Добавить новость
103news.com
World News
Март
2026
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Arash Azizi : "Je rêve d'un pays où l'on scande 'Vive l'Iran' plutôt que 'mort à Israël'"

0

Arash Azizi est l’un des plus fins connaisseurs de la société iranienne et de son mouvement d’opposition au régime des mollahs. Il est aussi l’une des voix les plus écoutées de la diaspora iranienne outre-Atlantique. Depuis de nombreuses années, l’intellectuel irano-américain, auteur de What Iranians Want, Women, Life, Freedom (Oneworld Publications, 2024), dénonce la tyrannie du régime islamiste de Téhéran et appelle de ses vœux une transition démocratique.

Mais l’historien ne prend pas ses désirs pour des réalités. Interrogé par L’Express, il revient sur les différents scénarios pour le futur de l’Iran, en prenant soin de distinguer le possible du souhaitable. Si la question de la succession lui apparaît "secondaire" pour l’avenir du régime, il remarque que l’idée selon laquelle le pays devrait suivre un modèle proche de celui de l’Arabie saoudite "circule réellement" dans certains cercles de l’appareil sécuritaire et "mérite d’être prise au sérieux". Enfin, le réalisme du chercheur à la prestigieuse université de Yale ne l’empêche pas pour autant de rêver d’un Iran qui privilégierait son intérêt national à sa haine de l’Etat hébreu. Son souhait le plus cher ? "Que l’on remplace les slogans comme "mort à l’Amérique" ou "mort à Israël" par "vive l’Iran"". Entretien.

L’Express : Selon plusieurs informations relayées notamment par le New York Times, Mojtaba Khamenei, l’un des fils de l’ayatollah Khamenei, serait pressenti pour lui succéder. Que sait-on de cet homme ?

Arash Azizi : D’abord, je reste sceptique quant à l’idée, qui a été rapportée ici et là, selon laquelle une décision aurait déjà été prise. Il n’est bien sûr pas impossible qu’il succède à son père, mais je ne pense pas qu’il ait déjà été choisi. Mojtaba Khamenei est une figure très opaque, et je ne saurais trop insister sur ce point. On ne trouve aucune vidéo de lui. On a, au mieux, quelques images où il y apparaît lors d’événements publics. Pour vous donner une idée, il ne se rend même pas aux funérailles, comme c’est coutume pour des responsables de son rang. C’est donc une personne extrêmement discrète, que les Iraniens connaissent très mal, au point où il est très difficile de le classer politiquement.

Tout ce que nous savons de lui repose sur les témoignages et les interprétations de ceux qui l’ont côtoyé, et sur quelques fuites. On sait par exemple, grâce à des documents révélés par WikiLeaks, qu’il s’est rendu à Londres pour suivre un traitement lié à son infertilité. Sur le plan politique, il entretient des liens étroits avec certaines branches des services de sécurité. Or, en Iran, ces services sont très décentralisés, ils ne constituent pas un bloc unique. Donc Mojtaba est lié à certaines composantes de ces appareils sécuritaires, en particulier au département de renseignement des Gardiens de la révolution. Son nom est apparu pour la première fois publiquement en 2009, lorsqu’il a été soupçonné d’avoir joué un rôle dans la répression qui avait suivi les manifestations. Mais depuis, son activité est restée très discrète. Même au sein des séminaires religieux, que je suis de très près, il a donné quelques cours, mais il semble avoir arrêté il y a quelques années.

Mojtaba apparaissait aux yeux d'Ali Khamenei comme son "fils politique"

Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que c’est un homme puissant, très lié aux réseaux militaires et financiers de l’entourage de son père. Il est important de comprendre que dans la tradition chiite, les ayatollahs fonctionnent presque selon une logique monarchique. Ils disposent d’une "maison", ce que l’on appelle un beit, qui joue un rôle majeur. Le chiisme a d’ailleurs une dimension quasi dynastique, puisque les imams se succèdent de père en fils. Dans ce cadre, le fait d’être le fils d’un dirigeant compte beaucoup, et même si Mojtaba Khamenei n’est pas le fils aîné, il a eu un accès direct à son père, et il apparaissait aux yeux de celui-ci et de tous comme son "fils politique".

