France : l’armée de l’air ouvre les portes de son exercice trimestriel «Poker», simulant une frappe nucléaire
Quarante Rafale et Mirage 2000, ainsi que des avion-radar Awacs et des ravitailleurs A330 MRTT ont été mobilisés dans la nuit du 16 au 17 mars au-dessus d'une partie du territoire français afin de mener un raid nucléaire fictif.
Baptisé « Opération Poker », cet exercice est répété quatre fois par an depuis la première prise d'alerte de la composante nucléaire aéroportée en octobre 1964, a souligné l’AFP qui évoque une manœuvre « exceptionnellement ouverte à quelques médias ». Au-delà de journalistes, l’exercice devrait d’ailleurs, à en croire les récents propos d’Emmanuel Macron, s’ouvrir aux regards d’autres pays européens.
Dans un discours depuis la base militaire de l’Île Longue Emmanuel Macron avait présenté le 2 mars son concept de « dissuasion avancée », évoquant « la dimension européenne » qu’auraient les intérêts vitaux de la France, il avait annoncé des « visites de sites stratégiques » et d’« exercices conjoints », notamment avec une participation allemande « dès cette année ». En décembre, a souligné l’agence de presse française, « des responsables britanniques ont déjà pu, pour la première fois, assister au précédent Poker ».
La même source décrit les manœuvres, évoquant le vol de Rafale depuis la Bretagne jusqu’en Méditerranée, en passant par les Pyrénées. Huit chasseurs ont été ravitaillés en vol, au petit matin, peut-on encore lire, avant qu’ils ne « plongent à très basse altitude et grande vitesse vers le centre de la France pour effectuer un tir simulé de missile de plusieurs centaines de kilomètres de portée ».
« La force adverse est constituée de chasseurs et de systèmes de défense aérienne réels ou simulés par des camions qui émettent des ondes électromagnétiques reproduisant, par exemple, les S-400 russes », peut-on encore lire concernant cet exercice où la navigation GPS, la liaison de données entre les appareils ainsi que les communications ont été brouillées.
Poker sert à « tester notre capacité à agir en mode dégradé en très haute intensité », a déclaré le général Stéphane Virem, cité par l’AFP, en visioconférence depuis son PC d'où il supervisait l’exercice.
