The Romeo embrasse l'indolence à la Comédie de Clermont
Il n’y a rien d’évident en ce bas monde, encore moins dans The Romeo de Trajal Harrell. Avec ce titre d’abord, aux allures de faux-ami : la référence au héros shakespearien n’est en rien avérée, si ce n’est pour l’humble expression d’une aspiration universelle.
DésinvoltureThe Romeo n’est qu’une danse, inventée par le chorégraphe new yorkais, apparemment apte à faire sens à elle seule puisqu’elle a son nom sur l’affiche. Elle se déploie dans ce spectacle post-moderne conceptuel pour une dizaine de danseurs (emmenés par le chorégraphe) s’emparant du grand plateau, mais qui semble oublier que le public est aussi dans la salle. Une danse donc. Ou plus exactement une posture. Dans son élégant minimaliste et sa dérangeante préciosité, elle se confond en une lente ondulation censée suivre les vagues nées du fracas du monde. On erre comme cela, une bonne heure durant, entre la désinvolture moderne et la transe antique, au son de la plus haute mélancolie lyrique ou de l’insaisissable beauté de Satie. La musique ne brille pas elle aussi par sa cohérence.
La saison 23-24 de la Comédie de Clermont
Costume tout fripéMalgré ce maigre matériau chorégraphique, The Romeo affiche un œcuménisme tous azimuts qui se confronte à une esthétique pour l’occasion singulière. On flotte ainsi entre de sombres processions et de véritables défilés de costumes hautement bigarrés, tout fripés. On peut y voir la défense d’une permanence comme celle d’une totale liberté d’être et de penser… Ce qui est sûr, c’est qu’à la fin, on meurt comme à Vérone. Comme quoi, il n’y a vraiment rien d’évident dans The Romeo.
Ce spectacle, présenté dans la Cour d’honneur du Palais des Papes lors du dernier festival d'Avignon, est redonné ce vendredi 1er décembre, à 20 h 30, à la Comédie de Clermont. Informations et réservations sur lacomediedeclermont.com
Pierre-Olivier Febvret
Photos Thierry Lindauer