Certains de ses proches, comme Abdolreza Davari, le présentent comme le Mohammed ben Salmane iranien, en référence au prince héritier d’Arabie saoudite...

Cette narration qui consiste à faire de lui une sorte de réformateur provient en réalité de la propagande de certains cercles du régime, qui veulent diffuser cette idée depuis longtemps. Certains membres du camp de Mohammad-Bagher Ghalibaf [NDLR : ancien maire de Téhéran et président du Parlement iranien depuis 2020] ont tenté de nouer une alliance avec lui. Or, Ghalibaf se voit lui-même comme un homme fort de la politique iranienne, capable de diriger le pays d'une main de fer, mais avec un peu plus de pragmatisme qu'Ali Khamenei, et moins de confrontations avec l’Occident. Dans cette perspective, ils présentent Mojtaba Khamenei comme un candidat crédible à la fonction de Guide suprême.

Du côté des réformateurs, la figure la plus importante à s’être exprimée en sa faveur est Faezeh Hachemi, une personnalité majeure du courant réformiste, très critique à l’égard de Khamenei. Mais elle peut parfois se montrer très imprévisible, ce qui rend sa prise de position difficile à interpréter.

Arash Azizi, historien irano-américain.

Dans tous les cas, au sein de certains milieux sécuritaires iraniens, l’idée que l’Iran devrait suivre un modèle proche de celui de l’Arabie saoudite circule réellement et mérite d’être prise au sérieux. D’où la référence à un MBS iranien. Qu’il s’agisse de Mojtaba Khamenei ou d’un autre, l’idée que l’Iran cherche à privilégier le développement économique et à mieux s’intégrer dans la région est bel et bien présente.

Dans un récent article publié dans The Atlantic, vous expliquiez que la question de la succession est secondaire, car ce n’est pas ce qui va déterminer le futur du pays. Pourquoi ?

Le pouvoir ne réside pas dans la fonction de Guide suprême. Aujourd’hui, ceux qui dirigent réellement l’appareil sécuritaire iranien siègent au Conseil de sécurité nationale. Depuis l’été dernier, on assiste en pratique à une forme de direction collégiale du pays. Ce sont eux qui comptent réellement. Quel que soit le prochain Guide suprême, il devra d’abord s’imposer, ce qui pourrait prendre du temps.

Il y a toutefois quelques exceptions. Par exemple, si quelqu’un comme l’ancien président Hassan Rohani était choisi, il pourrait devenir un Guide suprême très puissant, car il profiterait de sa longue carrière politique, de ses réseaux et de son expérience. Il ne se contenterait pas d’occuper la fonction passivement. En gardant à l’esprit que, même un Guide suprême très puissant devrait composer avec les autres centres de pouvoir, comme le faisait l’ayatollah Khamenei d’ailleurs. Mais il disposerait néanmoins d’une véritable capacité d’influence. Au contraire, si une personnalité comme Alireza Arafi [NDLR : ex-homme de confiance de Khamenei, membre du Conseil des Gardiens de la Révolution et vice-président de l’Assemblée des experts], très austère et très traditionnelle, était nommée, alors cela ne changerait pas le cours des choses.

Pour l’instant, l’Iran a choisi de répondre au feu par le feu, avec une stratégie très agressive. Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a ainsi expliqué que son pays se battrait, "quel qu’en soit le prix". Mais l'une de vos sources, proche de Mohammad Bagher Ghalibaf, vous aurait confié que l’Iran n’a d’autres choix que de mettre fin au conflit avec les Etats-Unis, car elle serait "à court de ressources". Est-ce que cela signifie que les gouvernants iraniens pourraient s'engager dans un processus diplomatique avec les Etats-Unis ?

