Martin de Laubadère : « 40% de nos primes 2025 sont issues du mid-market »
INTERVIEW – Pour News Assurances Pro, Martin de Laubadère, directeur commercial de Zurich France, fait un tour d’horizon de l’actualité de la compagnie, entre activité 2025, sinistralité, perspectives de croissance et situation de marché.
Comment s’est passé l’exercice 2025 pour Zurich France ?
Les comptes 2025 ne sont pas encore publiés, pour autant nous avons eu en France une très bonne dynamique sur l’exercice 2025, qui s’est poursuivie sur le début de l’année 2026. Il a fallu évoluer sur un marché à l’approche technique et disposant de beaucoup de capacités, sur toutes les lignes, avec des acteurs historiques et de nouveaux entrants. Dans ce contexte plus challengeant, nous nous sommes efforcés de maintenir notre intégrité technique et la qualité de nos portefeuilles sur le temps long. Nos clients y sont sensibles. 2025 a surtout été l’occasion de nous développer sur trois axes principaux.
Le premier a été de renforcer notre leadership sur les grands comptes. Avec un niveau de rétention de nos clients supérieur à 97%, c’est un vrai signe de confiance de nos assurés qui apprécient notre qualité de service.
Le deuxième axe a été celui de l’accélération sur le mid-market. En France, nous enregistrons sur ce segment une croissance à deux chiffres. Grâce à un renforcement notamment de notre animation commerciale, près de 40% de nos primes 2025 sont désormais issues du mid-market contre 25% il y a seulement un an. Au 1er janvier 2026, 2/3 de nos affaires nouvelles viennent de ce segment.
Notre troisième axe concernait la poursuite du développement de nos lignes de spécialités avec notamment les lancements récents réussis des lignes A&H et marine. Elles profitent d’une belle dynamique soutenue notamment par une vraie autorité de décision locale, gage de stabilité des affaires dans le temps, et d’outils digitaux innovants.
Pour accompagner ce mouvement, nous allons poursuivre le renforcement de nos équipes sur ces activités. Enfin, pour supporter ces trois axes, nous avons eu à coeur d’investir pour améliorer notre qualité de service. C’est vrai à tout niveau. À titre d’exemple sur la gestion Internationale, nous avons accéléré nos temps d’émission de programmes dans tous les pays, et les avons réduit à 30 jours en France, soit 10 jours de moins qu’en 2024.
Quel est votre regard sur la situation tarifaire du marché ? Assiste-t-on a un retour du soft market et comment cela impacte-t-il votre approche business ?
Le marché a retrouvé une dynamique de compétition plus importante. L’assouplissement des tarifs observé en 2025 s’est maintenu sur le 1er Janvier 2026. Ce rééquilibrage cohérent sur la plupart des lignes n’entraîne pas de chamboulements importants et les bons risques bénéficient de ces bonnes conditions, les risques plus complexes restent difficiles à finaliser. Pour autant, certains risques comme la RC restent compliqués, notamment en cas d’expositions aux US avec, sur cette activité, des évolutions tarifaires difficiles à appréhender. Nous restons en capacité à leader des programmes pour ces risques, mais nous demeurons vigilants sur les capacités déployées.
On observe une recomposition du marché autour de certains assureurs (y compris Zurich) ces dernières semaines. Comment anticipez-vous l’arrivée ou le départ de certains concurrents ?
Cela n’a pas d’incidence forte aujourd’hui dans la mesure où le marché dispose toujours de suffisamment de capacités et évolue dans une dynamique saine et ouverte. Les mouvements ont toujours existé et lors de nos discussions avec les entreprises, ces dernières savent très bien faire la distinction entre acteurs historiques et nouveaux entrants. Plus que jamais nos clients ont besoin d’Assureurs qui ont la capacité de les accompagner dans le temps, et de leur apporter un niveau de Service important que cela soit sur la partie Sinistre, Gestion et Prévention. C’est pourquoi nous gardons la confiance de nos clients.
Pouvez-vous nous faire un point sur la sinistralité (notamment Cat) en 2025 pour Zurich en France ?
Zurich France investit beaucoup dans la qualité de service en termes de gestion de sinistre. Nous poussons fortement auprès de nos clients et de nos courtiers la qualité et le sérieux de nos équipes locales dédiées. Elles disposent d’une large expérience et d’importantes autorités qui nous permettent de gérer localement nos sinistres. En 2025, nous avons à titre d’exemple payé en moyenne 4,2 millions d’euros d’indemnisations par semaine. C’est 14% de plus qu’en 2024. Aujourd’hui, notre gestion de sinistre est très dynamique, 80% de nos sinistres sont ouverts en deux jours et 97% sont revus au moins tous les quatre mois.
Concernant la sinistralité climatique CAT, 2025 a finalement été assez calme, en France, notamment sur les « large cat », tant pour Zurich que pour le marché. Grace à l’important travail de contrôle de nos expositions aux risques naturels et à des outils de prévention, les impacts sont relativement en dessous des moyennes attendues pour nos portefeuilles depuis trois ans maintenant. L’évolution des impacts des risques climatiques nous invitent toutefois à beaucoup de prudence pour l’avenir. Pour le reste, nous restons vigilants en RC et encore une fois aux US où certains « nuclear verdicts » nous ont impacté en 2024 et 2025 et nous avons encore certains dossiers ouverts.
Quel est votre regard sur les appels d’offres assureurs lancés par de grands industriels via leurs courtiers ? Sont-ils plus fréquents et privilégiez-vous les LTA ?
Concernant les appels d’offres menés par les courtiers, les clients sont plus exigeants et mieux informés, mais c’est également une opportunité d’échange qui permet de proposer des conditions plus adaptées.
Sur les LTA, si nos clients en font la demande nous y sommes favorables dans la mesure où nous souhaitons nous inscrire avec nos partenaires dans le temps long.
En matière d’apérition, nous aimons, comme tout acteur de premier plan, leader les programmes. Cela permet de bien maîtriser les textes, de coordonner les équipes à l’international, de proposer d’autres solutions comme des captives, etc. C’est une tendance importante chez Zurich mais ce n’est pas un dogme et nous sommes également capables de nous diversifier en prenant sur des programmes des parts en excess.
Quelle est votre vision des risques liés à l’IA, notamment en termes de réclamations en RC ?
Les effets de l’IA dans nos vies et sur nos métiers sont évidemment bien complexes et posent naturellement de nombreuses questions. C’est un risque mais également une superbe source d’opportunité. Nos équipes commencent à s’équiper pour apporter une meilleure qualité de service, notamment sur les questions de prévention et d’anticipation des risques. Nous voyons les effets concrets et bénéfiques de son efficacité. C’est le cas par exemple sur la comparaison de textes entre polices locales et master. La RC autour de l’IA est clairement un sujet. Ses effets sont à la fois complexes et structurants. L’essor de l’intelligence artificielle transforme profondément les chaînes de valeur industrielles et de services. C’est aussi une source de nombreuses réflexions et d’échanges en ce moment autour de l’IA générative et de ses possibles incidences en matière de responsabilités. Nous serons attentifs à l’évolution du marché en la matière.
Lire la suite ici : Martin de Laubadère : « 40% de nos primes 2025 sont issues du mid-market » (source : News Assurances Pro - Media Indépendant des assureurs, mutuelles et institutions de prévoyance)
