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Vimeo, AOL ou WeTransfer : le phénomène italien Bending Spoons, recycleur de la tech mondiale

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"Sérieux, ils sont tellement bons !!!!" Xavier Niel n’est pas avare de points d’exclamation lorsqu’il évoque, par e-mail, Bending Spoons. Le milliardaire français en est actionnaire depuis l’été 2023, via son fonds Kima Ventures. Il a encore eu le nez creux. La start-up italienne enchaîne les acquisitions à un rythme d’enfer. En quelques mois, l’entreprise italienne a mis la main sur l’application de navigation Komoot, la plateforme vidéo Vimeo, l’ancien géant des services Internet américain AOL, et plus récemment la billetterie en ligne Eventbrite. L’année précédente avait déjà été marquée par les rachats du réseau social Meetup et du service de transfert de fichiers WeTransfer. Bending Spoons avait déjà dans son portefeuille l’application de prise de notes Evernote, celle de retouche photo Remini, et bien d’autres.

C’est sa raison d'être : réveiller de belles endormies. Des sociétés avec de bons produits et une clientèle fidèle, mais dont l’organisation ou la monétisation sont devenues obsolètes. Parfois, en ayant bénéficié d’investissements excessifs lors de bulles technologiques, au cours des 25 dernières années, en particulier aux Etats-Unis. Certaines restent méconnues du grand public, tandis que d'autres sont des noms familiers du Web à l’image de Vimeo, WeTransfer, ou encore AOL qui, au début des années 2000, surpassait en capitalisation boursière Boeing et General Motors combinés. "Dans la tech, on n’a pas vu de consolidateur aussi ambitieux et agressif ces dernières années au niveau mondial", souligne Thomas Bertier, banquier d’affaires chez Cambon Partners, à Londres. Aujourd’hui, Bending Spoons atteint une valorisation de 11 milliards de dollars selon ses investisseurs, un montant comparable à celui de Mistral AI, le champion tricolore de l’intelligence artificielle.

L’histoire n’a pourtant pas grand-chose à voir avec celle du champion tricolore de l’intelligence artificielle. Ni même avec les modèles de réussite traditionnels en Europe. Elle commence au tournant des années 2010. Luca Ferrari fonde avec une bande de copains d’école d’ingénieurs Evertale, un journal intime alimenté avec de l’IA. Il est le seul à avoir un vrai job, chez McKinsey au Danemark, qui paie l’électricité et les plats de pâtes, pendant que ses compères courent les investisseurs. Malgré un million d’euros collecté, la bande échoue à faire d’Evertale un succès commercial. "Nous étions convaincus de tenir la prochaine grande idée. Toutes nos études de marché, nos discussions internes, allaient dans ce sens", se remémore Luca Ferrari auprès de L’Express. On ne l’y reprendra pas.

Optimiser plutôt qu’innover

En 2013, avec les 40 000 euros restants sur la cagnotte, il crée avec ses acolytes Bending Spoons. Un clin d'oeil à une scène de Matrix ou un jeune télékinésiste en habit monastique plie une cuillère (bending a spoon, en VO) par la force de la pensée. Le film de science-fiction est le préféré de Matteo Danieli, l’un des amis de Luca, présent depuis le départ. Derrière ce nom décalé façon "groupe de rock", la mue est profonde. "L’idée était d’exceller dans toutes les compétences fonctionnelles nécessaires à une entreprise technologique - ingénierie, design, produit, marketing, monétisation… - en y consacrant suffisamment d’efforts, explique le patron à L’Express. Ce n’est pas une question de chance, comme celle de porter une idée neuve ou une innovation de rupture jusqu’au marché."

A Milan, où est installé Bending Spoons, on met en avant le "playbook" construit pendant ces années où les acquisitions étaient rares et modestes. Un mode d’emploi pour "arrêter le saignement" dans les entreprises rachetées, avec plusieurs logiciels et algorithmes qui permettent d’automatiser le support client ou les campagnes marketing. "Au moins les trois quarts de nos ressources sont consacrées à la construction de technologies et d’expériences utilisateur : nous pouvons réécrire des parties majeures du logiciel, réarchitecturer l’infrastructure cloud, repenser l’interface utilisateur, lancer de nombreuses fonctionnalités, optimiser la monétisation et bien plus encore", vante l’entreprise, qui donne l’exemple des 50 fonctionnalités lancées chez Komoot les six mois suivant l’acquisition. Le boom de l'intelligence artificielle générative tombe à pic : il offre d’autres pistes d’améliorations. Comme la traduction automatisée pour Vimeo. Ou la retouche photo assistée par IA pour Remini, qui a multiplié sa croissance par dix, assure-t-on au siège de la firme.

Pliage de cuillères (et d’effectifs)

Mais une partie de la "cure miracle" n’a rien d’originale : réduction des coûts fixes et donc des effectifs, augmentation des tarifs. Bending Spoons tord ses prises comme les cuillères du jeune garçon de Matrix. Les trois quarts des emplois ont été sabrés chez WeTransfer. Du côté d’Evernote, il se murmure que seuls 3 salariés sur 400 ont été conservés - un sacrifice facilité par le droit du travail américain. Les prix des abonnements, eux, ont grimpé de 80 à 100 %. Ce qui vaut à Bending Spoons des inimitiés sur les forums Internet d’utilisateurs où les critiques pleuvent. On les dit "prédateurs". La société milanaise, elle, balaye les remarques négatives : "Nous améliorons considérablement les produits qui n’avaient que peu évolués, et beaucoup nous en remercient." Puis, ils assurent ne pas être des revendeurs, à l’instar d’un hedge fund vorace.