Ce que ce responsable voulait dire lorsqu’il parlait de "ressources", ce n’est pas "nous manquons de missiles, donc il faut négocier avec les Etats-Unis". C’était une analyse plus large de la situation générale du pays : pénuries d’eau, coupures d’électricité, crise économique profonde, etc. En Iran, on parle de "déséquilibres". C’est un terme qui revient très souvent dans le langage politique iranien. Mais évidemment, c’est un euphémisme qui cache une réalité plus basique, qui est que le pays dépense plus que ce qu’il produit.

Il est possible que des figures comme Ali Larijani finissent par pousser vers une issue diplomatique

Selon lui, le système pourrait atteindre ses limites d’ici deux ou trois mois. À ce moment-là, il faudra changer le cap. Mais ce discours n’est pas nouveau. Hassan Rohani l’a tenu, et de nombreux responsables du régime disent la même chose depuis des décennies. Or, pourquoi rien n’a changé ? Car il existe toujours un autre camp, plus déterminé et jusqu’au-boutiste, pour répondre "non, nous pouvons continuer à nous battre". Il est possible que des figures comme Ali Larijani finissent par pousser vers une issue diplomatique, car toutes les guerres se terminent tôt ou tard. Donc cette voie n’est pas à écarter.

En 2024, vous publiez un livre intitulé What Iranian Want, sur le soulèvement Femme, Vie, Liberté. Deux ans plus tard, dans ce contexte particulier, que veulent les Iraniens ?

C’est un pays très divers, et les aspirations de la population iranienne sont naturellement multiples. Mais la majorité d’entre eux veulent que la guerre s’arrête. Personne ne veut mourir dans un conflit. D’autres ont l’espoir d’une transition démocratique.

Mais je ne peux m’empêcher de remarquer que dans un contexte de guerre, les demandes de la société iranienne passent au second plan, car ce sont les acteurs armés qui fixent les termes du débat. En l’occurrence, les armes sont dans les mains de différentes factions du régime, de certaines milices kurdes, et évidemment des Etats-Unis et d’Israël. L’opposition iranienne, elle, non seulement n’a pas d’armes, mais manque aussi d’organisation. Elle ne dispose d’aucune structure capable d’influencer le rapport de force. C’est dommage, car ce que je décris dans mon livre, c’est justement la vitalité de la société civile, que l’on parle de certains mouvements environnementaux, pour les droits des femmes, ou encore de milieux artistiques, culturels et intellectuels.

Comment expliquez-vous la désorganisation de l’opposition ?

Elle est très divisée. Le groupe d’opposition iranien le mieux organisé est l’Organisation des moudjahidines du peuple (MEK). Mais il souffre d’une très mauvaise réputation en Iran, car il est perçu comme une secte fondamentaliste. Son idéologie mêle de manière assez étrange islam et marxisme. Pour beaucoup d’Iraniens, c’est presque plus répulsif que la République islamique. De plus, ils imposent notamment à leurs membres le célibat. Les Iraniens ne veulent donc pas renverser un régime fondamentaliste pour le remplacer par un autre, avec en plus une structure de type sectaire. Ce n’est pas une alternative crédible.

Il existe également des partis fondés sur des bases ethniques, en particulier chez les Kurdes et chez les Baloutches. Sauf que le principal groupe baloutche est djihadiste et possède même des racines liées à Al-Qaeda, ce qui n’en fait évidemment pas une option très rassurante. Les partis kurdes sont laïcs et plutôt démocratiques. Mais ils représentent une part très limitée de la société iranienne. Certains parlent de l’hypothèse d’une offensive menée depuis le Kurdistan irakien, mais un tel scénario serait désastreux et pourrait déboucher sur une guerre civile.

