est inadmissible qu’un parlementaire se permette de jeter l’opprobre sur les forces de l’ordre ;
- Il est encore stupéfiant qu’un parlementaire se permette de porter atteinte à la présomption d’innocence et, maintenant, qu’il accuse des gendarmes qui ont bénéficié d’un non-lieu définitif ;
- Enfin et surtout, il est scandaleux que, au mépris du principe dit de la séparation des pouvoirs, un parlementaire ose critiquer des décisions de justice successives et en dernier lieu celle de notre plus haute juridiction pénale.
On peut bien évidemment avoir son avis sur telle ou telle décision de justice, la regretter ou la considérer comme discutable, la justice étant humaine, donc faillible. En revanche, un parlementaire devrait s’abstenir par principe de la commenter ou, à tout le moins, il ne devrait le faire qu’avec force prudence. Un voeu pieux s’agissant des néocommunistes de LFI, qui, décidément, ne respectent aucun principe de l’État de droit.
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