Ces griefs, au demeurant, pèsent peu face aux voyants économiques, dans le vert. D’après un rapport récent de l’agence de notation S & P, Bending Spoons devrait générer plus de 40 % de marge cette année, pour un chiffre d’affaires de 1,6 milliards d’euros. Le portefeuille compte plus de 100 produits, vendus essentiellement par abonnement auprès de 300 à 400 millions d’utilisateurs chaque mois. "L’édifice repose principalement sur de la dette, pointe Thomas Bertier, de Cambon Partners. C’est risqué, mais cela ne pose pas de problème tant que les acquisitions obtiennent rapidement de bons résultats et demeurent rentables." La pépite italienne est épaulée par de puissants investisseurs, à l’image du fonds britannique Baillie Gifford, qui détient 12,5 % du capital. Celui-là même qui possède des parts significatives dans ByteDance (TikTok) ou Space X. On trouve également au tour de table la famille de l’ex-président du Conseil Silvio Berlusconi, via le fonds H14. Une poignée de stars : le chanteur The Weekend ou l’acteur Bradley Cooper. Sans oublier, donc, l’incontournable Xavier Niel. Une introduction en Bourse est envisagée, afin d’avaler toujours plus de cibles de haut rang.

La question brûle vite le palais : qui seront les prochains ? Luca Ferrari n’en dit rien. Il admet de nombreux échecs, bien que peu soient rendus publics, comme l’application de rencontre pour homosexuels Grindr, tombée dans les mains d’entrepreneurs américains pour des raisons de sécurité nationale. "Désormais, nous sommes invités à environ 90 % des processus de vente. Ce n’était pas le cas il y a trois ans", répond-il poliment à L’Express dans un anglais impeccable. Ses deals ont pris de l’ampleur, à l’exemple de ceux d’AOL et de Vimeo, se jouant au-dessus du milliard de dollars - la cour des grands. Le cofondateur Matteo Danieli, se montre prudent : "Il y a des milliers d’opportunités chaque année, mais on reste limité par le capital et cette volonté de ne pas faire de compromis sur la qualité de l’équipe."

Le Real Madrid de la tech ?

Si toutes les start-up sont en quête de talents, Bending Spoons pousse loin l’obsession. Plus de 800 000 candidatures ont été reçues en 2025... pour moins de 300 offres. "Nous sommes plus sélectifs que les meilleures universités du monde", s’amuse Danieli. Quelque 10 % des troupes se consacrent aux ressources humaines. Les salaires sont élevés, souvent bien au-dessus des standards italiens, a défendu Ferrari dans le quotidien La Republicca, mais les postes sont des sièges éjectables. Chez les "Spooners", un "senior" peut être remplacé par un "junior" s’il est jugé meilleur. Les fondateurs eux-mêmes ne sont pas à l’abri. L’un d’eux aurait déjà perdu son poste de directeur technique au profit d’un jeune homme de moins de 30 ans. Chaque fin d'année, le patron adresse en personne ce drôle d’e-mail à ses collaborateurs directs, son conseil d’administration et ses investisseurs : "Devons-nous chercher un nouveau dirigeant ?". Et le cas échéant : "Pourquoi ?". Les réponses sont anonymisées. Pour le moment, elles sont favorables à Luca Ferrari.

Comme il se doit dans la tech, le personnage est atypique. Les références de ce quadra vont de la "culture de très haute performance" du Real Madrid à la "faim de succès" de la joueuse de tennis Serena Williams, en passant par "l’ambition et le pragmatisme" de Benjamin Franklin ou "la discipline et la maîtrise de soi" du Siddhartha d’Hermann Hesse. Il lit 70 ouvrages par an, adore Proust, Camus et Sartre, pleure "une fois par décennie" a-t-il un jour confié à Forbes. Ce diplômé de l’université de Padoue attend de ses nouveaux collaborateurs "une intelligence hors-norme et une résilience exceptionnelle". En dépit de cette exigence, l’entreprise cumule les places d’honneur dans les classements sur la qualité de vie au travail dans la Botte.

"Luca est le meilleur patron d’une entreprise privée en Europe. Je pense que Bending Spoons pourrait vite devenir une entreprise valorisée 100 milliards de dollars", s’enhardit Peter Singlehurst, son allié chez Baillie Gifford. Une sorte de "Big Tech" européenne, avec le darwinisme managérial et la quête d’excellence quelque peu clichée qui ont cours aux Etats-Unis. Le tout, sans quitter Milan. "Ils n’auraient jamais pu avoir la même trajectoire depuis la Silicon Valley, où ils se seraient appelés "acquisitionally" ou "acquisitionify" et auraient vécu sous la pression constante d’une cohorte de capital-risqueurs", sourit Peter Singlehurst. L’idée de faire aussi bien depuis le Vieux Continent que dans la Silicon Valley titille l’équipe fondatrice. Et pourquoi pas mieux, en retrouvant ce que la tech californienne, grisée par l’abondance, a fini par perdre. Être le bug dans la matrice.







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