Enfin, une des figures de l’opposition est Reza Pahlavi. Il dispose de nombreux soutiens à l’intérieur du pays, mais il ne s’appuie pas sur une véritable organisation militante. Il a bien une équipe et un dispositif médiatique qui lui permet d’exister dans l’espace public et d’attirer l’attention, mais il ne possède pas de réseaux structurés sur le terrain. Il aurait pu jouer ce rôle fédérateur dont l’opposition a besoin, mais il est devenu au contraire une figure assez clivante.

Bien sûr, la répression du régime n’aide pas à l’organisation d’une opposition structurée et unie, même si à l’extérieur du pays, les différentes factions n’ont pas pour autant réussi à dépasser leurs divisions. Une initiative récente mérite tout de même d’être mentionnée : la création, ces derniers jours, d’un "Strategic Council of Republicans" à l’intérieur du pays, qui est plutôt encourageant. Les membres de ce groupe restent anonymes, mais ils sont connus des gouvernements américains et européens. Ils se présentent comme étant attachés aux valeurs démocratiques et favorables à une transition politique. Reste une question essentielle : comment une telle force pourrait-elle accéder concrètement au pouvoir ?

Vous écrivez un nouveau livre, à paraître dans l’année, sur la bataille que se livrent l’Iran et Israël pour le Moyen-Orient. Assiste-t-on à un point de bascule dans l’histoire de la relation entre les deux pays ?

Ce sont les deux grandes puissances non arabes de la région. Dans le livre, je parle d’"Etats contrepoids" qui, historiquement, se sont souvent équilibrés l’un l’autre. 1979 est évidemment un tournant décisif, car avant la Révolution islamique, l’Iran suivait une politique étrangère que l’on peut qualifier de traditionnelle, basée sur la préservation de sa souveraineté et la reconnaissance de sa solitude stratégique : c’est un pays non arabe dans une région majoritairement arabe, un pays chiite dans un environnement dominé par le sunnisme, et un Etat persanophone entouré de pays turcophones et arabophones. Téhéran cherchait donc à nouer des alliances pragmatiques.

On résume souvent un peu grossièrement la relation entre l’Iran et Israël en disant qu’avant 1979, ils étaient alliés avant de devenir ennemis. La réalité est un peu plus nuancée. L’Iran entretenait effectivement des relations étroites avec Israël, mais il ne lui avait jamais accordé une reconnaissance diplomatique complète, et il était entendu que celle-ci ne pourrait intervenir qu’à condition que l’occupation des territoires palestiniens prenne fin. Parallèlement, l’Iran tenait à préserver ses relations avec les pays arabes. D’ailleurs, sous le chah, Téhéran tenait un discours relativement novateur à leur égard. Il expliquait que les Etats arabes devaient renoncer à la rhétorique de destruction d’Israël et accepter que ce pays fasse désormais partie du paysage régional. Bien sûr, sa reconnaissance devait être conditionnée à la création d’un Etat palestinien, mais son existence était de fait admise.

L’Iran finira probablement par considérer que la politique d’hostilité systématique envers Israël a été contre-productive

L’Iran entretenait de bonnes relations avec la plupart des pays de la région. Les liens avec l’Egypte nationaliste, interrompus entre 1960 et 1970, avaient été rétablis, et le chah était un proche du roi Hussein, en Jordanie. Même avec l’Irak, malgré les tensions avec le régime baasiste et ses revendications territoriales, les relations restaient possibles. Mais après 1979, cette approche pragmatique a été remplacée par une politique beaucoup plus idéologique et conflictuelle, centrée sur l’hostilité envers Israël. Cette orientation s’est accentuée dans les années 1990, lorsque l’Iran a commencé à intervenir plus directement dans le conflit israélo-palestinien en soutenant des groupes palestiniens opposés aux processus de négociation.

Nous assistons aujourd’hui à un nouveau tournant, aussi important que la création d’Israël en 1948, premier moment structurant, et la révolution iranienne de 1979. La période actuelle pourrait constituer un troisième moment historique, ou, après des décennies d’hostilité indirecte, l’Iran et Israël se trouvent désormais engagés dans une confrontation ouverte. Cette phase pourrait conduire à une reconfiguration stratégique. Ainsi, quel que soit le pouvoir en place à Téhéran à l’avenir, il est probable que l’Iran finira par considérer que la politique d’hostilité systématique envers Israël a été contre-productive et devra être remplacée par une approche plus pragmatique. L’Iran pourrait peut-être se rapprocher d’une position comparable à celle de l’Arabie saoudite, c’est-à-dire ne pas reconnaître officiellement Israël, ni établir de relations diplomatiques, mais ne pas définir l’ensemble de sa politique régionale par l’opposition à cet Etat. Nous entrons bien dans une troisième ère des relations entre l’Iran et Israël.

Vous êtes engagés depuis longtemps dans l’opposition au régime des mollahs. À quoi ressemblerait l’Iran de vos rêves ?

Je rêve d’un Iran qui soit à la fois une social-démocratie et une démocratie libérale. Un pays dont l’intégrité territoriale serait garantie, suffisamment fort pour se défendre. Je rêve d’un pays qui garantisse les libertés civiques, permettant à chacun de vivre selon ses convictions, et où l’on règle nos désaccords dans les urnes.

Je veux que l'Iran soit associé à son cinéma, ses arts, son architecture, son agriculture ou ses réussites économiques

Je voudrais que l’Iran soit capable de mettre le patriotisme très puissant de sa population au service d’un véritable projet national pour développer le pays, valoriser son potentiel touristique, artistique et économique. Que le pays soit capable de mobiliser la force de sa diaspora, installée depuis des décennies dans des pays aux quatre coins du globe, et que ces talents reviennent pour contribuer à son développement. Je souhaite une politique étrangère qui privilégie clairement l’intérêt national iranien, et que l’on remplace les slogans comme "mort à l’Amérique" ou "mort à Israël" par "vive l’Iran". L’écrivain israélien Amos Oz disait qu’il souhaitait voir Israël faire la une des journaux non pas dans les pages politiques, mais dans les rubriques consacrées à l’architecture, l’art ou la culture. C’est exactement ce que je voudrais pour l’Iran. Plutôt que de voir mon pays associé aux milices, au programme nucléaire, au terrorisme ou à ses ayatollahs, je veux qu’on l’associe à son cinéma, ses arts, son architecture, son agriculture ou ses réussites économiques.







Губернаторы России





Губернаторы России

103news.net – это самые свежие новости из регионов и со всего мира в прямом эфире 24 часа в сутки 7 дней в неделю на всех языках мира без цензуры и предвзятости редактора. Не новости делают нас, а мы – делаем новости. Наши новости опубликованы живыми людьми в формате онлайн. Вы всегда можете добавить свои новости сиюминутно – здесь и прочитать их тут же и – сейчас в России, в Украине и в мире по темам в режиме 24/7 ежесекундно. А теперь ещё - регионы, Крым, Москва и Россия.

Moscow.media


103news.comмеждународная интерактивная информационная сеть (ежеминутные новости с ежедневным интелектуальным архивом). Только у нас — все главные новости дня без политической цензуры. "103 Новости" — абсолютно все точки зрения, трезвая аналитика, цивилизованные споры и обсуждения без взаимных обвинений и оскорблений. Помните, что не у всех точка зрения совпадает с Вашей. Уважайте мнение других, даже если Вы отстаиваете свой взгляд и свою позицию.

Мы не навязываем Вам своё видение, мы даём Вам объективный срез событий дня без цензуры и без купюр. Новости, какие они есть — онлайн (с поминутным архивом по всем городам и регионам России, Украины, Белоруссии и Абхазии).

103news.com — живые новости в прямом эфире!

В любую минуту Вы можете добавить свою новость мгновенно — здесь.

Музыкальные новости




Спорт в России и мире



Новости Крыма на Sevpoisk.ru




Частные объявления в Вашем городе, в Вашем регионе и в России